LXXIV PIIKCIS DE I. HISTOIRE
mer ont été rclemics par M. lioislecomie, el que c'est là la principale cause pourquoi, il ne s'est pas rendu auprès tle vous, parce qu'il attendait toujours une réponse. Le maitre-d'hùtel de l'amiral m'a promis de les lui faire parvenir le |)Ius tôt possible, lui attendant, comme .M. Cliartier était ici sans emploi el que les fidèles de Meaux réclamaient un pasteur afin que le troupeau ne fût pas disperse, nous leur avons envoyé .M. Cliartier pour rassembler les brebis de Christ, et on nous a écrit qu'il l'a fait et qu'il continue à le faire avec beaucoup de soins. Il m'est impossible de vous en écrire plus pour cette fois. Je Unis donc en priant le Seigneur, notre père, de vous consciver à sou Eglise, et en vous suppliant de me reconuuander à Dieu, car ce sont vos prières qui , jusqu'ici, m'ont couservé.
21 mars. Paris.
M. de la Hivière et M. de la Roclie , ainsi que Gemmes, vous présentent leurs respects.
Votre tout dévoué
J. PiACHAMUS.
s. .Non pxistimo Buxeiiin quicqiiani contra nos pei'fide niachinatum fuisse; si tamen nosd'am rausani adveisariis prodore statuisset, quid amplius potuisset efficere? \ain praeter quant (juod lamdiu circiiintulit exemplar litterarum nostrariini, affirmant plerique ipsuin in suis chartis liabuisse inultoruin noinina (|Uie in manus Rcgis pervenerunt. Lnde profecto non luediocris terror animos quoruindain occupavil. i\am quo die Rex ex hac urbe migravit adeo incensus erat, ut diceret : Etiamne isti coronam milii e capite tollent ? Mhil narro nisi compertuin. Scilicet Coccineus nostrarum interpres litterarum addidit. et adinenit quicciuam libitum est. Ac Na., si Deo placet, in ea parte ubi pietas eius nimium extollebatur, causatus est se ambire Gerinan. amicitiam ut ipsis uteretur ad regni sui recuperationem, sibi interea probari avitam religioneni. Id ipse milii fonfessus est : et (si forte nescis) quotidie eum iixore eius. missam au- (liunt. Nos nihilo minus pergimus in otticio et pergemus Deo duce. Buxeus autem diligenter asservalur et cavetur impriniis ne quis ipsum compellet. Opportune vero hesterno die advenerunt duo legati cum litteris quas principes vobis promiserant. lani bortati sunius ipsos, et liodie rursuin admonebimus. Quid factum opus erit; quanquam probe se instructos principuni mandatis esse dicunt. Bene acridit (|uod sunimus liostis noster Perronam abiit. Multa simul concurrunt qiiibus forsitan Rex oonnnovebitur. Senatus quem vulgo privatum vocantmiratus valde est quod sibi vellet nomine collegii in subscriptione nostraruin litterarum, quare talis erat : ministri Ecclesiae Parisiensis ex totius collegii sententia , inde colligit Ecclesiam esse constitutam et constare magno hominum numéro. Ad bas lurbas aocedit nuntium de concionatore D'Andeloti, qui inprimis Audegavenses commovit, item de oppido Saincl-Los. Hic jani latere potest eos qui regunt, ignem in omnibus regni partibus accensum cum tota aqua maris restingui non posse. Sed Dominus induravit cor Pbaraonis. et eius maxime qui ei proximus adstat. Nam adbiic 12 iudices constituere cogitât , qui de causis Lutheranis iudicent; sex ex ouria delectos, et alios sex ex Sorbona; quanquam nibil adhuc decretum est. AIi(iuid praeterea luolilur cuui poiitilici lîoiii. in eos qui religionis causa solum vcrteul.
DE LKGLISE RKFORMKE DE PARIS. I.XXV
Vides in quo statu sunt res nostra'. Dominus in cœlo est, solus sapiens : qua;ciimqne vult facit : faxit iil ex aninio soniper dicaniiis, fiât voluntas tua. Aliqiiol niihi renuntiarunt te lilteras ad me Daiiipetra'o dédisse; ubi eas aocepero rescribam, et simiil de lAlereero sigiillieabu ([iiid statuent. Nam euui bis doniuni ejus adierini, non polui ipsuni cuii\enii'e. l xoreni ejus puei'pcraui iiortalus suui ad niutaudum locuiu cuui tenipestas iiigruil. ei(iuo tuas dedi liltei'as ut niaritu redderet.
