‹ Précis de l'histoire de l'Église réformée de Paris d'après des documents en grande partie inéditsChapitre 90 sur 120 · XLVI PRECIS DR L HISTOIRE · texte numérisé non relu

XLVI PRECIS DR L HISTOIRE

voce ni tallor oppidum Picloniim (Lodiin) intelligis, sed in oppidum (Melun) quod inepte forsitan Melodunum vooaueram, idque errori tiio occasionem prœbuit. Ipse igitur reddam litteras Domino si concédât Deus, et eum quoad potero ad constantiam animabo. Nam ut spero mihi ad ipsum patebit aditus tanquam duci doraestico. Priusquam hœ litterae ad te perueniant, accipies niultas ipsius ad nos, ex quibus probe cognosces quid animi habeat. Nam intelligo non esse nunc in aula, sed ad fratrem qui Condaei grauiter agrotat abiisse. Dabo operam ut tuto tuœ illi reddantur litterœ simulatque reuersus fuero. Quod spectat ad id quodlitteristuisattexuisti,absit, Domine, ut inter istos motus cogitem de migratione. Nam ut omittam quot et quanlis mnrmuribus ac querelis obnoxius esset meus abitas, mea certe vocationis fides et conscientiae religio me coram Deo obstrictum tenet ne pedeni hinc dimoueam a statlone. Cum hactenus me conseruarit Dominus et quotidie suis alis mirabiliter protegat, an in nouo discrimine defugaturpiter cogitem? Quare non obliqué postulo, cum vobis charam vitam nostram esse scribo , ut me ex prsesenti periculo eripiatis, sed quemadmodum recte interpretaris, Domine, animi mei sensum familiariter apud te depono quasi tecum coram agerem. Cupio etiam maiore efïicacia preces vestras in cœlum ascendere dum alTecti metu nostro magis fortasse quam nos metipsi Deum pro nobis interpellatis. Quin etiam, Domine, cum jam diu veriti sint hic fratres, quibus me non ingratum esse sentio, ne statira a vobis reuocarer, dixi quidem me non esse mei juris, sed in vestra et senatus nostri potestate cui insiurandum dedi : pollicitus tamen sum sincère et ex animo me nunquam esse procuraturum apud vos ut reuocer, et quantum litteris a vobis et Dominis nostrisobtineant ut bic maneam, me niliil esse recusalurum. Nemini ambiguum est quam optatius sit in quiète agere, ubi omnia optime constituta sunt, quam in his locis ubi confusio extrema est, praeter periculum in quo assidue versamur. Sed quoniam mihi optio non datur a magistro, nec nostrum est eligere locum ubi'ipsi seruiamus, vestra authoritati quae mihi probus diuinae voluntatis testis erit, regendum me libenter permitto. Cum mihi veniendum fuit, etsi œgre ut homo a sinu tam florentis ecclesiae ab uxore et liberis, abste etiam imprimis diuellebar, sumraa tamen animi voluntate veni : hic etiam, utcumque turbulenta fuerint tempera, magna animi alacritate mansi, et in posterum didici vobis obtemperare quidquid praescribatis. Quum tamen ex re prsesenti vis me ipsum statuere quid expédiât, omnino fateri me necesse est fleri non posse ut nunc exeam sine graui totius gregis offensione, ut de damno nihil attingam quod alii melius indicent. Vale igitur mi pater, et vos fratres obseruandi et tum pro nobis orate. Collegas alias conueniam. 20 Junij 1558. Vobis obsequentissimus

Rachamus.

Traduction.

