‹ Précis de l'histoire de la musique, depuis les temps les plus reculés; suivi de notices sur un grand nombre d'écrivains didactiques et théoriciens de l'art musicalChapitre 36 sur 62 · CHAPITRE XXI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXI

ALLEMAGNE

Fondateurs de l'école allemande. — Musique dramatique. Nolice sur les premiers compositeurs allemands qui se sont illustrés dans ce genre. — Hundcl. Ses opéras et ses oratorios. Liste de ses œuvres. Les biographes de Hundel. — Compositeurs qui ont écrit pour la scène en Allemagne dans le cours du XFIII' siècle. — Mozart. Transformation complète de la musique dramatique en Allemagne. — Don Juan. Quelques particidarités historiques concernant cette œuvre sublime.

— Lettre de Haydn. — Liste des ouvrages de Mozart. Musique retouchée par lui.

— Les biographes de Mozart.

On considère Paul Hofhaimer, Henri Isaak, Henri Finck, Louis Senfel, Etienne Mahu, Thomas Stoizer el Benoît d'Appenzel, habiles musiciens des XV« et XVP siècles, comme les fondateurs de l'ancienne école allemande; les productions de la plii{)art d'entre-enx consistent en mélodies chorales, chants allemands, français, flamands el latins à plusieurs voix, el des musiques d'église. Au commencement du XVH^ siècle, l'école allemande, sous le rapport de l'harmonie, fut consolidée par Adam Gumpelzhaimer. Chrétien Erbach, Jean-Léon Hasler, élève de Jean Cahrieli, de Venise; Martin llolhe, Melchior Franck, Jérôme el Michel Praitorius

(Schulz), compositeurs d'un (aient remarquable, et dont un grand nombre d'ouvrages ont été publiés. Parmi les compositions de Michel Praetoriuson remarque entre antre celle intitulée : Pohjliymnia JJI panegyrica, c'està-dire, chants de paix et de joie pour les concerts à 1, 2, 3, jusqu'à 24 voix, pour 2, 3, 4, 5 et 6 chœurs, avec trompettes et basse continue l)our l'orgue (Francfort cl Leipzig, 1602), et puis un Te Devm à 16 voix (Hambourg, 1613).

L'origine du drame-lyrique en Allemagne date aussi du XYIP siècle. En 1627, Henri Schutz, dont le nom est Sagitarius (archet), élève de Jean Gabriel!, de Venise, mit en musique Daphné, de Rinuccini, traduction allemande du célèbre poète Opilz; celte pièce fut représentée à la cour de Dresde, aux noces de la sœur de l'électeur de Saxe, Georges l", avec le landgrave de Hesse(').

Il n'est plus question alors d'ouvrages lyriques nationaux dans l'histoire du théâtre allemand avant 1 670 : celle année, la nouvelle salle de speclacle de Hambourg fut inaugurée par un opéra biblique (sorle de mystère) du poète Richtcr, musique de Theile, élève de Scbulz; en même temps, d'autres musiciens, tels que Nicolas Strungk, directeur de la musique de ce théâtre, qui fut un des plus célèbres violonistes de l'Allemagne, et Jean-Wolfgang Franck, y firent représenter plusieurs ouvrages; ensuite Phili|)pe Foertsch, poète, compositeur, médecin, écrivit de 1684 à 1690 quelques opéras, paroles et musique, dans lesquels il joua lui-même un rôle. Les annales du théâtre de Hambourg mentionnent encore un nommé Bronner, organiste de l'église du Saint-Esprit de celle ville, comme auteur de la musique d'Écho et Narcisse, opéra de Bressanl, alors le librettiste le plus renommé de l'Allemagne, et qui mit plus d'ordre et de régularité dans ces sortes de productions.

Écho et Narcisse fut représenté en 1693; le poème en est dédié à la célèbre comtesse Aurore de Kœnigsmark, poète et musicienne des plus distinguées, et la plus belle personne de son temps.

(i) L'empereur d'Autriclie FcrdinaïKl lll, luorl en IGoT, peut tiguror ogalenient au nombre des plus anciens compositeurs dramatiques allemands ; on a conserve de ce monarque la partition d'une espèce d'opéra, intitulé : Drama miisicum compositum ab migitstissinio FcrcUnando II!, lUnvtinorum impcratore, etc. (Drame musical, composé par le très-augnslc P'erdinand III. empereur des Romains, etc.) Le texte est écrit en italien. Le chant de ce drame est accompagné par denx violons, une basse de viole et une contrebasse.

