ORDRES MENDIANTS
deux, pour se disperser en annonçant au peuple le pardon des péchés. Peu après ils se retrouvèrent auprès du maître. Jusque là ils avaient été prédicateurs laïques, comme les vaudois, sans mission de l'église. François leur donna alors une règle, composée en grande partie de passages du sermon de la montagne; il exigea les trois vœux monastiques, l'obéissance, la chasteté, la pauvreté, cette dernière dans le sens le plus littéral. Il se rendit à Rome, avec une recommandation de l'évêque d'Assise, pour solliciter d'Innocent III la confirmation de ce qu'il venait de fonder ; le pape lui permit de continuer à prêcher la repentance, en lui faisant espérer que, si Dieu bénissait son œuvre, il lui accorderait peut-être davantage. François trouva de nouveaux disciples ; de différentes parties de l'Italie des jeunes gens enthousiastes accoururent à Portiuncula. L'association, qui s'augmentait tous les jours, ne pouvait plus subsister sans quelques possessions; on leur céda des terrains, sur lesquels ils bâtirent des couvents, dépourvus de meubles et d'ustensiles ; on mendiait la nourriture, on dormait par terre.
Primitivement les frères s'étaient appelés les pauvres pénitents d'Assise ; à son retour de Rome en 1209 François ieur donna le nom de minoritœ, frères mineurs, les moindres dans le royaume de Dieu.
De bonne heure il se manifesta deux tendances dans l'ordre ; l'une était représentée par le frère Elie de Cortone, théologien instruit, plus sagace que rêveur, depuis 1221 vicaire général ; il comprenait que, pour gouverner les âmes, il fallait introduire une rigueur moins absolue; à l'autre tendance appartenait le frère Antoine de Padoue, ardent prédicateur delà pénitence et insistant sur l'observation la plus stricte de la pauvreté; François luimême était de ce dernier avis. Ce fut dans ce sens qu'il rédigea une règle nouvelle, adaptée à l'extension de l'ordre, sanctionnée par le chapitre général de 1223 et confirmée par Honoré IV.