‹ Précis de l'histoire de l'Église réformée de Paris d'après des documents en grande partie inéditsChapitre 98 sur 120 · DE L ÉGLISE REFORMEE DE PARIS. MX · texte numérisé non relu

DE L ÉGLISE REFORMEE DE PARIS. MX

exitum iiarrabam puto vobis esse redditas. Quod nuiitias de obitu Segurani nobis peracerbum fuit eo quod magnum in ejus morte detrimentum Ecclesia accepit. Sincero enim studio incumbebat ad amplianduni Christi regnum. Tum gratissinius erat Dieppensibus, quibus jam que modo prospiciatur nescio. Non enim facile recuperet qui et velint et possint boni pastoris obire munus. Rhotomagensis frater ipsos invisita discessu Segurani. Eum monebo, ubi convaluerit, ut rursus, ubi feret commoditas, illos adeat et consoletur detque operam ne grex dissipetur. Interea si Dominus ipsos diligat alicunde ipsis auxilium accerset. Nos quideni hodie destituti sumus idoneis hominibus. Quir) etiam Trecenses a nobis unum exigunt, monuimus ut ad vos recurrant. Idem fratri Navarreni, quamvis mihi compertum sit prope jam exhaustam esse scholam vestram, quse alioqui fere unicum est ad gignendos pios doctores seminarium. Rsemondo atque Espinio gratulor quod ex sepulcro erepti vires paulatim colligant. Bergorao decumbenti idem precor. Bezam, utcunque se res habeant, fore nostrum, mirum in modum gaudeo. lammaei peccatum sic damnabimus ne crescat offensio. Farelli levitas mœrorem nobis adferet, cachinnum plerisque movebit. Ipsi misero si semei rei infamiam videat, mortem accelerabit. Quare senilis infirmitas consolatione tua magis indiget, quam acri castigatione quœ miserum in latebras impelleret.

Quod scribis de mittendo mox successore etsi Isetus hoc verbum audio ut nihii apud vos dissimulem , nihil tamen vos privato meo nomine velim decernere. Tenetis statum Ecclesiae nostrae cum ex meis litteris tum etiam ex serraone praesentis Riverii. Dispicite vos quod expédiât. Fratribus enim qui Iiic sunt hoc curse est ut me retineant, ego vero implicatus teneor, toi me curse et cogitationes diverse trahunt quas vix possura exprimere. Cum autem nihil ex meo iudicio velim aggredi, authoritas vestra mihi dux erit ad omnia. In verbo quidem non praecipitur nobis sigillatim ut hoc vel illud agamus, experientia tamen didici nihil esse leviter suspiciendum, cujus ratio nobis non constet, petita ex verbo Dei. Nam tametsi non révélât nobis Dominus expressisverbis quantisper quoque in loco manendum sit, perspicue tamen ex bis quse quotidie accidunt, modum et ordinem in omni re priescribit. Hue pertinet quod memini te olim Domine ad me scripsisse , vos de me revocando non ante deliberaturos quam appareat manum mihi a Domino porrigi : porrectionem illam manus intelligo certa esse tesliraonia divinœ voluntatis, ex quibus facile colligi possit ab ipso mihi potestatem fieri ad vos redeundi, etquodaramodo fores aperiri. Vestrum jam est sine me pronuntiare qui oculatlores estis praesertim in raea causa, an hoc tempore manum mihi Deus porrigat, ui quicquid tentem, in vestrae authoritatis arbitrio conscientia mea recumbat, ac in vestro iudicio certitudinem mese vocationis in mansione vel missione habeam. Quietus interea manebo, Deo concedente, et animum meum obfirmabo ad omnia quaecumque volet Dominus, nec ullum periculum extimescam modo plena fidei scientia mihi exploratum sit, me ambulare in viis Domini mei. De pace sive induciis nihil adhuc possum ad vos perscribere pryeter rumores. Lt ipsam concederet Deus. public;€ supplicationes hic nuper institutae sunt, quibus scilicet aperte , prout lux Evangelii affulsit, bellum pro Deo denuntiatur. lam audiuntur minœ incredibiles. Rochœi frater nunc e castris

