TROISIÈME CATÉGORIE
Symphonie en la, op. 92, et celle en fa, op. 93 ;
Trio pour piano, violon et violoncelle, op. 97;
Les dernières sonates de piano ;
Les Ruines d'Athènes, op. 113;
L'ouverture du Roi Etienne, op. 117;
La grande messe en ré, op. 123;
L'ouverture de la Dédicace du Temple, op. 124;
La symphonie avec chœur, op. 125 (1);
Les quatuors de violons, alto et violoncelle, op. 127, 130 et 135.
(i) Beethoven a choisi pour texte du finale de la symphonie avec chœur, quelques strophes de l'ode : An die frcude {A la joie) , de Schiller.
Pour le catalogue complet et la classification exacte des œuvres de Beethoven, on peut voir la Biographie universelle des musiciens (2me édition, 1862) de M. Félis; et Beethoven, ses critiques et ses glossateurs, par M. Alexandre Oulibichef.
Parmi les autres biographies du célèbre symphoniste, on trouve : 1° Biographie de Louis van Beethoven, par M. Schindler; 2° Souvenirs de Beethoven, du docteur Wegeler et Ferdinand Ries; 3° Ludwig von Beethoven, Leben und Schaffen (Louis van Beethoven, vie et travail), de M. le professeur Marx, de Berlin, 1859 ; 4° Beethoven et ses trois styles, par M. W. de Lenz; 5° Les symphonies de Beethoven considérées dans leurs combinaisons idéales, etc., et Les sonates de piano de Beethoven pour les amis de la musique (en allemand), par Ernest d'Elterlin. Leipzig, 1856.
Dans la nouvelle édition (1862) de sa Biographie universelle des musiciens, M. Félis rapporte que M. Léon de Burbure, par des découvertes récemment faites à Anvers, a trouvé la souche de la famille Van Beethoven, au commencement du XVIIe siècle, dans un village aux environs de Louvain. Un descendant de cette famille s'était fixé à Anvers vers le milieu du même siècle. Un de ses fils, Guillaume van Beethoven, épousa, le 11 septembre 1680, Catherine Grandjean. De cette union naquirent huit en/ants, au nombre desquels fut Henri- Adelard van Beethoven, baptisé le 8 septembre 1683, dans la paroisse Notre-Dame (Nord), à Anvers, et qui eut pour parrain Henri van Beethoven, remplaçant Adelard de Reidineg, baron de Roegeney, absent, et pour marraine, Jacqueline Grandjean. Cet Adelard van Beethoven épousa Marie-Catherine de Herdt, et en eut douze enfants, dont le troisième fut Louis van Beethoven et le douzième Louis-Joseph.
Louis van Beethoven fut baptisé à l'église Saint Jacques, à Anvers, le 23 décembre 1712. II quitta jeune sa famille et l'on ne trouve aucune trace de son séjour à Anvers. Louis-Joseph van Beethoven, né le 9 décembre 1728, baptisé à l'église de Saint -Jacques, à Anvers, et décédé en 1808 à Oosterwyck, près de Bois-le-Duc, épousa le 3 novembre 1773, Marie -Thérèse Schurwerghem, née à Wulle, et décédée le 26 juillet 1794. Ils eurent deux filles, Anne-Thérèse van Beethoven, née à Anvers le 29 janvier 1774 (qui suivit de près le mariage) , et Marie- Thérèse van Beethoven, qui épousa le 6 septembre 1808, Joseph-Michel Jacops, père
de Jacob Jacobs, peintre distingué de paysage, en ce moment (1859) vivant à Anvers. Un nommé Louis van Beethoven, frère d'un aïeul maternel de M. Jacob Jacobs, ayant quille Anvers, on le retrouve dans la position de chanteur à la chapelle de l'électeur de Bonn, en 1760, où il devient maîlre-de-chapelle en 1763. Il est marié, et a plusieurs enfants, au nombre desquels est Jean van Beethoven, ténor de la chapelle électorale dès 1762. Celui-ci épousa, en 1767, Marie-Madeleine Keverich, dont il eut quatre enfants, au nombre desquels est le célèbre compositeur. Cette filiation, dit M. Félis, est trop bien établie pour être l'objet d'un doute.
