‹ Précis de l'histoire de l'église d'occident pendant le moyen ageChapitre 154 sur 215 · I 76. SECTES HÉRÉTIQUES · texte numérisé non relu

I 76. SECTES HÉRÉTIQUES

exemple plus de mille personnes se joignirent aux flagellants. Mais la première ferveur s'éteignit vite; les frères se livrèrent à des désordres; le peuple les abandonna; Clément VI interdit leur pénitence non canonique. Plus tard on trouva en Thuringe des flagellants, enseignant que leur genre de vie suffisait pour rendre superflus le baptême, la confession, tout le ministère des prêtres.

A l'époque du schisme, des phénomènes semblables se produisirent en Italie. En 1389 la confrérie des bianchi, ainsi appelés à cause de leurs manteaux blancs, renouvela les mêmes scènes que les flagellants de 13/l9; ils chantaient le Stabat mater et des cantiques italiens. Quand ils s'approchèrent des états de l'église, le pape fit condamner leur chef au feu, sur quoi ils se dispersèrent. Le dominicain espagnol Vincent Ferrer, qui prêchait la pénitence dans les pays méridionaux, conduisait également des processions de flagellants; il n'y renonça que quand le concile de Constance l'eut désapprouvé et que Gerson eut écrit un mémoire contre «la secte de ceu\ qui se flagellent»59.

$ 77. Les vaudois. Suite du § 56 — Les précurseurs de Jean H us en Bohême.

Au quatorzième siècle on trouve les vaudois plus répandus que dans la période précédente ; peu agressifs, ne cherchant qu'à s'édifier sans attaquer l'église, ils s'isolent au milieu du

chronique strasbourgoi.se de Fr. Closener. Strassburger Chroniken , herausgegéb. von Hegel. Leipzig 1870, T. 1, p. 105. — Deux cantiques des flagellants français, chez Leroux de Lincy, Recueil de chants historiques français. Paris 1841, T. 1, p. 237.

59 Heller, Vincenz Ferrer naeh seinem Leben und Wirken. Berlin 1830. — Hohenthal-Stâdeln, Dç Vicentio Ferrerio. Leipzig 1839, in-4°. — Gerson, Epistola ad Vincentium. Tractatua contra sectarn flagellantium se. Opéra, éd. Dupin, T. 2, p. 658, 660.

monde catholique, niais ils ont des communautés constituées; dans les vallées piémontaises de Luserne et de Pérosa ils tiennent des synodes, composés de laïques et de ministres, et comptant parfois près de 500 membres. Malgré des persécutions réitérées, ils se maintiennent dans ces vallées, qui sont encore aujourd'hui leurs principaux centres. Ils étaient nombreux, aussi en Lombardie, en Calabre, dans le Dauphiné, dans la Provence. Comme c'étaient des gens paisibles, artisans, pâtres, agriculteurs, les seigneurs les protégeaient, les évêques eux-mêmes les détendaient parfois contre les inquisiteurs. En 1375 Grégoire XI se plaignit des progrès de leur hérésie; il voulut qu'on prît contre eux des mesures plus efficaces; quelques années après, en 1380, éclata une des persécutions les plus violentes; des vaudois en grand nombre lurent brûlés a Embrun et à Grenoble. Depuis cette époque on les laissa en repos dans ces contrées pendant près d'un siècle. Il y en avait en Suisse, en Allemagne, en Bohême, en Hongrie, en Pologne, en Poméranie; quand dans ces pays on sévissait contre eux, ils intimidaient souvent les juges par des menaces de représailles. Pendant le quatorzième siècle se poursuit chez eux le travail, lent mais régulier, du développement de leur doctrine ; on le verra s'achever dans la période suivante.

En Bohême il se manifesta un mouvement réformiste qu'on aurait tort de rattacher à une influence vaudoise; il fut l'œuvre spontanée de quelques prédicateurs. II n'est dirigé d'abord que contre les moines mendiants, mais ceux qui le provoquent sont conduits à annoncer la nécessité et l'imminence d'un renouvellement de toute l'église fi0.

60 Jordan. Die Vorlàufer des Hussitenthums in Buhmen. Leipzig "1846. — Neander, Matthias von Janow. Berlin 1847, in-4°. — Bôhringer, Die Vorre format or en. Zurich 1858, T. 2. — Palacky, Documenta magistri Joh. Uns vitam, doctrinam . ■ illustrantia. Prague 1869, p. 699. — Jundt, Les précurseurs de Hus an quatorzième siècle. Montauban 1877.

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