LX "o^ECIS DE L HISTOIRE

rediens certis authoribus comperit multorum illustriuni virorum nomina in catalogua Cardin, iiaberi, quorum statim bonain publicum addicantur,ac inter ipsos se imprimis et fratrem relatum esse. Attollit etiam caput liujusce urbis populus qui hactenus de eventu belli nonnihil timuit, Sed Dominus cœli et terrae non sedet otiosus, et parvis momentis magnas ssepenumero rerum commutationes efficit, ut cum homines pacem sibi et securitatem promiserint, repentinus superveniat interitus. Dominus suis alis protegat Ecclesiam suam quam in omnibus Galliae partibus collegit, et quia nunc in extremo periculo versatur, bracchium suum exerat ad conterendos hostes eius.

Valete, reverendissimi Domini et charissimi fratres.

•15 Octobris 1558.'Lutetiœ.

CoUegse mei vos reverenter salutant.

Vobis obsequentissimus lo. Rachambs.

Traduction.

S. Monsieur, comme dans voire lettre vous ne faites aucune mention de l'argent que nous avons remis naguère à un marcliaud pour vos pauvres , je crains que vous ne l'ayez pas reçu. Quoique je n'aie pas de raison pour concevoir le moindre soupçon de cet homme , je désire cependant savoir si vous avez reçu cet argent, non tant pour justifier ma fidélité auprès des autres, que pour savoir s'il n'est pas arrivé de malheur à cet homme pieux. Je m'élonue qu'il n'ait pas terminé son voyage eu 17 jours, nous ayant dit qu'il irait directement chez vous: car j'ai compté le nombre de jours. Je pense que vous avez reçu la lettre dans laquelle je vous ai annoncé l'issue de l'affaire de du Buis. La nouvelle de la mort de Segur nous a bien peiné , parce que l'Eglise a fait en lui une grande perle, car il travaillait avec toute la sincérité de son âme à l'avancement du royaume de Christ ; je ne sais guère comment il pourra être remplacé auprès de son troupeau à Dieppe , qui l'aimait tant. Il n'est pas facile de trouver des hommes qui veuillent et qui puissent y remplir les fonctions d'un bon pasteur. Notre frère de Rouen les a visités depuis le départ de Segur; je l'exhorterai, quand il sera remis, à les visiter de nouveau dès qu'il le pourra , et à les consoler , et à prendre soin du troupeau pour qu'il ne se disperse pas. Toutefois, si le Seigneur les aime, il leur portera du secours. Quant à nous, nous manquons en ce moment d'hommes capables. En outre, ceux de Troyes nous ayant demandé un prédicateur, nous leur avons signifié de s'adresser à vous; nous avons dit la même chose au frère du roi de Navarri-, quoique je sache que votre école soit presque épuisée, et cependant elle est le seul séminaire capable de fournir des hommes pieux et savants Je félicite MM. de Raimond et d'Espine de ce que, sortant pour ainsi dire du sépulcre , ils reprennent peu à peu leurs forces. Quant à M. de Bergame , encore malade , je ne puis que prier pour lui. Je me réjouis fort de ce que M. de Bèze devienne le nôtre, quel que soit l'état des affaires. Quant à la faute de M. Gemmes, nous l'avons punie de manière qu'il ne puisse pas en résulter (lu scandale. La légèreté de Farel a attristé les uns et fera rire les autres. Le malheureux, quand il connaîtra lui-même l'incongruité de la chose, hâtera sa mort. C'est pourquoi il faut plutôt consoler cette faible vieillesse que la pousser dans l'abîme par un châtiment trop sévère.

