RECUEILS DE DOCUMENTS, ETC
D'Achéry, Spicitnjium vrterum aliqunl scri/ilorum, ni. Do la Barre. Paris 1723, 3 vol. in-fo.
Petz, Thésaurus anecdotorum. Augsb. 1721, 6 vol. in-f".
Ganisius, Lectiones antiquœ, ni. Basnage. Anvers 1725, 7 vol. in-f°.
Mabillon, Vêlera analecta. Paris 1723, in-f".
Gapitularia regum Francorum, ed. Baluze, nouv. éd. i>ar P. de Chiniae. Paris 1780, 2 vol. in-fo.
Duchesne, Scriptores Historiée Frunciœ. Paris 1030, 5 vol. in-f°.
Recueil des historiens de la France (commencé par U. Bouquet, de la congrég. de S. Maur, et continué par l'Acad. dos inscript.). Paris 1730 et suiv ., jusqu'à présent 23 vol. in-f°.
Monumenta Germaniœ historica, ed. Pertz. Scriptores, 26 vol., lege$5\o\. in-f°. Hannovre 1826 et suiv.
Muratori, Scriptores rerum italicarum. Milan 1723 et suiv., 28 vol. in-f".
Id. Antiquitates italicœ medii œvi. Milan 1741, 5 vol. in-f°.
Acta sanctorum, cura Bollandi, etc. Anvers 1643 à 1794, 53 vol. in-f". Continué depuis 1838, Bruxelles 7 vol. in-f°. Disposé d'après l'ordre du calendrier ; pas terminé encore ; il manque les mois de novembre et de décembre.
Ellies Dupin, Nouvelle bibliothèque des auteurs ecclésiastiques. Amsterdam 1690, 19 vol. in-4°.
Cellier, Histoire des auteurs sacrés et ecclésiastiques. Paris 1729, 24 vol. in-4°.
Oudin, Commentarius de scriptoribus ecclesiasticis. Leipzig 1722, 3 vol. in-f".
Cave, Scriptorurn ecclesiasticorum historia litteraria, 3e éd. Oxford 1740, 2 vol. in-f°.
¥ abricïus, ' Bibliotheca ecclesiastica. Hambourg 1718, in-K
Histoire littéraire de la France (commencée par les bénédictins de S. Maur, continuée par l'Acad. des inscript.). Paris 1733 et suiv., jusqu'à présent 28 vol. in-4°.
Gais. Baronius, Annales ecclesiastici (jusqu'en 1198). Rome 1588 et suiv., 12 vol. in-f°. — Gontiné par Od. Raynaldus, vol. 13 à 21, in-f°. Rome 1046. et suiv. — Nouv. éd. des deux ouvrages avec quelques autres écrits, par D. G. et J. D. Mansi. Lucques 1738 et suiv., 38 vol. in-f".
INTRODUCTION
Dans les temps modernes le moyen âge a trouvé, après des admirateurs trop enthousiastes, quelques détracteurs peu impartiaux; on n'a voulu y voir qu'une ère de décadence intellectuelle, de servitude morale et politique. La période où se sont constitués les états de l'Occident et où sont nées les littératures nationales ainsi qu'un art nouveau, n'a pas pu être une période de ténèbres. Si ces temps sont dominés par l'église, c'est que sans l'église tout serait resté dans la barbarie ; elle a été la puissance de l'esprit opposée à la force brutale, c'est elle qui a fait l'éducation des peuples.
L'histoire ecclésiastique et l'histoire politique sont alors dans des rapports si intimes, 'qu'en traitant de l'une on ne peut pas s'empêcher de s'occuper aussi de l'autre ; il convient toutefois de séparer les deux domaines, de manière à établir deux cadres et à ne faire rentrer dans chacun que ce qui lui appartient plus particulièrement. Au point de vue religieux le moyen âge a eu ses misères et ses gloires; à côté de beaucoup d'erreurs, de superstitions, de rudesse, de despotisme, il offre des exemples d'une grande vigueur de l'intelligence, d'une charité prête à tous les sacrifices, d'aspirations à la vérité, qui attestent l'action continue de l'esprit chrétien dans le monde.
