‹ Précis de l'histoire de l'Église réformée de Paris d'après des documents en grande partie inéditsChapitre 76 sur 120 · XXIV PRECIS DE L IIISTOIHE · texte numérisé non relu

XXIV PRECIS DE L IIISTOIHE

quodam Deniocharo. Hisnt aliquis ciii oliuin siipersit, respondcal , petuiilnostri ne videamur YicU,cl liaiic maxiino pai'tein urgeal, ut probet coimentus nostros, iitcumque clam habeantur, et contra inandatiun principis, non tamcn esse damnandos, sed parendum esse Deo potius quam lioininibus. Nani pnctcrquani (|uod hic niulti canes latront, etiani runior ex Gernianis non probari nustrani conueniendi rationeni. Quod si veriim est, plané produnt se nunquam vel primoribus labris dégustasse Christianisnium. Quod superest elaboratur a nie ut qua parle conscientiae offendi possuui, ad eani verbuni Domini applicem , sicuti ex te didici. Multa et videre et audire cogor qute mihi magnani molestiani exhibent. Sed quia jussu Domini hic sto, qui mihi incurrunt dolores vim tantam non habent quin longe plus habeam quod gaudeam quam quod angar. Quod scribis mirari D. Noi'inendium, me nihil de suis pignoribus, non est quod mirotur. Quasenim litteras accepisti, scripsi postridiè quam hue adueni. Et quid mirum si nondum conueneram qui de iis aliquid certi mihi referre possent? Jam vero priusquam h» litterye tibi reddantur, agnoscet, ut spero, me non neglex,isse quod mandauerat ; scripsi enim quod mihi renunlialum erat de ipsis. Nudius tertius vero vidi et conueni ipsos, omni ex parte ad iter accinctos; ac hodierno die Stephanus educturus erat ipsos ex urbe , ut recta adpatrem deduceret. Nescio an hœ litterae prieuenient ipsos. Hospesenim meus putat sibi manendum esse triduo Lugduni. Jam si satisfactum sit D. Normendio, vereor ne fratri Galasio suspectus sim nomine negligentise quia nondum misi quod mihi iniunxerat, confessionem scilicet et supplicium combustorum. Velim taraen existimet me esse extra culpam, quare per me non stat, sed per eos a quibus ssepe flagitavi.

Restât ut te orem, Domine, ut si ad D. Yiretum scribas, ab eo petas ut ignoscat brevitati litterarum mearum. Nam cùm publico nomine gratias agaui toti coUegio pro benevolo ipsorum ergà nos animo, et prompto ad Bezam nobis concedendum si necesse esset, breuior sum quam par est. Sed breuitatis mex causa est hujus cpistola* prolixitas. Hemilto eliam eos ad vestras litteras ex quibus pétant Ecclesiœ nostra; statum. ^on ignoras quam diflicile sit homini occupato eadem bis scribere. Dabis etiam veniam. Domine, quia non intelligo quisnam ille Cottius sit quem nuper Deus ad se recepit. Litterse Francisci impetrari non possunt a Pelissario. De Rantigniaca narrabit hospes : vereor ne fuga eius magnos nobis turbas conciat. Gras mihi nouus quaerendus erit hospes. Enim et Riuerio valde œgrotanti et valde infirmo corpore hinc emigrandum erit quare monent amici nos hic diulius sine magno periculo habitare non posse. Lielor tamen et laetabor in his turbis quare spero in Dominum, et certe scio vos esse mei memores ut assidue me precibus vestris Deo commendetis. Valete Domini et fratres observandi. Riuierius vos omnes reuerenter salutat. Caeteros nondum conueni, sed sat scio illos cupere suo nomine vobis salutem plurimam ascribi.

Lutetia, 7 februarij.

Vester ex animo.

lUcHAMtS.

DE L EGLISE REFORMEE DE l'ARlS. X\V

Traduction.