Vous écrivez que vous voulez bientôt envoyer mon successeur; mais quoique la nouvelle me soit très-agréable , pour ne rien vous cacher, je n'aimerais cependant pas que vous décidiez de ma personne en particulier. Vous connaissez l'état de notre Eglise, tant par mes lettres que par l'exposé de M. de la Rivière , qui en ce moiuent est auprès de vous. Examinez quel serait le meilleur parti. Les, frères de ce pays tiennent à me garder; quant à moi , je suis dans nu cruel embarras, et tant de soucis et de réflexions me tourmentent , qu'il me serait difficile de les énumérer tous. Mais comme je ne veux rien faire à ma propre guise, votre autorité me guidera en tout. Sans doute la parole de Dieu ne nous prescrit pas particulièrement de faire telle ou

DE l'Église réformée de paris. lxi

telle chose ; mais l'expérience m'a appris qu'il ne fallait rien entreprendre à la légère, sans avoir consulté la parole de Dieu. Car quoique le Seigneur ne nous révèle pas en termes précis combien de temps il faul rester en chaque endroit, les événements de chaque jour nous indiquent cependant notre ligne de conduite. C'est à cela que se rapporte ce que je me souviens avoir lu dans une de vos lettres, que vous ne délibérerez pas sur mon rappel, avant que vous n'ayez vu que le Seigneur lui-même me tend les mains. S'il me tend cette main, ce sera pour moi une preuve certaine que Dieu lui-même me permet de retourner auprès de vous et qu'il facilitera mon départ. C'est à vous, qui voyez plus clair que moi-même dans mes affaires, qu'il appartient de prendre une décision à mon sujet, et de voir si c'est la le moment où Dieu me tend la main, afin que, quoi que j'entreprenne, ma conscience puisse s'en rapporter a la décision de votre autorité , et que , grâce à votre jugement, je puisse me lier à ma vocation, que je reste ou que je parle. En attendant , je resterai ici tout tranquille avec la grâce de Dieu , et je m'armerai de courage pour tout ce que le Seigneur me destine, sans craindre aucun péril, afin de me convaincre que je marche dans la voie du Seigneur. Je ne puis rien vous écrire de la paix ou de la trêve ; car ce ne sont que de vains bruits. On a institué des prières publiques, alin que Dieu nous l'accorde; mais dans ces prières on proclame ouvertement la guerre sainte partout où la lumière de l'Evangile s'est fait jour. Dès maintenant on entend des menaces horribles. Le frère de M. de /a floche, revenant du camp, a annoncé qu'il savait de bonne source que le cardinal (de Lorraine) avait pris note d'une foule de noms des plus illustres citoyens, dont on confisquerait les biens, et que lui et son frère étaient les premiers portés sur la liste. Le peuple de cette ville lève aussi la tête, quoique l'issue de la guerre lui cause quelque inquiétude. Mais le Dieu du ciel et de la terre ne reste pas oisif, et en peu de moments il a fait quelquefois les plus grands changements , de sorte que quand les hommes ont espéré la paix et la sécurité, il est survenu tout à coup un désastre imprévu. Le Seigneur prend sous ses ailes l'Eglise qu'il a réuni dans toutes les parties de la France, et parce qu'elle est exposée aux plus grands dangers , le Seigneur étendra son bras pour écraser ses ennemis.

Adieu , vénérables et chers frères.

15 octobre 1558. Paris.

Mes collègues vous saluent tous respectueusement.

Votre tout dévoué Jo. Rachamus.

Les lettres qui suivent ne portent pas d'indication d'année, mais paraissent être antérieures aux précédentes et appartenir à l'an 1558.

S. Domine, ciini mihi rescribenduin esset ad fratreiii Enocum, scripseram siraul de Mercero etquibusdani aliis quae tibi communicaret, sed qiioniam tabellarius biduo plus niansit quaiii existiiuabat, significabo tibi quod hesterno die mihi nuntiatum est a viro insigni et minime garrulo. Cardi. profectus est Peronam, et inde Cameracura, in quod oppidum convenire debent legati utriusque partis ut de pace conférant. lam capita quae Rex obtulit Philippus sine controversia concedit. Restât ut quas ipse nobis imponit conditiones accipiamus. Card. feront adeo studiosura pacis esse, ut populum sibi ob ruptas inducias offensum placet, et nihil sit recusaturus. Rex autem jam quietis et otii percupidus, ut in suis deliciis secure inebrietur, non gravate cedet de jure suo. Ita omnes in spem veniunt Card. secum pacem vel saltem inducias esse relaturum. Verum quod quisque vult facile crédit. Nos autem qui pertimescimus ne pax occasio sit belli

Page 1