LXII PRECIS DE L HISTOIRE
periculosissimi contra innoxios, tardiores sumus ad credenduni. Hsec sunt in manu et arbifrio Dei nostri. Interea ipse, quidquid tandem statiiatur, non negligel continuos siioriini gemitus, et gigantuni superbiam aliqiiando retiindet. iNani ausi sunt in tantis turbis, cuni Dominus manus sustulit ad ipsos percutiendos, contra civitatem nostrani conspirare. Ac si pax fiât polliciti sunt vicino duci qui aliquid juris in nos praetendit, milites jam ad bellum accinctos, ut expugnet matrem et fautricem (ut aiunt) omnium errorum. Rogabis unde resciscam. Cogita multos illustres viros nobis favere, et quid proclivius est quam istos caeco impetu in perniciem suara ruere? Mirum etiam est, ut primus isto tyranmidis papisticte satelles jactat se numerum et nomina pastorum hujus gregis tenere , et sibi remedium esse in manu si bellum ipsos non abstrahat. Riverius scribit iter suum valde fructuosum fore. Gaspar etiam Aureliis suggestum conscendit absque alba tunica. Videbis ex litteris ministri quas ad te mitto quid consecutum sit. Pro certo habetur Neraci in ditione Narvarr. imagines esse confractas. Frater, quem aegrotare scribebam, melius est quam antea ut renunciat qui heri ipsum invisit. Jammaeus residet Turonibus donec recreatus sit, in niorbum enim illic inciderat. Ego valeo si vales mi pater et Domine, et precor inprimis Dominum nostrum Jesum Cliristum ut te conservet ecclesiae suae.
Lutetiœ, 13 Maij.
Tibi obsequentissimus filius
lo. Rach.
Traduction.
S. Monsieur, comme je devais écrire à notre frère Enoc , je voulais lui écrire aussi quelque chose au sujet de Le Mercier et de quelques autres, pour qu'il vous le communiquât. Mais parce que le messager est resté deux jours plus longtemps qu'il n'en avait eu l'inlenlion, je vous fais connaître ce qui m'a été annoncé hier par un homme très-distingué et digne de foi. Le cardinal de Lorraine est parti pour Péronne et de là pour Cambrai, où doivent se réunir les ambassadeurs des deux nations pour traiter de la paix. Déjà le roi Philippe accède saus contestation aux stipulations du roi ; il nous reste à accepter les conditions qu'il nous propose. On dit que le cardinal est tellement désireux de la paix, qu'il ne refuse rien, aûn de calmer le peuple qu'il a irrité contre lui parce qu'il avait rompu la trêve. Quant au roi, il cédera sans diUQcullé ses droits, rien que pour s'enivrer tranquillement et en sécurité dans le repos et dans l'oisiveté, qu'il recherche uniquement. Tous ont donc l'espoir de voir revenir le cardinal apporter ou la paix ou du moins la trêve. .Mais ce qu'on désire, on !e croit facilement. Quant à nous, qui craignons que cette paix ne soit le commencement d'une guerre acharnée contre les innocents, nous sommes plus lents à y ajouter foi. Mais tout ceci dépend de la main et de la volonté de notre Dieu. En attendant, quoi qu'il ail pu résoudre à notre égard, il n'oubliera pas les gémissements des siens et il humiliera l'orgueil des géants. Car au milieu de ces troubles, alors même que Dieu levait la main pour les frapper eux-mêmes, ils ont osé conspirer contre noire ville. Dès que la paix sera conclue, ils ont promis au duc voisin (Savoie), qui prétend avoir quelques droits sur nous, de lui envoyer des guerriers tout armés pour exterminer celte mère et ce foyer (comme ils diseni) de louies les erreurs. Vous me demandez d'où j'ai toutes ces nouvelles? Songez que des hommes haut placés nous favorisent et que rien n'est plus commun que de les voir se précipiter à leur perte par une attaque aveugle. Il est élonnant aussi d'entendre ce défenseur de la tyrannie du pape se vanter qu'il connaît le nombre et les noms des pasteurs de ce troupeau, et qu'il a un moyen de les faire revenir, si la guerre ne les convertit pas. .\J. de la Rivière écrit que sou voyage porte beaucoup de fruits. Gaspar (Carmel) monte en chaire à Orléans, même sans aube. Vous verrez vous-même dans la lettre du pasteur, lettre que je vous envoie, quel résultat il a obtenu. Il paraît certain qu'à Nérac , dans le