Le point de départ est le règne de Gharlemagne ; cette époque marque la limite où commence, par l'assimilation de plus en
INTRODUCTION
plus complète des éléments du christianisme, le progrès qui doit aboutir à la civilisation moderne. Ce qui est propre au moyen âge religieux, c'est la tendance à réaliser, dans toutes les directions, l'unité catholique préparée dans les siècles précédents: unité de l'organisation hiérarchique s'achevant dans la monarchie pontilicale, unité du système de la théologie par les travaux: des docteurs scolastiques , unité du culte par l'uniformité des rites et de la langue, unité de la vie par l'établissement d'une discipline partout égale. Cette unité universelle n'a pas pu être obtenue sans résistance ; à l'absolutisme du siège de Home se sont opposées tour à tour l'aristocratie épiscopale et les puissances séculières; contre la théologie des écoles ont réagi, sans toutefois lui être hostiles, les théories plus individuelles et plus intimes des mystiques ; enfin , des penseurs isolés et des sectes entières ont protesté tantôt contre telle doctrine ou telle coutume, tantôt contre tout l'ensemble du catholicisme.
Rien ne serait plus contraire au vrai sens historique que de condamner les institutions religieuses du moyen âge, comme n'ayant eu dès l'origine d'autre but que l'asservissement des hommes. La papauté a eu des moments où, seule, elle a représenté la justice et défendu le droit contre la force. Le monachisme a rendu des services en civilisant des populations incultes et en conservant des traditions littéraires. La philosophie et la théologie scolastiques ont appris à la pensée humaine à sonder les problèmes les plus difficiles et à chercher l'union de la foi et de la science. Mais de bonne heure et à différentes époques se manifestent des symptômes de déclin ; l'esprit du monde l'emporte sur l'esprit de Dieu ; l'ambition, les richesses, la passion de la dispute produisent leurs effets ordinaires. De là ces tentatives si fréquentes de réformer l'église, en la ramenant soit au type austère de l'âge apostolique, soit au moins à une constitution et à une théologie plus conformes à sa nature spiri-
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tuelle. La fin du moyen âge arrive quand, d'une pari, les papes sont montés au plus haut degré de leur pouvoir sans se faire respecter par leurs qualités personnelles, et quand, d'autre part, la renaissance ouvre aux esprits des horizons nouveaux et que le besoin d'une réforme générale se fait jour dans les principaux pays de l'Occident. Ce qui a germé est prêt à éclore; le monde moderne ne commence pas brusquement, il sort des siècles qui l'ont précédé et préparé.
Pour la commodité de l'exposition, et sans y attacher une importance exagérée, nous divisons l'histoire ecclésiastique du moyen âge en quatre périodes, qui semblent indiquées par la marche même des événements:
1. De Charlemagne à Grégoire VII, établissement définitif de l'autorité spirituelle du siège apostolique ;
2. De Grégoire VII à Boniface VIII, lutte de l'empire et du sacerdoce, triomphe politique de la papauté;
3. De Boniface VIII au concile de Pise, déclin de la puissance pontificale, grand schisme d'Occident ;
II. Du concile de Pise au commencement du seizième siècle, vains efforts des grands conciles pour réformer l'église dans son chef et dans ses membres, restauration de la suprématie des papes.
Pour fixer ces périodes, nous nous sommes arrêté à quelques faits appartenant à l'histoire de la papauté ; c'est qu'en effet au moyen âge tout se concentre autour du siège de Rome ; les relations entre l'église et l'état, la hiérarchie, le monachisme, la théologie, le culte, les manifestations de la vie religieuse, les hérésies, les demandes de réformes, tout est en rapport avec les diverses phases qu'ont traversées les destinées du régime pontifical.