TROUBADOURS
Bernard de Ventadolr, troubadour du XII^ siècle, était fils d'un domestique de la famille de Ventadour, d'où lui est venue la qualification ajoutée à son nom. Il fut admis dans la société des grands à cause de ses talents en poésie et en musique. La plupart de ses poésies sont adressées à la belle Agnès de Monlluçon, vicomtesse de Venladour, ainsi qu'à Eléonore de Guyenne, devenue en 1152 duchesse de Noimandie, après avoir été reine de France et répudiée par Louis VIL On a conservé
environ cinqnanio chansons manuscriles de ce Iroiibadour, et seize ont leurs mélodies notées.
Glillaimk Rai.nols, poète satirique, naquit à Apt dans le comté de Forcalquier. a In don naturel, plus précieux que celui de la saliie, dit le biographe provençal, contribuait à ses succès, c'était celui de la musique; jamais il ne publiait un sirvente, (|u'il ne le chantait sur un air nouveau et de sa composition fe si foz a toz sos sirventes sons nous.) »
Cadeneï, né à Cadenet, bourg situé à trois lieues d'Aix, sur la rive droite de la Durance, vers les années 1156 ou 1 157. Son nom était Elias.
On possède environ 80 pièces de Cadenet ; M. Raynouard en a publié six.
Guillaume Figuières. Ce troubadour naquit à Toulouse, vers la fin du XII'' siècle. Quand cette ville tomba au pouvoir des Français, il suivit la colonie des troubadours qui se réfugiaient dans la Lombardie; (e quant U Fronces agron Tolosn, el s en venc en Lomhardia). Milan ayant fermé ses portes à l'empereur Frédéric II, Figuières publia un sirvente contre celle ville; ce sirvente offre un nouvel exemple de l'emploi de la langue provençale dans les chants populaiies de l'Italie au XIIF siècle.
Dans un sirvente en l'honneur de l'empereur Frédéric II : « que Dieu, dit- il, lui conserve toutes ses posse.ssions, el à moi, Figuières, la joie que me donnent mes amis et mes amies. »
(Lo sans Dieu li rjart tota sa mamntia, e a mi don dreus gaug d'ami e d'amia.J
M. Villemain (Cours de littérature) a rendu hommage au talent du troubad )ur Ciuillaume de Figuières; el le Tassoni, dans ses commentaires sur Pétrarq\ie, cite en plusieurs endroits des vers de ce poète.
Rv.MBAUD DE Vachères OU de Vaqueiras, naquit entre les années 1153 et IIGO au comtat de Venaissin. On cite particulièrement de ce troubadour les stances sur la mort de Réatrix de Monferral.
Rambaud p;irli( en 1202 pour la croisade av(;c le marquis de Monferrat, époux de Réatrix.
Almeric de Péguilal\ ou de Pingalan. Ce troubadour arriva en Italie vers 1201, chez Honiface Fil, à Monferral. I/Ilalie supérieure était alors occupée des préparatifs de la croisade de 1232, dont Roniface devait être le chef.
Pélranpie a fait mention d'Aiiueric dans le 4""' chant d(î son Triomphi d'amorc (Triomphe de l'auiour), lorsqu'il déj)einl, à la suite du char sur
lequel est monté le jeune dieu, les poètes qui ont le plus dignement honoré son culte : « Je vis Pindare, Anacréon, Virgile, Ovide, Tibulle; ensuite, parmi les nombreux troubadours je vis à leur tête Arnaud Daniel, grand maître en amour, Rambaud de Vaqueiras, Aimeric de Péguilain, Bernard de Ventadour, Anselme Faidit. »
(Amerigo, Bernardo, Ugo et Anseîmo, E mille altri ne vidi a cui la lingua Lancia e spada fu sempre e scudo et elmo.)
Le fragment suivant en langue provençale est extrait d'une complainte qu'Aimeric de Péguilain composa sur la mort de Béatrix d'Esté, femme de son bienfiiiteur, le marquis Guillaume de Malaspina; nous le donnons accompagné de la traduction libre, d'après M. Emeric David :
Qu'el siens solatz era gajs e chaurilz, E l'aculhir de bien siatz vengutz E SOS parlars fis et aperceubulz, E'I respondre plazens et abelhitz, E sos esgars dans un pauc en rizen, De lolz bos ajps avia mais ab se Qu'autra del mon e de beutat socre (').