‹ Précis de l'histoire de l'église d'occident pendant le moyen ageChapitre 200 sur 215 · LA RENAISSANCE · texte numérisé non relu

LA RENAISSANCE

§ 99. La Renaissance en Italie 90.

Jointe à l'invention de l'imprimerie, la renaissance de la culture antique amène la fin du moyen Age et contribue à préparer les temps modernes. En détrônant la scolaslique et en élargissant l'horizon intellectuel par des études plus libérales,

90 Burckhardt, Die Cultur der Renaissance in Italien. Râle 1860; 3e éd. par L. Geiger Leipzig 1877, '2 vol. — Gebhardt, Les origines de la Renaissance on Italie. Paris 1879. — Meiners, Lebensbeschreibungen berûhmter Miinner nus ,lcr Zeit ,lcr Wiederherstellung der Wissenschaften. Zurich 1795, 3 vol.

IV» PÉI\. 1409-1 517. GHAP. V. LA RENAISSANCE.

elle a servi à rendre la Réformation possible, niais elle n'en a pas été la cause. Selon les pays où l'humanisme s'est produit, il a eu des effets divers.

En Italie, la tradition classique latine n'était jamais tombée dans l'oubli, mais on n'avait estimé ceux, des auteurs que l'on connaissait que comme des modèles de la langue. Au quatorzième siècle Pétrarque les avait imités, non sans bonheur, dans ses vers latins et dans ses ouvrages historiques et philosophiques ; Boccace avait écrit, sur les généalogies des dieux, un livre où il fait l'éloge de la poésie païenne et de ceux qui s'en occupent. Mais on n'allait pas encore au delà de l'imitation littéraire. Un changement se fit au quinzième siècle, quand des savants grecs vinrent se réfugier en Italie et y apporter leurs grands écrivains. Ce fut comme la découverte d'un monde nouveau, à laquelle on n'avait pas été préparé. Pour se rendre compte de la fermentation qu'elle causa, il faut se rappeler la vivacité de l'imagination italienne, le discrédit où était tombée la science aride des écoles, le spectacle vu de plus près de ce qui se passait à la cour des papes et qui ébranlait le respect pour les choses religieuses, le gouvernement arbitraire des tyrans qui faisait douter du droit, la multiplicité des états, des factions, des intérêts, qui disposait les hommes à un individualisme excessif. Enfin, comme outre les études grecques nouvelles on avait repris avec un redoublement d'ardeur celles des classiques latins et de l'histoire de l'ancienne Rome, le patriotisme italien était surexcité par la résurrection plus vivante d'un passé dont il n'avait jamais perdu complètement le souvenir. Une foule d'idées dont on ne s'était pas douté sont mises en circulation; la nature et l'homme paraissent sous des aspects qui frappent les esprits par leur contraste avec tout ce qu'on avait cru savoir du moyen âge. On ne cherche plus seulement dans les auteurs anciens des élégances de style, on leur emprunte leurs manières de penser, leurs

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