Le drame-lyrique on Allemagne dùl son premier déveiopponiiMit au génie du célèbre Reinard Keiser; en 1692 il écrivit pour la cour de Wolfenbulel (duché de Brunswick) la musique de la pastorale d'ismène, et l'année suivante de l'opéra Basilius; ce dernier ouvrage (pu obtint ensuite un brillant succès au théâtre de Hambourg, surpassait pour la nouveaulc des idées ot l'originalité des formes tout ce qui s'était fait auparavant, car jusqu'alors, l'opéra allemand avait emprunté son slvle à la musique française et italienne.

Reinard Keiser naquit vers 1631 dans un village situé entre Weisenfels et Leipzig. Il fut pendant quarante ans compositeur du théâtre de Hambourg , et dans celte espace de temps, écrivit plus de cent seize opéras et une quantité prodigieuse de musique d'église. Handel, Hasse et Charles- Henri Graun se sont en partie formés à la lecture des œuvres de Keiser. Malheson, Scheibe, Teleman, Burney et le maitre-de-chapelle Reichardt ont écrit des articles enthousiastes sur les ouvrages de ce compositeur.

Au milieu des succès de Reinard Keiser, une autre gloire de l'école allemande : Georges-Frédéric Handel, né à Halle, en Saxe, dans l'année 1684, vint à son tour illustrer la scène nationale de Hambourg par son premier opéra J /mira, représenté le 8 janvier 1703. Cet ouvrage reçut un accueil des plus enthousiastes, et la réputation de Handel s'étendit bientôt dans l'Europe entière. Après de fréipienis voyages dans des pays lointains, ce grand maître se fixa définitivement en Angleterre, et continua d'écrire pour la scène jusqu'en 1740, époque à laquelle il consacra désormais son génie à la composition de pièces instrumentales, de musiques d'église, et principalement d'oratorios : conceptions grandioses, dont les chœurs seuls, admirables par l'élévation et la majesté des idées, ont su rendre son nom immortel. Les oratorios de Handel, composés antérieurement à 1740, sont:// Triomfo ciel tempo (Florence, 1707); La Risurrezione {La Rcsurrection), datée de Rome du 4 avril 1708, et ceux de Débora, d'Esther, d'Israël en Efjyptc, d'Athalie, écrits en Angleterre, de 1733 à 1740.

C'est à Handel que l'on doit l'iiitrotluction en Angleterre de ces belles séances de musique sacrée, inaugurées à (lovent (iarden en 1740, par son oratorio SaiiL I/année suivante on y entendit le Messie, considéré comme son œuvre capitale.

Le catalogue des œuvres de llatidel se compose de 51 ouvrages diamaliques (opéras el pastorales), -23 oratorios, un grand nombre de motets, messes, antiennes, psaumes et autres musiques d'église, parmi lesquelles on remarque le Te Deum (en ré) , composé pour la paix d'Ltrecht, et qui fut exécuté à Sl-Paul, en 1714; celui à quatre voix et orchestre, connu sous le nom de Te Deum de Dettlngen, parce qu'il a été écrit à l'occasion de la bataille de Dettingen, en 1743; le grand Jubilate, précédé et suivi de symphonies, pour la même circonstance; des concertos el des symphonies concertantes pour divers instruments; des cantates, des duos, des pièces d'orgue et de clavecin; dix-huit concertos d'orgue, composés exprès pour ses oratorios ; Hândel exécutait ordinairement un de ces concertos avant le chœur final, car, après Jean-Sébastien Bach, on le considérait comme le plus grand organiste de son temps.

La vie et les ouvrages de Hândel ont fourni matière à beaucoup de notices biographiques ; les principales sont celles publiées par Malheson, Hiller, Walther, Heider, Reichardt, fla\\kins, Burney, Krause, Milde, el puis ime biographie publiée à Londres en 1784, sous la direction de Smilh, élève de Hândel.

M. Frédéric Chrysander, amateur de musique à Schwerin, a organisé une association à Leipzig, pour la publication d'une édition nouvelle et complète des œuvres de Hândel, et à celte occasion il a écrit et publié une monographie de la vie et des œuvres de ce maître, sous le litre laconique de : G. -F. Hândel. Le premier volume a paru à Leipzig en 1858.

