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CHINOIS

Système musical. — Instruments de musique.

S'il faut s'en rapporter à la plupart des écrivains chinois, ce fut l'empereur Fou-hi Ier (3,468 ans avant notre ère) qui régla les principes de la musique; il prit du bois nommé tong, le creusa, et en fit une lyre longue de 7 pieds 2 pouces, nommée kin. Les cordes étaient de soie, et au nombre de 27; mais les opinions sont divergentes sur ce nombre, et quelques historiens n'en accordent que cinq, symbole des cinq planètes.

L'empereur Chin-noung, successeur de Fou-hi, composa des chants sur la fertilité de la campagne, inventa une très-belle lyre et une guitare ornée de pierres précieuses, pour adoucir les mœurs du peuple et le rappeler à la vertu (1).

La musique a toujours été en grand honneur chez les Chinois : « Elle » était la base de toutes les sciences, dit M. de Guignes, et surtout » de la morale et du gouvernement. »

(i) Voir M. G. Pauthier, Chine ou description historique, géographique et littéraire de ce vaste empire, d'après des documents chinois.

Le Li-ki (livre des rites), article Yo-ki ou de la musique, dit : « Vou- » lez-vous être instruit, éludiez avec soin la musique; la musi que est » l'expression et l'image de l'union de la terre avec le ciel. »

« Avec les rites et la musique rien n'est difficile dans l'empire! — » Le sage est naturellement musicien; il dislingue par la musique qui » domine, si un état est bien réglé ou proche de sa ruine. » (Li-ki, trad. d'Abel Rémusat.)

« Posséder son âme en paix, disent les Chinois, être modesle et sincère, » avoir la droiture et la constance en partage, aimer tout le monde, et » surtout ceux de qui l'on tient la vie, voilà les vertus que la musique » doit inspirer, et qu'il faut absolument acquérir si l'on veut mériter le » nom de musicien. » (Var. lilt. abbé Arnaud, Traite' sur la musique.) Les Chinois n'ont qu'une seule gamme (et parlant qu'un seul mode), composée de sept sons qui portent les noms de koung, chang, kio, pientche', tché, yu, pien- koung et correspondent aux notes d'une gamme du ton de fa, dont le si serait bécarre, comme suit :

Koung, chang, kio, pien-tché, tché, yu, pien-koung. fa, sol, la, si, ut, ré, mi.

Les principaux instruments de musique des Chinois sont : 1° le kin, à cordes pincées; 2° le cheng , sorle de petit orgue portatif, composé de treize, de dix-neuf ou même de vingt-quatre tuyaux de bambou ; 3° le pien-king, composé d'une certaine quantité d'équerres de pierre sonore, appelée pierre de yu, et qu'on frappe avec un seul pelit maillet ; 4° le cheng-king et le soung-king, instruments formés d'une réunion de cloches et de clochettes de diverses dimensions, et qu'on frappe aussi avec un seul marteau; 5° le koan-tsée, espèce de flûte de pan, donl les tuyaux résonnent alternativement; 6° le siao, instrument du même genre et à tuyaux inégaux ; 7° le tché, dont les vingt-quatre cordes de soie sont mises en vibration l'une après l'autre, par une plume; 8° le yo et le ty, sortes de flûtes traversières, etc.

Pour chacun de ces divers instruments, les Chinois ont, à ce qu'on suppose, un système particulier de notation , composé de signes qui n'ont aucune analogie, comme chez les Hindous et la plupart des autres peuples anciens, avec ceux de leur écriture.

Voici une lettre écrite de Shang-haï, en date du 28 mai 1860, par une personne qui occupa un rang élevé dans l'armée expéditionnaire

française en Chine; elle a élé adressée à l'édiieur de la Revue des Deux Mondes,^, renferme dos détails curieux sur l'état actuel du théâtre chinois : « II y a un grand nombre de théâtres qui donnent des représenla- » tions en plein jour, aux abords des pagodes et sur les places publi- » ques. On y représente des drames, en beaux costumes et sans décors. » Les acteurs se placent à l'ouverture des galeries de la Cour, où il » se fait une musique bruyante, accompagnée de tamtam, qui ne plaît » pas même aux indigènes. Dans les grandes villes, j'ai assisté à des » représentations du soir dans de petites salles qui ressemblent un peu » aux nôtres. Il n'y a pas de loges dans ces salles, mais des bancs dis- » posés en amphithéâtre. De quatre heures de l'après-midi à minuit, » on y représente ce qu'on pourrait appeler des opéras -comiques , on » chante et on parle successivement, et le chant est accompagné d'un » orchestre qui se tient au fond de la scène. Cet orchestre, composé » d'un quatuor, lance des sons aigus et discordants sans préparation » ni résolution , et qui m'ont fait penser au dernier opéra de Verdi , » que j'ai entendu à Rome : Un ballo in maschera. Les hommes chan- » tent en voix de fausset pour imiter la voix des femmes, qui ne sont » pas admises sur la scène chinoise. Les costumes sont magnifiques, un » grand nombre de comparses animent la scène. Les pièces en général » peuvent se comparer à notre ancien mélodrame, dont M. Pixéricourt » est le Corneille. Ce sont des scènes attendrissantes, des combats, des » bouffonneries, entremêlés de marches et de chant. Les décors sont » dans l'enfance de l'art. De grandes enluminures couvrent le fond du » théâtre; il n'y a ni eoulisses, ni rideau. Sur le devant de la scène se » trouve un petit autel, couvert de fleurs , dédié au Dieu de la folie, etc. » Le goût du spectacle est inné chez les Chinois; chez tous les gens » riches, il y a un petit théâtre, un assortiment de costumes et d'armes » pour la scène ('). »

(1) Pour tout ce qui concerne la musique de l'Inde et de la Chine, on peut consulter : 1° Asiatic researches, par William Jones; 2° Oriental collections , de M. Ousely; 3° le traité de musique de Ly-koangli , intitulé : Kouyo-kingtchouen, traduit du Chinois , sous le titre de Commentaire sur le livre classique des anciens, par le P. Amiot, missionnaire en Chine.

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