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AVANT-PROPOS

L'art musical est de tous les arts le plus répandu. Depuis le palais des grands jusqu'à la demeure de l'ouvrier, retentissent des mélodies. La musique caresse notre ouïe à toutes les époques de la vie et dans toutes les positions sociales. A peine l'œil de l'homme discerne-t-il les objets, que déjà les chants maternels résonnent autour de son berceau ; à l'école il retrouve encore des chants, et, à mesure qu'il avance dans la vie, il écoute l'hymne sacré à l'église, la musique dramatique au théâtre, la musique symphonique et vocale dans les concerts, enfin, partout où il porte ses pas, il entend des accords harmonieux.

Et cependant, il n'est pas d'art dont l'histoire soit moins connue, moins populaire. Chacun possède quelques notions de l'histoire de la peinture, de la sculpture, de l'architecture, mais ceux qui cherchent à connaître le passé de l'art musical et à étudier ses progrès, sont bien peu nombreux.

Quelle est la raison de cette anomalie, si ce n'est l'absence de l'enseignement de l'histoire dans la plupart des établissements où se donne l'instruction musicale, et la difficulté de s'instruire dans les ouvrages spéciaux.

L'intérêt qu'ont inspiré à Bruxelles et à Paris les concerts historiques de M. Fr. Fétis, le savant directeur du Conservatoire royal de Bruxelles, a prouvé que l'homme du inonde, aussi bien que l'artiste musicien , y cherchait l'attrait de connaissances musicales facilement et agréablement acquises.

S'il importe de combattre l'indifférence scientifique en musique, comme en tout autre art, il est essentiel de ne pas la laisser subsister dans les établissements où la théorie et la pratique sont enseignées, et où il n'y a pas de chaire d'histoire. Il faut que les artistes musiciens sachent ce qu'ont été et ce que firent leurs devanciers, qu'ils soient familiarisés avec la marche, le progrès et le développement de l'art qu'ils sont appelés à professer.

En Belgique il y a tout à gagner à cette connaissance : notre pays s'enorgueillit de glorieuses traditions et de noms éminents.

Ce qui entrave encore ces études, c'est la cherté et parfois la rareté des bons ouvrages didactiques , surtout des ouvrages anciens et étrangers, si intéressants à consulter. Pour obvier à cela, nous avons composé ce Précis de l'histoire de la musique, depuis les temps les plus reculés et chez tous les peuples du globe. C'est un faisceau de notions, de données puisées aux meilleures sources, et qui présentent dans leur ensemble un historique complet de l'art musical à toutes les époques et dans les diverses écoles auxquelles des hommes de génie ont imprimé le cachet de leur initiative.

Le Puécis de l'histoire de la musique commence par un aperçu de l'art musical chez les peuples de l'antiquité payenne et de l'ère chrétienne primitive , aperçu plein d'intérêt rétrospectif pour les artistes et les amateurs qui ne peuvent recourir aux sources érudites. Les chapitres suivants sont consacrés à la marche progressive de la musique et de la littérature lyrique pendant le moyen-âge, alors que se rencontrent les bardes, les jongleurs musiciens , les troubadours , les trouvères et leurs poésies héroïques. Viennent ensuite les mystères, joués dans la plupart des contrées européennes, et précurseurs des chambres de rhétorique et du théâtre moderne. Puis s'esquisse l'historique des transformations successives de la science musicale, des progrès de la didactique, des améliorations de la pratique instrumentale, de l'immense développement de la grande musique sacrée et profane. Tous les grands noms, toutes les gloires musicales passent successivement devant les yeux.

Le Précis de l'histoire de la musique est suivi de notices succinctes sur les écrivains didactiques et les théoriciens de l'art musical, ainsi que des renseignements intéressants sur les écrits les plus curieux et les productions les plus estimées. Cette bibliographie spéciale sera consultée avec fruit.

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