LXXII PRKCIS DE L HISTOIRE
magno omniiini plausu exceptus est, et longe prodiit illi obviam Guisiana domus, victiis est vir non salis virili animo. Si tanien succedet seciinda expeditio Doniini Du Buis, suo (ni fallor) comniodo serviet. Non ignorât vero. Régi propositum esse, dum corani se tantas minas et persecutiones crepat, ut, admonitus a Galerita, ipsuni perstringat et niordeat. Intérim expendenda est vox de fratribus pedemontanis. Quanta faceret Pharao, nisi Deus ipsuni naribis vinctum retineret? Certum tamen est, ipsum agi pro arbitrio Galcrita;, pênes quem omnino regia est potestas, qui cum de vita et honore sibi dimicanduni iudicet, stabit obstinatus donec regnuni totum everterit. Jam ut suas opes niagis muniat, vulpes illa urget conjugium Delpliini et neptis suae, ac jam adornatur aula palatii, ut octo post pascha diebus nuptite celebrentur. Causa festinationis esse creditur quod Rex ardet desiderio videndi compatris; licet non semper prae se ferat miser, ne displiceat lis, quos supra solium suum extulit in suum exitium. Iniportunus autem adveniret compater , ut qui semper huic matrimonio obstiterit. In statu captivorum hoc est novi. Quod lammaeus abductus est ad Arcbipresbyterum, et interrogatus ab ipso de symbolo, de sacramentis, de pœnitentia, de satisfactionibus, de commemoratione mortuorum, simpliciter et vere respondit. Cum illi faveret et pararet absolutionem dare, recusavit. Inde remissus ad carcerem Episcopalem. Ileri conveni ipsum, et hœc oninia mibi narravit. Obtestatus sum ut se constanter gereret, et fratrem alterum cui cognomen est Guerino, qui cum palam antea abjuravitChristum nunc deflet peccatum suum, et respuit absolutionem. Dum hœc scribo, renuntiatur mihi lammieum egressum esse e carcere. Crastino die resciscam omnia. Intérim hœc cognoscetis. Despensaeus in tcde Virginis multas blaspheniias quotidie eructare; nunc probare nititur quadragesimœ jejunium divinitus esse institutum, nunc sanctosinvocandos, et hoc scilicetadducit testimonium : Benedicite omnes bestias. Nuper acriter invectus est in cœtus nostros ut clandestines atque nefarios et videlicet magnus antipapistarum numerus ad eum audiendum confluens laudibus ipsum effert in cœlum. Quid ad hsec dicetis fratres et Domini observandi? IXonne speratis brevi venturum Dominum ut istos conterai? Quod superest, tanielsi nolim me constituere patronum causse Charterii, qui ad te scribit. Domine, aequum tamen est, ut confiteram ad eum sublevandum aliqua ex parte, quod certe coniperi, nempe a Boslecontio retineri litteras omnes fratrum transmarinorum ; et banc prœcipuani fuisse causam cur ipse ad vos non profectus fuerit, quod semper expectaret hœc rescripta. Architriclinus vero Admiralii pollicitus est mihi se curaturum ut accipiat quani primum. Interea cum hic otiosus sederet Charterius et Meauenses dispersi pastorem flagitarent, ne grex dissiparetur, ipsum illuc dimisimus ut oves Christi coliigeret quod sedulo ipsum fecisse et facere nobis renuntiatum est. Plura nunc non licet. Hic ergo finem faciam ubi precatus fuero Dominum et patrem meum ut vos diu tueatur incolumes Ecclesie suse et simul a vobis petiero ut pergatis me Deo commendare. Nam preces vestrsc hand dubie hactenus conservarunt.
21 die Martij. Lutetiae.
Hiverius et Rochseus atque etiam lammœus vos plurimum salutant.
Vos obsequentissiiuus, I. Rachamus.
DE l'Église réformée de paris. lxxiii
Traduction.
