‹ Précis de l'histoire de l'Église réformée de Paris d'après des documents en grande partie inéditsChapitre 101 sur 120 · LXIV PRECIS DE L HISTOIRE · texte numérisé non relu

LXIV PRECIS DE L HISTOIRE

geratur in statu publico , nihil nisi confusum apparet ; jani omnia plena sunt sica-

riis. Intérim seciiri sunt omnes ac si niliil timendum esset ab hoste; convivia

qiiotidie agitantur ab aulicis. Undo priora mala , levia duntaxat ingentium cala-

mitatum praeludia esse prudentes et oculati agnoscunt, nisi Deus niirabiliter e

cœlo nianum nobis porrigat. Nos tamen qui fixam in cœlo anchorani habemus

non secus inter istas turbulentas iactationes navigamus ac si in tranquillo porta

essemus, quanquani rex nihil aliud quani horribiles minas spirct. Collegae mei

vos diligenter salutant, et mandarunt Petro Magno ut alias centum quinqua-

genta libras curaret vobis reddi suo nomine. Gratissima sunt omnibus vestra

officia sicuti par est. Vale , mi pater, et sicut facis, ora pro eo qui assidue me-

moria tui pascet animum suuni. ^ alete etiam fratres mihi vero colendi Dominus

vos suo spiritu perpetuo gubernet ut Ecclesiae suae utilem operam praestetis

quamdiutissime. 12 die Aprilis.

Vobis obsequentissimus

lo. Rachamcs.

Traduction.

S. M. du Buis est de retour , el puisqu'il a l'inlention de se rendre sous peu auprès de vous, il est inutile que je vous écrive ce qu'il nous apporte de nouveau , d'autant plus que vous pouvez tout apprendre de vos ambassadeurs. Il vous sulTlira de savoir que sous peu les princes vont envoyer une lettre au roi dans l'intérêl de notre cause. D'ailleurs , on dit qu'il y a déjà des ambassadeurs à la cour , qui réclament les villes appartenant à l'Empire. David, revenant de la cour, est retourné dans les provinces du roi de Navarre. Il nous a écrit qu'il a prêché deux fois à la cour , a huis ouverts. Ayant é^é mandé par le cardinal de Lorraine et sévèrement réprimandé par lui , il n'eut pas le courage de lui répondre en homme de cœur. «Si j'avais à me défendre une seconde fois, a-t-il dit, je montrerais plus de courage; mais la réprimande du cardinal de Bourbon el l'autorité du roi de Navarre m'avaient troublé , et je ne devais rien dire au cardinal de Lorraine qui aurait pu l'irriter.» Ce sont là , sans doute , deux choses bien appariées. Toutefois , il est certain qu'il a ému toutes les villes par lesquelles il a passé, mais je doute fort qu'il y ait en lui beaucoup de zèle, et je ne sais si l'on peut compter sur une grande fermeté en lui. En attendant, nous avons tâché de ne pas nous aliéner son esprit, alin qu'il ne nous nuise pas du moins. Les quatre captifs du Pré-anx-Clercs ont été conduits dans les cachots el enfermés séparément, parce qu'ils n'avaient pas voulu confesser ce que les juges demandaient d'eux. Quelqu'un s'étanl adressé au roi de Navarre, ce dernier adressa uue lettre au président De Thou. Je la lui ai remise, en qualité de serviteur du roi de Navarre , et j'ai profité de celte occasion pour discuter avec lui sur la foi , comme je n'aurais pas pu le faire plus librement avec vous ; je lui ai dit enfin qu'il aurait à en rendre compte devant le juge suprême, s'il continuait à condamner des innocents, ds sorte que le malheureux n'a pas pu s'excuser que par ces paroles : nous avons une loi, etc. Les trois qui étaient détenus aux Chartreux ont été rendus à la liberté. L'un s'est soumis aux ennemis en reniant le Christ; le second a été rendu par les juges aux prières de sa mère, el contre le troisième ils n'ont pas trouvé de ohef d'accusation. Nous avons aussi permis à W^^ deRantigny de se rendre auprès de son mari, qui est gravement malade, et elle nous a fait toutes les promesses possibles. Elle avait déjà acheté des chevaux pour se rendre auprès de vous. Eu tout cas , elle montre beaucoup de courage. Quelques conseillers traîtres à l'Evangile ont déclaré qu'il fallait sévir contre nous par le fer et les flammes, parce que nous enlevons les femmes à leurs maris. Je vous écrirai tout ce qui peut arriver, mais en peu de mots, à cause des nondireuses occupations qui augmentent de jour en jour. Car il est étonnant comment, par la grâce de Dieu , le nombre des fidèles augmenté depuis peu. J'ai parlé de nouveau à Le Mercier , mais je n'ai pu connaître encore sa volonté. Son âme balance encore el ne sait quelle décision elle doit prendre. J'ai-

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