I 30. LE DROIT CANONIQUE
Depuis Innocent IV, mort en 125Zi, jusqu'à l'avènement de Boniface VIII en 129/ï, il y eut douze papes, peu distingués par de grandes qualités personnelles18. A cette époque, le saintsiège, quoique délivré des empereurs, n'avait réalisé aucun des buts extrêmes qu'avaient poursuivis Grégoire VII et Innocent III; l'empire, en cédant en Italie, avait recouvré son indépendance en Allemagne; dans l'Italie elle-même, le pouvoir temporel des papes n'était incontesté que dans les états de l'église; en Lombardie se continuait, avec des chances diverses, la guerre civile entre les gibelins et les guelfes; en Sicile, après les vêpres de 1282, les papes perdirent pour longtemps toute influence; en France enfin se réveillait de plus en plus le sentiment national, hostile à toute immixtion du saint-siège dans les affaires qui ne regardaient que le peuple et la royauté. La monarchie universelle, qui semblait fondée par Innocent III, n'était plus qu'un rêve.