Le tombeau de Hândel est placé entre ceux de Shakspeare et de New- Ion, dans la célèbre abbaye de Westminster; l'anniversaire de sa mort y fui célébré en 1784, 1783, 1786 el 1787, dans des concerts composés d'un nombre considérable de chanteurs et d'instrumentistes, el la musique que portait le programme de ces concerts, était choisie dans les œuvres de Hândel.

(Pour la description de ces fêtes musicales, voyez Burney : Account of tlie musical performance in commémoration of Hdndel {Notice de l'exécution musicale, en mémoire de Hdndel).

Depuis cette époque les Hândel- festivals ont pris en Angleterre un développement fabuleux; celui qui vient d'avoir lieu les 23, 25 et 27 juin 18G2 ne comptait pas moins de 5,000 exécutants chanteurs et

irislrumenlisles réunis. On y a eséculé le Messie cl dos fragments (l'aulrcs oraloiios de Hândel.

Dans le cours du XVIII^ siècle, les compositeurs Charles-Henri Graun, maître -de- chapelle du roi de Prusse, Frédéric II; liasse, Jean-Frédéric Agricola('), Cleorges Benda, Chrétien Bach, Gusmann, Jean-Frédéric Reichardt, Mvsliweseck, Diltcrs de Dittersdorf, écrivirent pour la scène avec succès, jusqu'au moment où Mozart, avec son Idomeneo, ouvrit une route entièrement nouvelle à la musique dramatique.

V Idomeneo est considéré par M. Fétis , comme une transformation complète de l'art; comme une création originale des formes et des moyens de toute la musique dramatique venue après lui, et dont le caractère ne rappelle ni la musique italienne, ni la musique allemande formée sous l'iiifinonce de celle-ci par Graun, liasse et Benda, ni le st3le français, enfin, ni la modification de ce style par Gluck. Mozart lire tout de son propre fonds, et son ouvrage devient le type d'une musique aussi nouvelle dans son expression, dans la disposition de sa phrase, dans la variété des développements de l'idée principale, que dans la modulation et rinslrumentalion, etc.

La transformation du drame-lyrique commencée par VIdomeneo, fut complétée par Le Nozze di Figaro, et surtout le Don Giovani, création merveilleuse dans laquelle Mozart a versé les plus beaux trésors de son génie.

Une notice de M. Viardol-Garcia sur un manuscrit aulhographe de Don Juan, nous fournit les particularités suivantes :

« On sait que le Don Giovani fut chanté pour la première fois sur le » théâtre italien de Prague le 16 octobre 1787. Mozart était arrivé la » veille de la première représentation, sans avoir écrit l'ouverture, et » peut-être n'en voulait-il pas écrire ; mais ses amis, ainsi que les chan-

(i) Frédéric II, dit le Grand, roi de Prusse, musicien, poète et littérateur, montrait pour les compositions de Graun, Hasse et Agricola une préférence exceptionnelle. Ce grand prince ne dédaignait pas déjouer de la flûte et possédait sur cet instrument un talent de premier ordre. Dans ses concerts quotidiens de Sanssonci, il exécutait régulièrement ses trois concertos, composés exprès pour lui par son professeur, le célèbre flûtiste Quant/.. (Voyez ce nom dans les notices.)

Quantz écrivit pour le service de Frédéric II, près de trois cents concertos de flûte avec accompagnement d'orchestre, plus de deux cents morceaux à flûte seule, ainsi que des quatuors, trios, etc.

» leurs le pressèrent décéder à l'usage, le 1o au soir, il s'enferma dans sa » chambre d'auberge, se fit allumer un bol de punch, et pria sa femme » de l'amuser avec des conles de fée. Il élail enfant comme notre Lafon-

» taine :

» Si peau d'âne m'était conté,

» J'y prendrais un plaisir extrême.

» Mais bientôt la Muse venant à soufïler, il congédia sa femme, déposa » son verre, éteignit sa pipe, et tout d'un trait, d'une haleine, sans hési- » talion, sans corrections, sans retouche, il écrivit l'ouverture du commen- » cernent à la fin. On voit aisément sur le manuscrit, qui est d'une seule » encre, d'une seule plume, d'une seule écriture hâtive et comme em- » portée, avec quelle rapidité incrovable il conçut et jeta sur le papier cette » puissante symphonie. Ainsi faite pendant la nuit, l'ouverture fut tirée » en parties dans la journée du lendemain et jouée le soir sur des par- » lies encore humides, à première vue, sans aucune répétition. »

Lorsque Don Juan fut représenté à Vienne, en 1788, Mozart ajouta à la partition quatre morceaux : 1° L'air de Leporello au second acte, Ah ! pieta signori mici ! 2'' Le duo entre Leporello et Zerlina, Per questo tue manine. 3° L'air de Dona Elvira, Mi tradi queW aima ingrato. 4° Celui de Don Ottavio, Délia sua pace.

