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CHAPITRE X

Ecole flamande aux XVe et XVIe siècles et de nos jours. — Musique des ducs de Bourgogne. — Notice sur quelques célèbres musiciens flamands d'autrefois. — Poètes les plus renommés, qui vécurent dans les Pays-Bas aux XVe et XVIe siècles. — Etat de la peinture au XVe siècle. — Les frères Van Eyck. — Les plus beaux monuments du XVe siècle. — Chambres de Rhétorique. Notice sur celle de la Fontaine, de Gand. — Sociétés chorales belges. ■ — Société royale des Beaux- Arts et de Littérature de Gand. Concours de composition musicale ouverts par cette société.

Le XVe siècle, cette époque glorieuse de la renaissance des lettres et des arts, voit briller aussi l'école flamande, réputée alors, dans l'art d'écrire en musique la première de l'Europe; Okeghem et Obrecht en sont considérés comme les fondateurs; et Tinctor, Adrien Willaert, Josquin Desprez, Louis Compère, Guillaume Crespel, Alexandre Agricola, Pierre Delarue, Cyprien de Rore ou van Rore, Jacques Arcadelt, Jacques Berchem, Clément Non papa, Nicolas Gomberl, Jacques de Kerle, Créquillon, Hubert Waelrant, André Pévernage, Philippe de Mons et particulièrement Roland de Lattre, soutinrent la gloire de celte école, qui ne se perdit qu'à la suite des troubles religieux et politiques dont les Pays- Bas furent le théâtre dans la seconde moitié du XVIe siècle.

Au XVe siècle, nos souverains même ne reculaient pas devant les difficultés du contrepoint de leur temps; car, au dire d'Olivier de la Marche, « Charles le Téméraire apprit l'art si perfectement , qu'il mettait sus » chansons et motels, et avait l'art perfectement en soi. »

Les ducs de Bourgogne avaient pour l'art musical une prédilection particulière. Voici d'après M. Ed. Félis fies Musiciens belges) quelques détails concernant la musique attachée au service de ces princes :

Philippe le Hardi avait, outre les pages de sa musique, des harpeurs ou joueurs de harpe, des ménétriers ou joueurs de violon, des hautbois et des trompettes. Le chef de ces ménétriers s'appelait Mulier; un compte du temps le qualifie de familier du duc. Le nombre de musiciens au service du duc de Bourgogne fut augmenté sous Jean sans Peur. Il y avait un clerc de musique et des pages, douze ménétriers, six harpeurs, des hautbois, des trompettes de guerre et des clairons. Parmi les ménétriers, il s'en trouvait de différents pays; ainsi par exemple, Thibaut de Strasbourg, Jacolin d'Auxonne, Paulin d'Alexandrie, etc.

Le duc Philippe le Bon, qui rassemblait les éléments d'une bibliothèque sans seconde en Europe, qui employait les plus habiles miniaturistes de son temps, à illustrer des manuscrits, chefs-d'œuvre de calligraphie, voulut que sa chapelle donnât également une idée du luxe dont il aimait à s'entourer. Ses ménétriers, ses harpeurs, ses joueurs de hautbois et de trompette étaient réputés pour les meilleurs qu'il y eût ; les pages de sa musique passaient pour les plus experts dans leur art. Par une charte de 1431, il prescrivit la fondation d'une messe en musique, pour relever encore son institution de l'ordre de la Toison d'Or. « Fondons et éta- » blissons, est-il dit dans ce document , du gré et consentement des dits » doyen et chapitre icelle; notre chapelle (de Dijon) et collège dudit » ordre (la Toison d'Or) une messe quotidienne et perpétuelle pour » chaque jour dès lors, en avant, solennellement à haute voix, à chant » et déchant, excepté celle de Requiem, etc. »

La musique de Charles le Téméraire, dit un historien, objet particulier de son goût et de ses soins, chantait chaque jour à l'église des hymnes, accompagnés du son des instruments. La chapelle de ce prince était composée de vingt-quatre chantres chapelains, clercs et demichapelains, non compris les enfants de chœur, l'organiste et les joueurs de luth, de viole et de hautbois de sa musique de chambre.

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