I 88. INSTRUCTION RELIGIEUSE DES LAÏQUES
son dominicale celle du décalogue. On y mêlait les prescriptions de l'église sur les jeûnes, les cérémonies, les bonnes œuvres, afin d'apprendre aux jeunes gens quelles étaient les infractions ([u'ils devaient éviter ou confesser. Gerson lui-même, dans un écrit qui contient d'ailleurs des choses excellentes, attribue à la confession la vertu d'attirer les enfants à Jésus-Christ51. On publia un grand nombre de manuels sur la pratique du confessionnal, les uns pour les prêtres qu'on supposait instruits, les autres à l'usage des ignorants. Pour les laïques on fit en langue vulgaire des traités sur l'observation des dix commandements et sur la confession, comme moyens d'acquérir l'art de bien mourir; après l'invention de l'imprimerie on les répandit accompagnés d'images représentant les péchés défendus52. Dans les églises, les écoles, les salles d'hôpital on suspendait des tableaux indiquant ce que chacun devait dire à son confesseur.
Pour venir en aide aux prédicateurs, on forma des recueils soit de sermons entiers, soit de simples canevas indiquant les sujets, les divisions, les autorités à alléguer, les arguments et les exemples. Le curé ou le moine mendiant qui voulait prêcher sans trop réfléchir lui-même, n'avait qu'à puiser dans un de ces magasins; quand il en possédait un, il pouvait dormir tranquille53. Parmi les sermons de cette période ceux de Gerson méritent une mention très honorable ; bien qu'ils n'évitent pas les allures scolastiques et les digressions, ils sont à la portée des auditeurs et animés d'un sentiment qui s'élève parfois à une
51 Du parvulis ad Christum trahendis. Opéra, T. 3, p. 277. V. aussi son Opusculum tripartitum de prœceptis decalogi, de cortfessione et de arte moriendi. T. 1, |>. 425.
52 Geffcken, Der Bilderkalechismus des fùnfzehnten Jahrh. Leipzig 1855, in-4°.
53 Le nombre de ces recueils est très considérable ; un des plus souvent imprimés a pour titre Sernwncs dormi secure vel dormi aine cura.