S. Oiilre la lettre et vos avertissements que le baron de la Regnaud/e a remis au roi de Navarre, nous avons aussi envoyé M. de la Roche pour savoir ce qu'on ferait , et si l'on pourrait parler an roi de Navarre, pour l'exhorter de parler enlin au roi, afin de purger l'Eglise et de lui recommander la cause de nos frères, les captifs. M. de la Roche est de retour; il nous a raconté l'entretien du baron avec le roi de Navarre; il nous a dit qu'il lui a parlé lui-même, mais qu'il n'a pas plus de courage qu'auparavant. Il déplore, il est vrai, les corruptions de l'Eglise; il dit qu'il ne désire rien autant que de voir adresser a Dieu un culte pur et sincère, mois il ne peut se décider à ouvrir la boiiclie pour remédier aux maux qu'il déplore ; que son pays est ouvert à tous les fidèles, mais qu'il n'a aucune influence à la cour et qu'il ne jjourrait se charger de notre cause sans s'exposer aux plus graves inconvénients. Que l'esprit du roi était si peu décidé à rétablir la vraie doclVine , que depuis (ju'il était arrivé a la cour, il n'avait entendu parler que des préparatifs pour brider toute la multitude des fidèles ; qu'il cherchait même les moyens pour extirper de fond en comble toute la race des Vaudois du Piémont.
Voilà ce que rapporte le roi de Navarre ; vous pouvez donc vous imaginer ce qu'on peut attendre de lui. Il ne fait pas preuve de celte énergie qu'on espérait de lui , eu raison des bruits répandus au sujet de son ministre David , qui, dit-on, a condamné ouvertement et librement à La Rochelle et à Pc/tiers toutes les superstitions impies. Il a sans doute promis des merveilles tant qu'il était absent et (pi'il n'était pas encore à la cour; mais dès qu'il s'est trouvé en présence du roi , il est revenu à son ancien caractère. Parce qu'il a été re(,'U avec de grandes prévenances , et parce que toute la maison des Guises s'est portée a sa rencontre, cet homme pussillanime s'est laissé vaincre. Néanmoins , si le second voyage de Z)i<6ww réussit , il servira mieux, je pense , ses intérêts ; car il n'ignore pas que le roi, en lui faisant voir toutes ces persécutions et entendre toutes ces menaces, ne veuille le lier et le punir lui-même , d'aulant plus qu'il a été averti parle cardinal. En attendant, il s'agit de réfléchir à la sentence portée contre les Piémontais. Que ne ferait pas notre Pharaon, si Dieu lui-même ne le retenait en lui mettant l'anneau dans les narines? En tout cas, il est certain que c'est la volonté du cardinal de Lorraine qui le dirige. C'est lui qui a tout le pouvoir en main, et comme il y va de sa vie et de son honneur, il ne cessera pas qu'il n'ait bouleversé tout le royaume. Et pour être plus sûr de ses richesses, le renard compte sur le mariage du dauphin avec sa nièce, et déjà l'on prépare les appartements du palais, afin «le célébrer les noces huit jours après Pâques On croit que le mariage sera tellement hâté parce que le roi brûle du désir devoir le compère, quoique le malheureux se garde de le dire, pour ne pas déplaire à ceux qu'il a placés pour sa perte au-dessus de son trône. En tout cas, l'arrivée de l'époux ne sera pas trop agréable, car il s'est toujours opposé à ce mariage. Voici ce qu'il y a de nouveau dans la situation des captifs. Gemmes a été conduit devant rarche\èque, et, interrogé par lui au sujet du symbole, des sacrements, de la pénitence, de la satisfaction , de la messe des morts, il a répondu simplement et selon la vérité ; et comme l'archevêque se montrait bienveillant à son égard et voulait lui donner l'absolution, il l'a refusée. C'est pourquoi il a été renvoyé dans la prison épiscopale. Hier je me suis rendu auprès de lui , et il m'a tout raconté. Je l'ai conjuré de se montrer ferme , ainsi qu'un autre frère, appelé Gwer/n , qui, après avoir abjuré d'abord Christ en public, se repent de son action et refuse l'absolution. Au moment même où j'écris ces lignes , on me rapporte que Gemmes est sorti de prison. Demain je saurai tout. Eu attendant, apprenez que d'Espense nous accable de blasphèmes dans l'église Notre-Dame : il s'efforce de prouver que le carême est une institution divine; qu'il faut invoquer les saints; la preuve qu'il en donne est d'une absurdité ridicule. Dernièrement il a appelé nos assemblées des réunions clandestines et horribles, et un grand nombre d'antipapisles (sic) court l'entendre et l'élève par ses éloges jusqu'aux nues. Qu'en dites-vous, mes frères et vénérables seigneurs? Ne croyez-vous pas que le Seigneur viendra bientôt pour les exterminer? Enfin, quoique je ne veuille pas me constituer patron de la cause de M. Chart/er, qui vous écrit, il est juste cependant que je vous avertisse, pour l'excuser eu partie, que les lettres de nos frères d'outre-