I 6. LA HIÉRARCHIE
dance où le tenaient les princes; mais l'état social du moyen âge ne leur permit pas d'atteindre, sous ce rapport, leur but aussi complètement que la dignité de l'église l'aurait exigé.
Une des traditions de l'empire chrétien romain était, depuis Constantin, la subordination de l'église à l'état. Charlemagne, quand il eut été proclamé empereur d'Occident, continua celte tradition. Aussi longtemps qu'il régna , l'administration des affaires ecclésiastiques fut une de ses principales préoccupations; il s'appliqua à lui rendre son ensemble et sa régularité. Toutes les mesures relatives à l'église franque étaient prises au nom du pouvoir temporel. C'est le roi qui convoquait les assemblées nationales et les conciles, et qui publiait leurs décisions sous forme de capilulaires. Les évèques acceptaient cette situation; les conciles d'Arles et de Mayence de 813 soumirent leurs délibérations a la sagesse de Charlemagne. Il n'en fut plus ainsi sous ses successeurs ; au lieu de s'incliner devant le souverain laïque, les évèques s'attachent plus directement au pape et, forts de l'appui qu'ils trouvent à Home, ils cherchent à humilier les princes. Ils ne s'en rapportent plus à la sagesse de l'empereur, il arrive que l'empereur s'en rapporte à la leur. Lorsqu'en 859 Charles le Chauve accusa devant le concile de Toul l'archevêque Wénilon de Sens, qui s'était allié à ses ennemis, il dit entre autres qu'après avoir été sacré roi par Wénilon lui-même , il ne devait pas être renversé du trône sans avoir été entendu et jugé par les évèques : « Dieu repose sur eux, c'est par eux qu'il décerne ses jugements; j'ai toujours été et je suis encore prêt à me soumettre à leurs sentences et à leurs corrections paternelles». On voit quel chemin l'autorité épiscopale avait fait depuis Charlemagne. Quand la race de celui-ci se fut éteinte, l'épiscopat, en présence de souverains redevenus plus forts, dut restreindre ses prétentions politiques, sans toutefois y renoncer.
Par un capitulaire de 8!).") Charlemagne voulut rétablir l'an-