II- PÉR. 1073-1294. CHAP. III. MONACHISME
Chaque couvent avait pour chef un frère gardien, chaque province un ministre provincial, la congrégation entière un ministre général, soumis immédiatement au pape. Chaque année tous les frères devaient se réunir en chapitre général à Portiuncula ; plus laid ces assemblées ne furent plus tenues que tous les trois ans, et il n'y vint plus que des délégués des couvents plus éloignés.
Déjà en 1212 il s'était formé un deuxième ordre mineur, pour des femmes. Clara Scili, fille d'un chevalier d'Assise, ayant été engagée par François à renoncer au inonde, et d'autres l'ayant suivie, on bàlit pour elles un couvent près de celui de Portiuncula; en J22/t François leur donna une règle conforme à celle des frères, avec la différence que les sœurs furent astreintes à la réclusion et au silence. Un troisième ordre de frères et de sœurs de la pénitence fut établi un peu plus lard ; ces tertiaires étaient des laïques, gardant leur fortune et leur position, mais s'engageant à observer les commandements de Dieu, a fuir le luxe et les plaisirs, à s'exercer aux bonnes œuvres, sous la direction des franciscains.
Un des buts accessoires de ces derniers devait être la prédication de l'évangile aux païens et aux mahométans. François lui-même tenta cette mission, de laquelle il se promettait la gloire du martyre. En 1219 il passa en Egypte, où les chrétiens assiégeaient Damiette; il se présenta chez le sultan, qu'il ne convertit pas, mais qui lui témoigna des égards et lui permit de retourner à l'armée des croisés.
Il mourut le k octobre 1226 dans son couvent; deux années après, le pape Grégoire IX le canonisa en lui donnant le titre de père séraphique, et bientôt une belle église gothique remplaça celle de Portiuncula. Avant de mourir saint François avait encore vu son ordre, ainsi que celui des religieuses de Sainte-Claire, répandu dans toute l'Europe. Il avait à peine fermé les yeux que la légende s'empara de sa vie; déjà ses premiers biographes,