‹ Précis de l'histoire de l'Église réformée de Paris d'après des documents en grande partie inéditsChapitre 59 sur 120 · DE L EGLISE REFORMEE DE PARIS. VII · texte numérisé non relu

DE L EGLISE REFORMEE DE PARIS. VII

Traduction.

La fureur de nos adversaires croit de jour en jour, et ils violent tout droit divin et humain depuis qu'ils ont trouvé un prince se prêtant à leur cruauté. Ils chantent victoire comme s'ils avaient remporté un triomphe sur nous , parce qu'un traître s'est offert spontanément pour dévoiler tous les secrets. La plupart supposent que c'est un orfèvre nommé Russanges, qui, remplissant les fonctions d'ancien, s'est séparé naguère de nous sans autre cause que sa perversité. Depuis ce moment , il n'a pas cessé de poursuivre l'Église entière, et surtout les pasteurs, de toute espèce d'injures et de malédictions. Ayant entraîné quelques ignorants dans son apostasie, il s'en sert comme de troupes légères pour troubler le reste du troupeau. ïu comprends dès lors dans quelle position nous nous trouvons ; mais ce n'est pas tout. Car il faut y joindre les menaces du roi, les espions placés dans chaque quartier, les récompenses accordées aux juges , enlin la délibération du parlement de Rouen, qui, conlirmée par un édit royal , nous met hors la loi et livre les pasteurs et les anciens de toutes les Églises de France au bon plaisir du premier-venu pour les tuer sans jugement et impunément. Sur les cinq membres du pailement dont je t'ai annoncé antérieurement l'arrestation, quatre paraissent devoir échapper, grâce a leur lâche mollesse, mais non sans une forte amende et une marque perpétuelle d'infamie. [>e cinquième, ayant confessé le Christ avec un grand courage, sera sans doute bientôt exécuté, ce que le peuple attend avec impatience et ce que les bons redoutent avec une crainte pleine d'admiration. Son nom est du Bourg. Une Irève, telle quelle, nous semble accordée jusqu'au -10 juiilel. Alors, après la célébration du mariage du duc de Savoie, qui, avec ses princes, fait peu de cas de la cour de France, le roi se retournera contre nous avec toutes ses forces. 11 a une longue liste de noms, des diverses classes de la société; néanmoins il ne les attaquera pas à la fois, mais, brisant l'un après l'autre, il débarrassera en peu de temps toute la France, si le ciel le permet, de la secte des luthériens.... — 20 juin 1559. Fr. de Morel.

• m, LE MÊME AU MÊME.

Mo7-t de Henri II.

Ante quatuor dios ad te scripsi de rébus permulUs. \enim quia heri accidit utRex, in liippudronio cum exerceretur, ita graviler assula lancete in fronte sauciaretur ut oculi dextri detrimentum fecerit, non sine morlis periculo, hoc te ignorare nolui. Intra dies aliquot quie spes vilse futura sit cognosci poterit. Judicia Domini profunda abyssus, quae tamen sole clarius interdum apparet. Gravissima persecutionis tempestas quae totuni islud Regnum nulla pêne civitate aut oppido praeterniisso concusserat, forlasse isto nuinine sedabitur. Doniinus nostruni misereatur et le coniniilitonesque tuos conservet. Amen. — Cal. Julii 1559.

Franciscus tiius Morellajnus.

Traduction.

Je t'ai écrit il y a quatre jours sur une foule de sujets; mais je ne veux pas que tu ignores qu'hier, dans un tournoi, le roi a été blessé gravement par un éclat de lance au front, de sorte qu'il a perdu l'œil droit et que l'on craint pour sa vie. Dans quelques jours on saura à quoi s'en tenir. Les jugements du Seigneur sont un abîme profond, mais qui parfois apparaît plus clair que le soleil. Peut-être cet événement va-l-il mettre lin a la cruelle persécution qui a frappé tout ce royaume , sans eu excepter à peine une ville ou un bourg Que le Seigneur ait pitié de nous et te garde, loi elles compagnons d'œuvre. — 1^'' juillet Ljo'J. Fb. de Morel.

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