SUISSE
Euler (Léonard), illustre géomètre, naquit à Bâle le 15 avril 1707. Parmi les nombreux ouvrages de ce savant, on en trouve plusieurs qui traitent de la musique mathématique.
Garcins (Laurent), littérateur, naquit à Neuchâtel vers 1734. 11 fît paraître en 1772 un Traité du mélodrame, ou réflexions sur la musique dramatique.
Girod (le révérend P. Louis) , de la compagnie de Jésus, professeur au collège de Namur (Belgique), compositeur et écrivain sur la musique, naquit en 1816 à Estavayer, canton de Fribourg (Suisse). Il a publié un excellent ouvrage intitulé : De la musique religieuse (Namur, 1855).
Glarean (Henri- Lorit), poète couronné, philosophe, mathématicien, historien et l'un des savants qui ont le plus contribué au progrès des sciences et des arts au XVIe siècle, naquit dans le canton de Claris en 1488. Il cultivait particulièrement la poésie et la musique avec succès. On connaît de Glarean deux traités de musique; le premier intitulé: Isagoge in musicen Henrici Glareani, etc., fut publié, à ce qu'on présume, en 1516, et le second traité, beaucoup plus important : Glareani Dodecachordon, ne parut que trenle-et-un ans après.
Lefévre (Jean- Xavier), clarinettiste distingué, est né à Lausanne en 1763, et fit ses éludes musicales à Paris. Nommé professeur du Conservatoire, lors de la formation de cet établissement, le comité d'enseignement le chargea de la rédaction d'une méthode de clarinette, qui a été seule en usage jusqu'au moment où des améliorations importantes ont été faites à l'instrument. Avant Lefèvre, la clarinette n'avait que cinq clefs('); il y ajouta la sixième (celle de sol dièze).
Njegeli (Jean-Georges), compositeur, écrivain didactique et éditeur
(i) C'est dans cet état que la clarinette fut introduite en France vers 1756, par deux artistes allemands, que le fermier-général LaPopelinière avait fait venir pour les attacher à l'orchestre de sa maison de Passy.
de musique, naquit à Zurich en 1768. On a publié de Naegeli (en allemand) : 1° Méthode de chant, dispose'e par Michel Pfeiffer, d'après les principes pédagogiques de Pestalozzi, et rédigée méthodiquement par J.-G. