ORCHESTRE COMPOSÉ DE CORS DE CHASSE RUSSES
Les Russes ont des cors de chasse qu'ils appelent également nationaux; c'est à- dire, des collections de ces instruments de différentes dimensions, et dont chacun, à l'instar des tuyaux d'orgue, ne rend qu'un seul ton, qui tous ensemble ont le diapason de la totalité des instruments ordinaires de l'orchestre. Avec ces cors, on exécute des morceaux de musique d'une grande difficulté, et dont chaque individu n'a qu'à faire sonner une seule note, celle de l'instrument qu'il tient. Ces orchestres rendent avec une grande précision et avec toutes les nuances, les compositions musicales les plus compliquées, au point qu'à une distance on croirait entendre une orgue d'une grande dimension. C'est à Maresch, corniste, né en Rohème 1709, qu'on en doit l'introduction en Russie. Depuis longtemps les chasseurs russes se servaient d'un cor de cuivre jaune, dont la forme était à peu près semblable à un cône parabolique, et qui ne rendait qu'un son. Maresch en fit fabriquer trente-sept, qui , par leurs grandeurs différentes, rendaient tous les demi-tons compris dans l'étendue de trois
octaves. Ceux des sons les plus graves avaient environ sept pieds de long; les plus petits n'avaient qu'un pied. Depuis lors on a fait des tubes de douze pieds pour la note la plus grave, et de quelques pouces seulement pour la plus aigiie. Le premier essai de cette musique fut fait en 1755, en présence de la cour impériale, à la maison de chasse Ismaïlow, à peu de distance de Moscou.
Lorsque le compositeur italien Sarti reçut en 1784 sa nomination de directeur de la musique de la Cour de Russie, un des premiers ouvrages qu'il y composa fut un psaume en langue russe dans lequel il réunit au chœur et à l'orchestre ordinaire un second orchestre de cors russes, tel qu'il avait été organisé par Maresch.