II' PÉR. 1073-1294. CHAP. III. MONACIIISMK
repentantes, et d'une église commune aux. frères et aux sœurs. Robert appela ses compagnons les pauvres de Christ et leur donna une règle sévère, confirmée par Pascal II. Ce fut une grande pensée que de faire servir le monachisme à l'amélioration morale des pécheurs et au soin des malades; mais ce fut une preuve de l'esprit romanesque du temps, que de placer, pour honorer la Vierge, à la tète de toute l'institution la supérieure du couvent des femmes. Malgré cette étrangeté, l'ordre se répandit en France, où il subsista jusqu'à la Révolution.
Il faut citer encore: l'ordre des frères hospitaliers de Saint- Antoine, institué en 1095 par Gaston, gentilhomme du Daupfainé. En reconnaissance de la guérison de son fils lors d'une peste, Gaston fonda à Vienne un hôpital et une église, et réunit quelques amis pour soigner les malades. L'association se constitua en un ordre, qui fut confirmé en 109G par Urbain II2*. A cette époque les antonins n'étaient encore que des frères laïques; ce ne fut que sous Honoré III, en 1228, qu'ils devinrent des moines, assimilés aux chanoines réguliers de Saint-Augustin. En beaucoup de villes ils créèrent de petits couvents et des hôpitaux. — L'ordre des frères hospitaliers du Saint-Esprit, établi vers 1178 à Montpellier; il tire son nom de l'hôpital du Saint- Esprit à Rome, qui en 120Zi lui fut confié par Innocent III. Ses établissements furent nombreux, surtout en France et en Allemagne29. — L'ordre des trinitaires, fondé en 1198 par le prêtre Jean de Matha et par Félix de Valois, pour le rachat des chrétiens captifs des pirates barbaresques. Les trinitaires reçurent aussi le nom de mathurins, d'une chapelle de Saint-Malhurin qui leur fut cédée à Paris30.
28 Acta Sanct., janvier, T. 2, p. 100. - Règle, Holstenius T. 2. p. 109.
29 Saulnier, De capite ordinis S. Sjiiriins. Lyon 1694, in-4°.
30 Règle, Holstenius T. 3, p. 1. — Sur Jean de Matha, v. Histoire litt. de la France, T. 13, p. 144.
g 34. ORDRES D'ERMITES, ETC.