S. Hier soir j'ai reçu votre leUre, et ie hasard veut que je puisse immédiateinent vous ré|)ondre. Mon liôle se prépare a se, rendre en Suisse, et il a l'intention de passer par votre ville. C'est de lui que vous apprendrez tout ce qui concerne le roi et les préparatifs de la ijuerre , et tout ce que j'ai pu oniellre ou ne vous écrire que brièvement par rapport a notre propre situation. Car il a coiilnnie non-seulement de s'intéresser a tout, mais encore de présider à tout, car il fait partie des anciens. Je vous ai fait connaître lon;;uenienl l'état de nos affaires pariV, de l'Espine, qui a pu vous couiniuniquer tout ce que j'avais omis dans ma lettre et ce que javais traité en particulier avec lui. Depuis qu'il est parti, il ne s'est rien passé de nouveau, sinon qu'où a encore renvoyé quelques personnes sans les mettre a l'amende, après les avoir interrogées sur quelques parties du symiiole. C'est du moins là ce qu'ils disent, quoique quelques-uns aient l'air d'eu douter. C'est ainsi qu'on a rendu a la liberté Françoise et sa fille, dont je vous ai parlé dans ma dernière lettre. D'autres ont été renvoyés à l'évéque; et comme ils y ont consenti, bien des fidèles se sont trouvés offensés de leur faiblesse ou plutôt de leur apostasie. Cependant il y en a qui ne foui point attention à l'ordre, parce que les gardes ne les font pas partir. Les restants, au nombre de vingt-cinq dit-on , sont, hélas ! tellement découragés par leur long séjour eu prison, par la misère de leurs parents, par les prières de leurs amis et les llatteries des juges, que s'ils étaient appelés à rendre compte de leur loi devant les juges, ils seraient assez faibles pour nier, seulement afin d'échapper à la mort.

El cependant vous ne sauriez croire avec quel zèle on s'est empressé de les secourir. Outre les nombreuses visites des nôtres, des hommes haut placés el des l'enmics oui visité selon la coutume les prisons, el oubliant les cou[)ables, ils ont félicité à haute voix les lidèles de ce que Dieu leur avait fait la grâce de souffrir pour le nom de Christ, et ils les suppliaient de ne pas trahir une si juste cause. Quelques-uns , grâce à Dieu , armés du courage du Sainl-Espril , sont restés inébranlables ; le principal d'entre eux est le sieur James\ avec cinq de ses compagnons, pour lesquels nous devons prier assidûment, ainsi que pour les autres. Je ne sais quel sera le sort de ceux cpii persistent dans la foi ; car quoiqu'on dise que les juges soient d'un naturel assez doux , on croit cependant qu'ils prononceront une sentence assez sévère contre ceux qui se montrenl obstinés; c'esl là le nom qu'ils donnent aux vaillants coud)attanls de Christ. Voici ce que j'ai appris hier : le premier président (De Thou) , qui croit rendre un grand service aux nôtres s'il ne les condamne pas à mort, quelle que soit pour le reste la punition (ju'il leur iutlige, s'est entendu avec les domesliques du sieur James, et leur a dit, après avoir entendu leur confession, claire et libre : Ce n'est pas moi qui vous condamne, mais tel est l'ordre du roi que tous ceux qui persistent dans vos opinions soient brûlés , après avoir eu d'abord la langue arrachée. Le sieur James ne peut être guéri de sa maladie, néanmoins son âme est tranquille. J'ai tâché de lui faire reniellre la lettre de sa femme , par laquelle elle le prie de faire son testament , si jamais Hieu permettait qu'il fût traîné au supplice. Mais il n'a pu obtenir encore du geôlier la permission de toucher une plume ou du papier; telle est la rage de ce Cerbère envers les nôtres, rage que j'ai du reste assez éprouvée.

Voilà ce que j'avais à vous dire des captifs. Si ces nouvelles ne sonl pas conformes à celles de mes précédentes lettres , qui vous disaient que tout le monde semblait avoir les meilleures dispositions, ne m'accusez pas d'oubli ou d'irréflexion. Car souvent l'espoir qu'on a conçu des autres a trompé les enfants de Dieu, parce qu'ils voient tout sous un meilleur aspect. D'ailleurs, nous ne négligeons aucun moyen qui, avec l'aide de Dieu , pourrait consolider les faibles.

Tout ce que je puis vous écrire de nos affaires, c'est qu'elles sonl toujours dans le même état. Nos assemblées sonl peu nombreuses, à cause des menaces de l'ennemi el des espions qui, dit-on, observent dans les villages les lieux de nos réunions. Je

•Hamilton. comte d'Aran el duc de Chalelleraut , appelé coniniunémenl le sieur Gemmes.

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