Une lettre de Haydn concernant Mozart nous a été conservée; elle est adressée sous la date de 1787 à un de ses amis de Prague. On en trouve la traduction suivante dans la Nouvelle Biographie de Mozart par M. Oulibichef :

« Vous me demandez un opéra bouffe; bien volontiers, si vous dési- » rez avoir pour vous seul quelqu'une de mes compositions vocales; mais » si votre intention était de faire jouer cet opéra sur le théâtre de Prague, » je ne pourrais vous servir à souhait, par la raison que mes opéras sont » trop étroitement mesurés au personnel de notre troupe (celle du » prince Esterhazy) pour produire ailleurs l'effet que j'ai calculé sur les » localités. Autre chose serait, si j'avais à composer un nouveau livret » pour le théâtre de votre ville ; dans ce cas même j'aurais encore beau- » coup à risquer, attendu que le grand Mozart ne saurait avoir de con- » current. Oh ! s'il m'était possible d'imprimer les inimitables productions » de Mozart dans l'âme des amateurs, et surtout des grands, avec celte » intelligence musicale, celle force et cette profondeur de sentiment qui

» nie les fait comprendre à moi el sentir en entier, bientùl les nations se » disputeraient un tel trésor. »

ŒUVRES OE «OZAUT.

Musique dramatique. — 1" 4 ballets et pantomimes; 2° Musique pour une comédie latine intitulée : Apollon et Hi/acini/ie, composée en 1767 à làge de onze ans, pour l'université de Salzbourg; 3" Bastien xind Bastienne, opéra allemand, 1768; 4° La Ftnfa sim/j/ice, opéra-bouffe, i768; 5° Milridate, opéra sérieux en 3 actes, composé à Milan, en 1770; 6" Ascanio in Alba, cantate dramatique en deux parties, Milan, 1771; 7" Lucio Silla, opéra sérieux. Milan, 1775; 8" Znïde, opéra écrit pour Venise la même année; 9^ LaFinta Giardiniera, opéra-bouffe, à Munich, en 1774; 10" Il Re pastore, pastorale en deux actes , à Salzbourg", en 1775; 11° chœurs el entr'actes pour le drame intitulé Thamos; 12° Idomeneo, Re di Creta, opéra sérieux en 3 actes, INIunich, 1781 ; 13° Die Entfuhrung ans dem Sérail (L'Enlèvement ait se'rail), opéra-comique en deux actes. Vienne, 1782; 14° Der Schauspieldirector (Le directeur de spectacles), opéra-comique en un acte, Vienne, 1786; 15" Z,e Nozze di Figaro (Le mariage de Figaro), opéra-bouffe en 4 actes, A'ienne, 1786; 16° // Dissoluto punito, ossia il Don Giovanni, drame en deux actes, Prague, 1787; 17° trio et quatuor pour la Villanella rapita. Vienne, 1785; 18° Cosi fan lutte, opéra-bouffe en deux actes. Vienne, 1790; 19° Die Zauberflœte (La Flûte enchantée), opéra romantique en deux actes. Vienne, 1791 ; 20° La Clemenza di Tito, opéra sérieux en deux actes, Prague, 1792.

Musique d'église. — Plusieurs messes, des litanies, des offertoires, des motets, des psaumes, des cantates sacrées, un Te Deum, un Requiem, VAve verum, etc., en tout trente-six ouvrages.

Oratorios. — On ne connaît que le Davide pénitente, un des plus beaux ouvrages de Mozart.

Musique instrumentale à grand orchestre. — 33 Symphonies (dont les plus célèbres sont celhîs en ut, en ré, en sol mineur et en ini bémol) et 15 ouvertures d'opéra.

