‹ Précis de l'histoire de l'église d'occident pendant le moyen ageChapitre 121 sur 215 · I 57. LES CATHARES · texte numérisé non relu

I 57. LES CATHARES

Pour les autorités de l'église les cathares étaient un objet d'horreur, autant à cause de leur doctrine à moitié païenne qu'à cause de leur influence sur les peuples ; on les traitait d'hérétiques par excellence, c'est à eux que ce nom était spécialement réservé par les auteurs qui ont écrit contre les sectes; c'est aussi à leur occasion que furent décrétées d'abord ces mesures de rigueur qui ont formé la législation inquisitoriale, et sur lesquelles nous aurons à revenir plus tard.

Du temps d'Innocent III ils dominaient en Lombardie, où Milan était leur centre. Protégés par les seigneurs, ils siégeaient dans les conseils des villes, célébraient publiquement leur culte, provoquaient à des disputes les théologiens catholiques. Un de leurs parfaits , Armanno Pungilovo de Ferrare , mort en 1269, avait mené une vie si exemplaire, qu'il fut sur le point d'être canonisé quand on découvrit qu'il n'avait été qu'un hérétique. Parce qu'ils condamnaient le mariage, le peuple leur donnait le même nom de patarins, par lequel au onzième siècle on avait désigné les adhérents du diacre Ariald , adversaire du mariage des prêtres. Les persécutions ordonnées par Innocent III et ses successeurs furent impuissantes; l'inquisition elle-même, organisée par Grégoire IX, rencontra pendant longtemps une résistance opiniâtre; en 1252 un des inquisiteurs, le frère Pierre de Vérone, fut tué par quelques nobles 116. Après cet attentat il y eut une recrudescence de sévérité; mais quelque vigilant et quelque implacable qu'on fut, on ne réussit pas encore à extirper la secte, qui était renforcée au contraire par de nombreux réfugiés albigeois. Elle ne commence à décliner en Italie que dans le cours du quatorzième siècle.

nc 11 fut canonisé sous le nom de saint Pierre-Martyr. — Perrons, Saint Pierre-Martyr et l'hérésie des patarins à Florence. Revue hist. , 1" année, T. 2, p. 337.

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