‹ Précis de l'histoire de l'Église réformée de Paris d'après des documents en grande partie inéditsChapitre 104 sur 120 · I. Rachamus · texte numérisé non relu

I. Rachamus

Traduction.

S. Si mes lettres vous sont agréables, Monsieur, je vous laisse a penser quel plaisir je prends aux vôtres. Car si vous croyez, et vous avez raison de le croire, que rien ne me soulage mieux de mes fatigues que mes entretiens avec vous , vous pouvez facilement vous imaginer avec quelle impatience j'attends votre réponse, afin de savoir que vous allez passablement , aussi bien que le comporte votre faible constitution. Quoique je ne sois pas assez impudent pour exiger de vous, qui êtes occupé à des affaires si sérieures, toujours des nouvelles, je vous prie cependant instamment de continuer à vous entretenir avec moi par des lettres. J'en suis bien aise que vous ayez été informé à temps de la trahison de notre cause auprès des princes allemands. Avant que vous ne receviez cette lettre, vous apprendrez, je pense, que nous avons été informés de celte trahison , et que nous nous sommes hâtés de vous la faire connaître. Quant au troisième voyuge qu'ont entrepris deux de nos frères , tous les nôtres, déjà snlTisamment persuadés de voire bienveillance et de vos soins à notre égard, reconnaîtront jusqu'à quel point vous veillez à nos intérêts. M. du Buis reprendra courage en les voyant ; mais nous n'avons pas pu lui donner de compagnon de voyage , comme nous l'avions résolu , à cause de son prompt départ. El puisque vous avez écrit, Monsieur, à chacun en particulier, avant que nous vous en eussions p.'ié, vous vous êtes montré en celle occasion tel que vous l'avez toujours été. Je regrette que ma lettre vous ail donné lieu à dire au sujet de nos captifs des choses qui pourraient vous les rendre suspects d'orgueil. Toutefois , si je vous paraissais coupable . je serais excusable , parce que j'ai pris en bonne part ce qui alors était encore douteux. Mais pour vous informer de leur position , je vous dirai qu'il en existe encore sept qui supportent avec courage la prison où la douleur les consume. C'est ainsi qu'avanl-hier un vaillant combatlanl de la juste cause est mort misérablement ; son nom est Amelric; d'autres doivent être traînés au bûcher; c'est du moins là la frayeur que les juges veident leur inspirer , s'ils ne renoncent pas à la vérité. L'un d'entre eux s'est échappé au moment où on le conduisait aux Chartreux , comme je l'ai

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