S. C'esl à temps que vos iellres m'ont été remises pendant que j'étais encore dans celle ville. Car déjîi j'étais prêt à partir sur l'avis des frères, non pour Juliodunum, dénomination qui désigne une ville du Poiiou (Loudun), mais pour Melun, que j'avais appelé maladroitement peut-être Melodunum, ce qui a donné lieu à votre erreur. Si Dieu m'en fait la grâce, je remettrai moi-même la lettre à Monseigneur (d'Andelol), et je

DE L KGIJSE REFORMEE DE PARIS. XF.VIl

l'exhorterai de loiiles mes forces à la constance. Car je compte obtenir la permission de lui parler, en me présentant comme étant de sa maison. Avant que vous receviez la présente , un bon nombre d'autres, qu'il nous a adressées, vous parviendront et vous feront connaître ses sentiments. Car je crois qu'il n'est point maintenant à la cnur, mais chez son frère, qui est gravement malade à Condé. J'aurai soin de lui remettre en toute sûreté vos lettres, dès que je serai de retour. Pour ce qui concerne le posi-scriptum de votre lettre, ne craignez pas. Monsieur, que je songe au départ au milieu de ces troubles. Car sans parler des murmures et des plaintes que soulèverait mon éloignement, la foi que j'ai en ma vocation et la voix de ma conscience me défendent devant Dieu d'abandonner ma place. Le Seigneur m'ayanl sauvé jusqu'ici et merveilleusement protégé sous ses ailes , songerais-je à une honteuse fuite quand un nouveau danger me menace? C'est pourquoi, quand je vous écris que noire vie vous est chère, je ne fais pas une demande indirecte, pour que vous nous retiriez du présent péril ; mais comme vous l'avez très-bien compris. Monsieur, je vous confie amicalement les sentiments de mon àme comme si j'étais avec vous. Je désire aussi que le ciel daigne rendre plus efficaces vos prières, puisque, souffrant de notre frayeur, vous le suppliez pour nous plus que nous ne le faisons peut-être nous-mêmes. Et comme les lidèles de ce lieu, qui paraissent m'aimer, exprimaient la crainte que je ne fusse trop tôt rappelé par vous, je leur ai dit que je ne m'appartenais pas, mais que je dépendais de vous et de votre sénat, auquel j'ai prêté serment : je leur ai promis cependant avec toute la sincérité possible, que je ne demanderais jamais auprès de vous mon rappel; que j'étais prêt a me soumettre à tout ce que leur lettre obtiendrait auprès de vous et auprès de nos seigneurs pour me faire rester. Personne n'ignore combien il serait plus agréable de vivre tranquillement dans une ville où règne le plus grand ordre, que dans un endroit où règne la plus grande confusion, sans parler des périls auxquels nous sommes constamment exposés. Mais parce que le Maître ne me laisse pas le choix , et qu'il ne nous permet pas de désigner la place où nous voulons le servir, je me soumets et j'obéis à votre autorité, qui pour moi est la volonté divine, r^orsque je reçus l'ordre de parlir, j'ai obéi de tout mon cœur, quoiqu'il me fût pénible de quitter une Eglise aussi florissante, une femme et des enfants, et surtout vous : je suis resté ici , le cœur joyeux au milieu des malheurs de notre époque , et j'ai appris a vous obéir dans tous vos ordres. Mais comme vous voulez que je vous dise quel serait le meilleur parti ;\ prendre, je dois vous avouer que je ne puis parlir sans offenser gravement tout le troupeau, sans parler du dommage que d'autres vous indiqueront mieux que moi. Adieu, mon père, et vous tous, chers frères, et priez pour nous. Je vais trouver mes autres collègues.

20 juin 1358. Voire dévoué

Rachamus.

{Même suscripti07i.) S. Litteris quas proxime de disigiilficaui vobis de Guerino, de inquisitoribus, de Andeloto et noniillis aliis. Ab eo tenipore hortatiis suni Andelotiim per litteras quibus respondit ut videbis exemplar, simul cum exemplari litlerarum quas scripsit ad Regem, in quibus pennulta nobis valde displicent. Me luiseruiu! an is de quo triumphabamus concidet, ut omnibus modis nos huniiliet Dominus? Misimus Lestraeum cum litteris quarum etiam primum exemplar ad le niitto ut intelligas nibil prœtermitti a nobis quod ad ipsius confirmationcm pertineat. Dampetrieuni misimus adRantignicam quum vir eius profectus fuerat incastra, ut aliquid certi de illa nobis referret. Scribit illa proptersermonem qiiem habuit cum Dampelrœo sibi melius esse quam antea, non nibil spei se babere de vire; cum vi sublata

Page 1