‹ Précis de l'histoire de l'église d'occident pendant le moyen ageChapitre 106 sur 215 · II" PÉR. 1073-1294. CHAP. V. MORALE ET DISCIPLINE · texte numérisé non relu

II" PÉR. 1073-1294. CHAP. V. MORALE ET DISCIPLINE

manuel sur cette partie parait être la Svmma de pœnitentia et matrimonio du dominicain Haymond de Pennaforte81 ; un autre, non moins célèbre, est la Summa de casibus conscientiœ du franciscain Astexanus d'Asti, vers 1330 82. Dans ces livres, comme dans tous les autres du même genre, le droit canonique se combine avec la morale, et pour la distinction des formes et des circonstances des péchés, on emploie la même analyse subtile et minutieuse dont se servaient les dogmatistes.

§ 49. La discipline.

Le complément pratique de la morale et de la casuistique était la discipline. Dans la seconde moitié du onzième siècle, la confession des péchés secrets faite au prêtre ne passait pas encore pour une condition indispensable du pardon ; il suffisait de se confesser à Dieu, qui seul peut absoudre en réalité. Mais vers la même époque on vit paraître un traité de vera et falsa pœnitentia, qu'on attribuait à tort à saint Augustin et dans lequel sont exprimés pour la première fois les principes que le pouvoir d'absoudre est confié au sacerdoce, que Dieu remet les péchés à ceux auxquels ils sont remis par les prêtres, et que la confession peut changer un péché mortel en un simple péché véniel ou pardonnable 83. Ce traité, un des produits de l'esprit qui animait le clergé depuis Grégoire VII, fut inséré presque tout entier dans le Decretum de Gratien et dans les Sentences de Pierre le Lombard. Ce dernier et Hugues de

81 Summa Raymundiana. La plus récente des nombreuses éditions est celle de Rome 1603, in-K

82 Summa astesana , publiée très souvent au quinzième siècle et au commencement du seizième.

83 Dans l'appendice du T. 15 des œuvres de saint Augustin, éd. des bénédictins.

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