Après Hà'ndel, Jean-Sébastien Bach, Haydn, Mozart et Beethoven, génies créateurs qui occupent le premier rang dans l'histoire de la musique moderne : Weber et Meyerbeer dans le genre lyrique, Hummel pour la musique instrumentale, Mendelssohn-Bartholdy pour la musique instrumentale et l'oratorio, sont sans contredit les grands compositeurs dont l'Allemagne doit le plus s'enorgueillir. Il ne sera pas inutile d'entrer dans quelques détails concernant ces derniers maîtres et leurs principaux ouvrages :
C.-M. de Weber est considéré en Allemagne comme le chef du véritable drame-lyrique national. « Le Freyschiitz, dit M. Scudo, renferme plus » que le génie musical de Weber : c'est son âme, son imagination, ses » aspirations secrètes, celles de son pays et de son temps, qui s'y trou- » vent fondues dans une fable louchante, d'une manière profonde^).
(i) Le Freyschiitz a été arrangé en 18il pour la scène de l'Opéra, avec des récitatifs ajoutés à la partition, par M. Berlioz.
M. Blanchard, en rendant compte alors dans ta Revtie et Gazette Musicale de Paris de la première représentation de cette œuvre, et tout en signalant le petit nombre de gens qui ont l'intelligence musicale suffisamment exercée pour comprendre la musique de C.-M. de Weber, a fort spirituellement défini dans les lignes suivantes les divers éléments dont se compose le public des théâtres de Paris :
« Vous y voyez figurer en première ligne, le jugeur par état, qui ne s'y connaît » pas; cet autre, qui demande avant tout que le développement de la pensée musi- » cale soit sacrifiée aux sévères exigences delà scène; celui-ci, qui depuis 1800 » crie incessamment contre les trombones, les trompettes, et tout ce qu'il appelle » enfin le bruit, le fracas de l'orchestre; celui-là, bon bourgeois de Paris, qui ne » voudrait que de petit airs chantants et qui se retinssent ; puis le vaudevilliste, » ne cherchant dans la plus vaste partition que quelques mélodies de huit ou seize » mesures, pouvant servir, comme il dit en termes de métier, à ses couplets carre's
» Cet opéra lui a coulé quatre années de veilles. Le Freyschiïtz, » Euryanthe et Obéron sont trois légendes populaires où l'imagination de » Weber a répandu à pleines mains cette poésie chevaleresque, et ce » merveilleux de la nature qui constituent le caractère général de la » littérature allemande depuis les Minnesingers jusqu'à nos jours, et qui » distinguent l'œuvre dramatique de Weber de celle de Mozart, génie » harmonieux, peintre de l'idéal et des sentiments humains. »
Les écrits posthumes de Weber contiennent des faits intéressants que nous croyons devoir reproduire sur ses relations avec l'abbé Vogler, lorsqu'en 1808 il devint élève de ce théoricien célèbre, après avoir été sous la direction de Michel Haydn, à Salzbourg :
« A Vienne, je fis connaissance avec plusieurs artistes distingués, » notamment avec l'immortel Haydn et avec l'abbé Vogler. Ce dernier, » avec cette bienveillance qui caractérise tout esprit vraiment grand, » et avec le plus pur désintéressement, s'empressa de m'inilier aux » trésors de la science. Quiconque a été à même, comme moi et quel- » ques autres, d'étudier cet homme, qui joignait à une intelligence d'une » trempe peu ordinaire une sensibilité profonde, et d'apprécier son im- » mense savoir, ne pouvait s'empêcher de le vénérer, et lui vouer un » souvenir impérissable ; on lui pardonnait volontiers certaines bizarre- » ries de caractère qui déparaient ses belles qualités, comme étant le » résultat de son éducation , de son état, et des attaques haineuses aux- » quelles il avait été en butte.
» C'est d'après les conseils de Vogler que je me résignai, non sans » peine, à ne plus travailler pendant quelque temps à de grandes compo • » sitions ; que je consacrais près de deux ans à l'étude assidue des œuvres » diverses des grands maîtres, dont nous analysions ensemble la con- » texture, les idées et le mécanisme. »
Vers le milieu de 1809, Weber reprit ses études de composition sous l'abbé Vogler, alors fixé à Darmsladt, et s'y lia d'amitié avec Meyerbeer et Gansbacher, ses condisciples, ainsi qu'avec Godefroid Weber. On peut
» et à ses airs de sortie ; puis, brochant sur le tout, les lions et les lionnes déclarant » toute musique détestable, si elle n'abonde pas en motifs de contredanses et » de galops ; tels sont les gens qui , avec les faux dilettanti , la pire espèce » d'enthousiastes, justifient le mot de Champforl, qui demandait combien il » fallait de sots pour faire un public. »
voir à ce sujet les lellres de l'auteur du Freyschutz, adressées à ce dernier, publiées d'abord dans la Cœcilia, et traduites ensuite dans le 6e volume de la Revue musicale de Paris.
