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POLOGNE

Danses et chants populaires. — Musique religieuse. — Compositeurs polonais, artistes et amateurs. — L'Opéra national. — Conservatoire de Varsovie.

En 1857, M. Albert Sowinski, compositeur et pianiste polonais de grand talent, a publié sous la forme d'un dictionnaire biographique une histoire de la musique et des musiciens de son pays; dans ce travail, l'auteur a commencé d'abord par donner une définition de quelques danses et chants populaires de la Pologne, entre autres de la polonaise, dont il fait remonter l'origine aux premiers siècles ; de la mazoure ou mazoureck, danse à trois temps; du krakowiak, air vif à deux temps, connu en France sous le nom de Cracovienne, des duny ou dunky, airs plaintifs, et puis les dainos, airs vifs et simples, qui appartiennent surtout à la Lithuanie. M. Sowinski rappelle qu'un de ces airs composé par Chopin, fut chanté à Paris par Mme Viardot- Garcia, en langue polonaise, à un

concert donné au bénéfice des pauvres, par la princesse Marceline Czarloryska(').

Passant ensuite au genre sérieux, M. Sowinski attribue à St-Adalberl , archevêque de Gnesen, ancienne capitale de la Pologne, l'introduction au Xe siècle, du chant grégorien de ce pays. Ce saint naquit en Bohême en 939; Gerbert, dans son traité De cantu etmusica sacra, a inséré un chant en forme de litanie et en langue esclavone, dont il est l'auteur. On attribue aussi à St-Adalberl le chant Bogarodzicq, que les Polonais avaient coutume d'entonner avant une bataille.

Après St-Adalberl, Nicolas Gomolka, dont le psautier polonais, traduction du poète Jean Kochanowski , a été imprimé à Cracovie en 1580, y exerça le plus d'influence sur l'art musical. Gomolka vivait sous le règne d'Etienne Bolary et fit ses études de composition en Italie. Son style a beaucoup d'analogie avec celui de Paleslrina.

Au nombre des compositeurs polonais d'une époque plus rapprochée figure l'abbé Grégoire Gorczycki; il vivait dans la première moitié du XVIIIe siècle, et fut maîlre-de-chapelle du collège des Roraristes, institué par Sigismond Ier, pour l'exécution des messes en musique dites : Messes rorate. L'abbé Gorczycki a composé huit messes à quatre voix , sans accompagnement. Un autre musicien polonais qui a joui d'une grande réputation dans son pays, est Joseph Kozlowski, né vers le milieu du siècle dernier; il fut appelé en. 1791 au service de la cour de Russie comme directeur des théâtres impériaux, et remplit ces fonctions sous Catherine II et sous les empereurs Paul Ier et Alexandre Ier, jusqu'en 1821. L'ouvrage le plus remarquable de Kozlowski est la messe de Requiem à quatre voix et orchestre, qu'il écrivit en 1798 pour le service funèbre du dernier roi de Pologne Stanislas-Auguste Poniatowski.

(i) Une collection de chants historiques polonais intitulé : Spicvy hisrycznez musikoui rycinami (Chants historiques , avec la notation moderne et mesurée, accompagnés de gravures), a été publiée par M. Julien-Ursain Niemcewicz, président de la Société royale des Amis des Sciences, à Varsovie, secrétaire du royaume de Pologne (5me édition, 1819).

Un recueil de mélodies fort estimé en Pologne est celui qui a paru sous le titre : Picsni latinskie i polskie z notami muzycznemi (Chants latins et polonais) mis en musique par un nommé Brandt, poète et musicien, né à Posen vers 1546.

M. Sowinski a publié aussi une collection de chants nationaux populaires de son pays.

La Pologne peut se glorifier aussi d'avoir donné le jour à l'une des illustrations musicales de noire temps : le pianiste-compositeur Frédéric- François Chopin, né en 181 0 près de Varsovie, et mort à Paris en 1849.

Comme parmi les grands seigneurs russes, la noblesse polonaise compte dans ses rangs (mais en moins grand nombre) plusieurs musiciens distingués; le plus digne d'être cité est le comte Micbel-Cléophas Oginski, né à Gurow, près de Varsovie, en 1765. C'est particulièrement par ses polonaises à grand orchestre publiées dans les premières villes de l'Europe qu'il a laissé un nom justement célèbre dans l'histoire musicale de son pays.

Pour ce qui concerne le drame lyrique en Pologne, c'est au compositeur hongrois Malhias Kamienski, qu'on en doit la création par son opéra écrit sur des paroles polonaises Nendza Uszezesliwisna (Misère consolée), représenté en 1778 avec beaucoup de succès sur le théâtre de Varsovie. Un autre musicien de mérite, également étranger à la Pologne, M. Joseph Elsner, né en Prusse en 1769, étant devenu en 1799 directeur de la musique du théâtre de Varsovie, composa dans l'espace de vingt années vingt- deux ouvrages dramatiques sur des sujets écrits en langue nationale; le premier est intitulé : Miezhacy Kamzatka (Les habitants de Kamschatka), en un acte. Ses compositions religieuses sont également fort estimées en Pologne.

En 1815, Elsner, de concert avec la comtesse Zamoïska, fonda une société pour les progrès de la musique en ce pays, et lors de la création en 1821 du Conservatoire de Varsovie, il en fut nommé directeur.

M. Charles Kurpinski , né à ce qu'on présume vers 1785 dans le duché de Posen, est le premier entre les musiciens polonais qui se soit fait un beau nom de compositeur dramatique. En 1811 il devint directeur d'orchestre du théâtre national de Varsovie, et depuis ce temps jusqu'au moment de la révolution polonaise de 1831, plusieurs de ses opéras y ont obtenu un grand succès de vogue. Ce compositeur, sur lequel on manque de renseignements ultérieurs à 1831, a laissé aussi quelques musiques concertantes pour divers instruments et des chants religieux à plusieurs voix et orgue, en langue polonaise.

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