Valete. fratres niihi, ex animo venerandi et tacite ut sentiamus efficaeiam ves-
trarum preeuni his furbulentis et pei'iculosis teuiporibus.
9 die Maij.
Vos obsequentissiraus
Traduction.
' S. Je ne crois pas que Du Buis tiil ni;i en Iraîlre envers nous ; mais s'il avait lôsolu de livrer noire cause à nos ennemis, qu'aurait-il pu taire de |)lus i^rave ? Car outre qu'il a gardé si longtemps et montré partout la copie de notre lettre, ou dit encore qu'il avait dans ses papiers les noms d'une foule de personnes, qui tous sont tomi)és entre les mains du roi. De là naturellement la grande frayeur (jui s'est emparée d'un grand nombre d'esprits. Car le jour ou le roi a quitté celte ville, il était tellement irrité qu'il s'esl écrié : Ne m'arraclieront-ils pas aussi celte couronne de la tète ? Je ne vous rapporte que ce que je sais pertinemment. Sans doute Comines, l'inlerprèle de notre leltre, a ajouté tout ce tpi'il a voulu. Mais le roi de Navarre, grâce à Dieu , dans la partie mèuie où on louait lellemenl sa piété, a élé obligé de s'adresser aux princes germains pour gagner leur amitié , alin de recouvrer avec leur secours sou royaume : mais en ullendanl il faut qu'il se soumette à la religion de ses aïeux. Voilà ce qu'il m'a lui-même avoué, et (peut-être ne le savez-vous pas) il entend tous les jour« la messe avec, sa fennne. Quant à nous, nous continuons notre làclic, et avec lu grâce de Dieu nous continuerons encore. Du Buis est soigneusement observé et gardé, pour que jiersonne ne puisse lui parler. Hier deux ambassadeurs sont arrivés à temps avec la lettre que les princes allemands nous avaient promise. iNous les avons exhortés et nous les avertirons encore aujourd'hui sur ce qu'ils auront à faire, (pioiqu'ils disent être suftisaunnenl renseignés par les ordres de leurs princes. Heureusement notre plus grand ennemi est à Perrone. Le roi se laissera peut-être émouvoir par le concours d'une foule de circonstances. Le Conseil privé s'esl étonné de ce que signiliail le mot de Consistoire dans la souscription de notre leltre, qui était en etlel ainsi conçue : « les ministres de l'Eglise de Paris , sur l'avis de tout le Consistoire; » il a cru voir par là que l'Eglise était constituée et qu'elle se conq)Osait de beaucoup de membres. A ces troubles vint s'ajouter la nouvelle du prédicateur de D'Andelot, qui a surtout soulevé les habitants d'Angers, et celle de la ville de Sainct-Los. Et déjà ceux qui sont au pouvoir ne peuvent plus se cacher tpie le feu allumé dans toutes les parties du royaume, ne peut être éteint, pas même par l'eau de toutes les mers. Mais le Seigneur a endurci le cœur de Pharaon et de celui qui lui est le plus proche. Car il a l'intention d'établir 12 juges, qui auraient à traiter les all'aires des luthériens; six sont choisis dans le Parlement et six dans la Sorbonne : mais il n'y a encore aucun décret à ce sujet. 11 se trame en outre (|uelque chose avec le pontife romain contre ceux qui prennent la fuite pour cause de religion.
Vous voyez dans quel état sont nos all'aires. Le Seigneur du ciel est seul sage : qu'il fasse ce que bon lui semble : cpi'il nous fasse la grâce de dire toujours de bon cœur : sa volonté soit faite. Ouelques-uns m'ont dit que vous aviez donné une lettre à Dampierre à mon adresse; dès que je l'aurai reçue, je vous répondrai et je vous informerai en même tenq)s de la décision de Le Mercier. Car, quoique je me sois rendu deux fois auprès de lui, je n'ai jamais pu le trouver. J'ai engagé sa femme, qui est près d'accoucher, à changer de lieu, parce que l'orage approche, et je lui ai remis voire lellre pour son m:iri