Giacomo Meyerbeer naquit à Berlin en 1794. Avant de suivre le cours de composition de l'abbé Vogler, en 1809, il avait eu pour professeur Bernard- Anselme Weber, chef d'orcbeslre du théâtre de Berlin. A l'âge de dix-huit ans, Meyerbeer fit représenter à Munich son premier ouvrage lyrique la Fille de Jephte', opéra en trois actes. Ses autres productions dramatiques sont les suivantes; on y voit les manières diverses adoptées par ce grand maître avant qu'il n'eut trouvé son individualité dans Robert-le- Diable :
1° Romilda e Constanza, opéra semi-seria écrit dans le style italien d'alors, c'est-à-dire sous l'influence de la musique de Rossini, Padoue, 1818; 2° Semiramide Riconosciuta, Turin, 1820; 3° Emma di Resburgo, Venise, 1820; 4° Margherita d'Anjou, Milan, 1822; 5° Ursule di Granata, Milan, 1823; 6° Le Crociato, Venise, 1825. Enfin, Robertle-Diable, représenté à l'Opéra en 1831, et suivi depuis de ses autres œuvres colossales qui font maintenant l'admiration du monde entier.
Hummel s'est illustré comme exécutant, improvisateur et compositeur; sous ce dernier rapport, son grand septuor en ré mineur (op. 74) et son concerto en la mineur (op. 85) suffiraient pour le placer au rang des compositeurs les plus distingués du XIXe siècle.
Félix Mendelssohn-Barlholdy, né à Berlin en 1809, l'un des plus grands compositeurs de musique instrumentale des temps modernes, est aussi le régénérateur de Y oratorio, genre auquel tout en y prodiguant la science la plus profonde, il a su rendre son caractère essentiellement religieux, qui en avait insensiblement disparu depuis le milieu du XVIIIe siècle.
En 1842, le roi de Prusse Frédéric-Guillaume chargea Mendelssohn de réformer la musique des églises luthériennes en appliquant à la célébration du culte protestant ce que l'on pourrait appeler la grande musique. A cet effet, les psaumes, les cantiques et les prières en usage pour le culte protestant, furent mis en musique par l'illustre maître, et composés tour-à-tour de récitatifs, de solos, de morceaux d'ensemble,, de chœurs à quatre, six, huit voix, avec accompagnement d'orchestre et deux orgues. L'exécution en eut lieu pour la première fois avec le plus
grand succès dans la cathédrale de Berlin, par six cents artistes et amateurs, sous la direction de l'auteur, au service qui s'y faisait en commémoration du millième anniversaire du Traité de Verdun , le 6 août 1843.
De toutes les fêtes musicales qui eurent lieu alors en Allemagne pour la célébration de l'anniversaire de ce traité, la plus grandiose et surtout la plus populaire est celle qui fut donnée le 10 du même mois par les soixante-douze sociétés chorales de la province de Brandebourg. A neuf heures du soir, tous les membres de ces sociétés , hommes et femmes, au nombre d'environ 11,000, revêtus de leur ancien et pittoresque costume national, et chacun un flambeau à la main, se rendirent processionnellement, ayant en tête les corps de musique réunis de quatre régiments d'infanterie, à la montagne de Marienberg, qu'on avait à cette occasion illuminée du haut .en bas de feux de Bengale. Arrivés au sommet du Marienberg, ils chantèrent en chœur les morceaux suivants : 1° le chant Où est la patrie de l'Allemand"! du professeur Arndt; 2° l'hymne Borrussia, de Sponlini; 3° l'hymne Cœur plein de courage, de Frédéric Schneider; 4° le célèbre chœur de Chasseurs, de Mendelssohn, avec accompagnement de cors et de trombones, au nombre de six cents; 5° le choral Rendons tous grâce à Dieu. Après chaque morceau , les chanteurs firent entendre trois vivat, dont un pour le roi, un pour la Prusse et un pour la province de Brandebourg.