Musique concertante. — 29 concertos de piano ; 5 concertos de violon; 6 concertos pour cor de chasse; un concerto de basson et un concerto de clarinette; 4i divertissements; des concerti grossi pour l'orchestre et des pièces pour instruments à vent, quelques-unes à 16 parties. En outre un grand nombre de solos et variations pour le piano avec et sans orchestre, des concertantes pour deux clavecins, des solos pour le violon, le violoncelle, la viola di gamba, la flûte.

Musique de chambre. — 10 trios pour violon, alto et violoncelle, dont un seul connu ; 28 quatuors, dont les six premiers sont dédiés à Haydn (') ; 8 quintettes pour deux violons, deux altos et violoncelle ; 23 trios ; 5 quatuors, et un très-grand nombre de sonates et autres pièces pour le clavecin; deux quintettes, l'un pour instruments à vent et l'autre pour instruments à cordes; un quintette pour harmonica.

Musique vocale, non dramatique. — 16 canons à 3 et à 4 voix; plusieurs cantates et un recueil de chansons italiennes et allemandes, au nombre de trente.

Musique militaire. — Marches, fanfares et autres pièces pour trompettes et timballes, à l'usage de la cavalerie.

Musique de sérénade. — Un nocturne arrangé en quatuor de violons, et une espèce de charivari pour deux violons, alto, deux cors et une basse, intitulé Musikalischen Spass, où Mozart s'est amusé à imiter les musiciens des rues.

Musique pour l'enseignement. — Des sonates, des solfèges et sonatines faciles; des canons et fugues détachés; des études et des exercices de contrepoint; un abrégé de basse générale, composé pour une nièce de l'abbé Sladler. (Vo3ez pour le catalogue complet des œuvres de Mozart, le supplément de la grande biographie de cet illustre compositeur par le conseiller Nissen.)

Musique retouchée par Mozart. — L'oratorio le Messie, de Handel , la pastorale Acgs et Galathée, ainsi que la grande cantate la Fête d'Alexandre, du même compositeur, ont été retouchés par Aîozart , à la demande du baron Von Swielen. Dans les chœurs du Messie, Mozart n'a rien changé, mais il a transformé quelques airs de cet oratorio en récitatifs. Le quatuor d'instruments à cordes, seul accompagnement, ou à peu

[i) Dans la dédicace, Mozart dit que ces (jiialuors sont le fruit d'un long et pénible travail (Il fnUto d'un Inngo laboro dcdlra'o al suo Padro Ilaijdn).

près, do la musique de llândel, a été laissé tel qu'il élait, à pari quelques négligences de style qu'on a fait disparaîlre. Seize numéros, sur cinquante dont se compose le Messie, sont restés intacts. Au N" 8, air de contr'alto, une llùte, deux clarinettes , deux cors et deux bassons ont été ajouté ; au N° 44 , air de basse, une Irompelle et deux cors , et à l'air de soprano, N° 48, une partie de basson. V Alléluia, N" 37, a été renforcé de deux parties de flûtes, deux hautbois, deux bassons et deux cors; dans le morceau final Amen, N» 50, qui est aussi une fugue, toute la phalange des instruments à vent est réunie, mais seulement pour doubler les voix et les parties du quatuor.

Il existe un grand nombre de notices biographiques de Mozart; les principales sont les suivantes ;

1" Biographie d'après des documents originaux recueillis par le conseiller Nissen et publiée en 1828 par la veuve de Mozart, sous ce titre : Biographie W.-A. Mozart's, von Georg-Niholaus von Nissen; 2" Vie de Mozart, par Edouard Holmes, ouvrage publié à Londres en 1825; 3° une biographie anecdotique de Mozart, par le docteur Niemtschck, publiée sous le titre de Mozart's Lehen, Prague, 1798; 4° Nouvelle Biographie de Mozart, par M. Oulibichef ; 5" Yic de Mozart, par Otto Jahn; 6" les brochures intitulées Mozart's Geist {l'Esprit de Mozart); 7° les anecdotes sur Mozart, traduites de Rœchlitz, par Crammer, et publiées à Paris en 1801, etc. Voyez aussi, pour le séjour de Mozart à Paris en 1765, la Correspondance littéraire du baron Grimm.

Lorenzo da Ponte, poète vénitien, auteur des libretti de Don Juan et des Noces de Figaro, a donné dans ses Mémoires des détails fort curieux sur le caractère de Mozart.

Jean-Chrysostome-Wolfgang-Théophiîe ou Amédée Mozart, naquit à Salzbourg en 1756, et mourut à Vienne le 5 décembre 1791.

Page 1