‹ Précis de l'histoire de l'église d'occident pendant le moyen ageChapitre 55 sur 215 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

LA PAPAUTÉ

§ 23. Grégoire VII. Ses principes1.

Le moine Hildebrand, le conseiller des papes depuis Léon IX, fut élu lui-même après la mort d'Alexandre II en 1073. L'élection eut lieu précipitamment, par enthousiasme, sans qu'on eût attendu, comme le voulait encore le droit établi, le consentement impérial. La nouvelle de son avènement effraya les évêques, qui redoutaient sa sévérité; ceux de France surtout, qui avaient déjà fait l'expérience de son zèle quand il avait visité le pays

1 Gregorii VII rcgistri sivc epistolarum libri, chez Mansi, Colleclio conciliorum, T. XX, p. GO. — Monumenta gregoriana, chez Jalfé, Bibliotheca rerum german., Berlin 1864, T. 2. — Giesehrecht, De Gregorii registre emendando. Brunswic 1858. — Gregorii VII cpistolce et diplomata, éd. Horoy. Paris 1877, 2 vol.

Villemain, Histoire de Grégoire VII (écrite en 1833). Paris 1873, 2 vol. — A. de Vidaillan, Vie de Grég. VII. Paris 1837, 2 vol. — Voigt, Hildebrand als Gregor VII. und sein Zeitalter. 2e édit. Weimar 1846. — Bowden, Life of Gregory VIL Londres 1840, 2 vol. — Gfrôrer, Gregor und sein Zeitalter. Schaffh. 1859, 8 vol. — Meltzer, Gregors VIL Gesctzgebung. Leipzig 1869.

— Cassander, Bas Zeitalter Hildébrands fur und gegen ihn. Darmstadt 1842.

— Helfenstein, Gregor nach den Streitschriften sciaer Zeit. Francf. 1856.

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comme légat, supplièrent l'empereur de ne pas reconnaître une élection faite contrairement aux règles. Hildebrand, de son côté, pour prévenir la nomination possible d'un antipape, demanda lui-même à être confirmé par Henri IV. Après avoir donné à l'ambassadeur, que celui-ci envoya à Home, des explications dont il put être satisfait, il prit possession du siège apostolique sous le nom de Grégoire VII.

Il avait conçu la papauté dans le sens le plus vaste. Pendant sa longue activité sous ses prédécesseurs, il avait appris à connaître l'état du monde et de l'église; il avait mûri ses idées, et quand il monta au trône pontifical, ses projets étaient fermement arrêtés. Il était convaincu de la justice de la cause, à laquelle il avait dévoué sa vie; son but a été d'élever l'église au faîte de sa puissance, de soumettre à l'autorité du saint-siège les pouvoirs séculiers, d'affranchir le clergé de la dépendance où le tenaient les princes, de tirer en un mot toutes les conséquences du système hiérarchique. Plusieurs de ses prédécesseurs avaient essayé de pratiquer les mêmes principes, mais aucun d'eux n'avait eu comme lui les qualités nécessaires pour les faire prédominer.

Nulle part ces principes ne sont exposés avec plus de franchise que dans les propositions appelées dictatus Grcgorii et jointes au deuxième livre de ses lettres2. Il n'en est pas l'auteur luimême, mais elles résument ses pensées, telles qu'elles sont exprimées dans sa correspondance. Elles concernent la suprématie du saint-siège sur l'église et sur le pouvoir séculier. Le pontife romain peut seul être appelé universel, lui seul peut déposer les évèques ou les transférer d'un siège à un autre. Ses légats ont la préséance dans les conciles, et aucun concile ne peut être qualifié d'œcuménique s'il n'est pas convoqué par le pape. Ce-

2 Chez Mansi, T. 20. p. 1G8.

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