Après rémunération de toutes les sommités musicales de l'Allemagne, il nous reste encore à signaler quelques noms justement honorés dans ce pays classique des grands artistes, et parmi lesquels figurent ceux de Fux, maître- de-chapelle de la cour dé Vienne, sous les règnes de Léopold, Joseph Ier et Charles VI; Michel Haydn, Jean-Amédée Nauman, auteur du fameux oratorio composé sur le Pater Noster, de Klopslock ; l'abbé Vogler; l'abbé Stadler, l'ami intime de Haydn et de Mozart; Krommer, Sleibelt, François Sussmayer^), GodefroidWeber, Albrechts-
(i) Godefroid Weber ayant attribué à Sussmayer la partition de la messe de Requiem, publiée sous le nom de Mozart, Sussmayer a expliqué dans une lettre datée du 8 septembre 1800 et insérée dans la Gazette musicale de Leipzig (octobre 1801), la part qu'il a prise à cet ouvrage; les quatre derniers morceaux du Dies irœ, le Sanctus, le Benedictus et VAgnus Dei lui appartiennent , et il a instrumenté tout le reste d'après la basse chiffrée et quelque indications manuscrites de Mozart.
berger, Jean-Chrêtien-Frédéric Schneider, illustre par son oratorio Le Jugement dernier; Moschelès, un des principaux fondateurs de l'école moderne de piano, compositeur célèbre et le plus grand des improvisateurs après Hummel ; Spobr, Winler, Reissiger, Lindpaintner, Ferd. Ries, François Lachner, H. Marschner, Conradin Kreutzer, François Schubert, Robert Schumann, Niels-W. Gade, Lortzîng, Fesca, Kaliwoda, de Flotow, Ferdinand Hiller, renommé par son oratorio La Destruction de Jérusalem, et surtout par celui de Saiil , composition de trèsgrand mérite, exécutée en 1858 aux fêles musicales de Cologne; Richard Wagner, le chef de la nouvelle secte musicale qui s'est formée depuis quelques années en Allemagne, et dont le système consiste à n'admettre dans le drame lyrique, que le choeur et le dialogue musical , c'est-à-dire de proscrire la mélodie, parce qu'elle est en opposition avec la vérité de la déclamation, ainsi que les duos, trios et tous les morceaux d'ensemble composés selon les procédés usités de nos jours. Enfin, M. Wagner et ses disciples considèrent le récitatif s'il n'est qu'une simple déclamation notée et continue, comme la seule musique convenable à ce que M. L. Bischoff, le critique de Cologne, a nommé ironiquement le drame de l'avenir. Cependant , à côté de toutes les bizarreries qu'on rencontre dans les ouvrages lyriques de M. Wagner, brillent quelques pages tracées de main de maître, telles que la marche avec chœur de Tannhàuser, le chœur des pèlerins du même opéra, et toute la scène du 3me acte de Lohengrin, comprenant la marche des fiançailles avec chœur et la fête nuptiale avec l'épi thaï a me.
Dans un article de M. Théophile Gautier, concernant le Tannhàuser , on trouve à propos de l'épilhète de romantique, accolée à cet ouvrage, les remarques suivantes :
« En France, ce mot romantique n'éveille pas la même idée qu'en » Allemagne; pour nous, il représente la liberté dans l'art, la grande » révolution de 1830; il fait songer à Victor Hugo, à Dumas, à de » Musset, à Delacroix, à Deschamps, à toutes les individualités fou- » gueuses qui passionnaient la jeunesse d'alors, et battaient en brèche » les traditions académiques. Romantique n'a pas du tout le même » sens dans la patrie de Tieck, d'Uhland et Gœthe : il implique seule- » ment l'idée d'un retour au moyen-âge. »
Le plus ardent défenseur du système Wagner en Allemagne, est le
professeur Charles-François Brendel (voyez les nolices). En 1844 il succéda à Robert Schumann dans la Nouvelle Gazette musicale de Leipzig, écrit périodique fondé en 1834, par un parti qui voulait à tout prix faire triompher le nouveau système.
Liszt s'est également constitué le grand panégyriste du novateur.
Pour connaître l'opinion de M. Fétis à ce sujet, voyez Richard Wagner, sa vie, son système de rénovation de l'opéra, ses œuvres comme poète et musicien, son parti en Allemagne, appréciation de la valeur de ses idées (Revue et Gazette musicale de Paris, 1852).
Célèbres organistes allemands depuis le commencement du XVIIIe siècle jusqu'à ee jour. Jean-Sébastien Bach. Son école, ses œuvres et ses successeurs . — Organiste» renommés du XVIIe siècle qui ont précédé J.-S. Bach, et lui ont servi de modèles. Monographies concernant la vie et les ouvrages de J.-S. Bach.
En fait d'instrumentistes, l'Allemagne a produit un nombre considérable de virtuoses ; nous nous bornerons ici à rappeler seulement le nom des principaux organistes qui ont illustré ce pays depuis le commencement du XVIIIe siècle, et à la tête desquels figure le célèbre Jean-Sébastien Bach,, en même temps le plus savant compositeur de son époque. Après lui : Jean-Martin Schubert, Jean-Tobie Krebs, Altnikol, ses deux fils, Guillaume-Friedmann et Charles-Philippe-Emmanuel Bach, Jean-Chrétien Kittel, Godefroid-Auguste Homilius, Goldberg, Jean- Gaspar Vogler, Nicolaï de Garlitz, Joseph Seegr, Albrechtsberger, Jean-Joseph Dussefe , père du célèbre pianiste de ce nom ; Daudenmerkl , Jean-Guillaume Haessler, l'abbé Vogler, Eberlin, Jean-Frédéric Agricola, Jean- Goltfried Muthel , l'abbé Sladler, Chrétien-Henri Muller,
Michel Haydn, Justin-Henri Knecht, Neukomm, Chrisander Fischer, moine franciscain; Jacques Bayer, Berluch, Vierling, Umbret, Georges Weber, Jean-Chrétien-Frédéric Schneider, Gaspar Ett, Rinck, Frédéric- Guillaume Berner, Mendelssohn, F. Kuhmsledt, Adolphe-Frédéric Hesse et d'autres, en suivant ses traces ont propagé jusqu'à ce jour les traditions de celte grande école d'orgue.
Ce fut particulièrement Dietricht Buxtéhude, de Helsinger, en Danemarck, un des plus grands organistes du XVIIe siècle, qui servit de modèle à J.-S. Bach ; car, on rapporte qu'il fit en secret un séjour de plusieurs mois à Lubeck, où Buxtéhude occupait une place d'organiste, afin de l'entendre et d'étudier sa manière.
Les fugues et préludes pour l'orgue par Buxtéhude sont regardés comme des ouvrages très- remarquables.
Les autres principaux organistes allemands du XVIIe siècle, prédécesseurs de Bach, étaient Froberger, J.-G. deKerl, Pachelbcl, Bruns, Bœhm, Jean-Adam Reinke, le moine F. Spiridione, etc.
En 1850, une association s'est formée pour la publication d'une édition complète, imprimée avec luxe, des œuvres de J.-S. Bach. Ses admirables compositions religieuses sont demeurées longtemps inconnues; sa grande messe (en si mineur) à quatre voix et orchestre, et surtout son oratorio La Passion, d'après St-Malhieu, à deux chœurs et deux orchestres, gigantesque composition qui fut exécutée pour la première fois en 1729, le Vendredi-Saint, dans l'église de St-Jean, à Leipzig, sont comptés au nombre des conceptions les plus vastes qu'il y ait en musique. Les autres productions de Bach , particulièrement ses compositions pour l'orgue, sont innombrables.
Jean-Sébastien Bach, fils de Jean-Ambroise, organiste distingué, est né à Eisenach, en 1685, une année après son illustre compatriote Hândel. Sa vie et ses ouvrages ont été l'objet de plusieurs monographies, dont voici les litres :
1° Uber Johann- Sebastien Bach" s Leben, Kunst und Kunstwerke (Sur la vie de Jean- Sebastien Bach, son talent et ses œuvres), par le docteur Jean-Nicolas Forkel. Leipzig, 1802. — 2° Joh.-Seb. Bach in seinen Kirchen-Cantaten und Choralgesangen (Jean- Sébastien Bach dans ses cantates d'église et dans ses chants de chœur, par Jean-Théodore Mosevius), 1845. — 3° Johann-Sebastien Bach' s Leben, Wirken und
Werke (Vie, talents et œuvres de J.-S. Bach), par C.-L. Hingenfeldt,
Un excellent travail à consulter concernant le génie et les œuvres de Bach, au point de vue esthétique, est celui de M. Félis, inséré dans la Revue et Gazette musicale de Paris (année 1853, N°s 14, 17 et 19), sous le titre de : Jean-Sébastien Bach et les Associations pour la publication de ses œuvres.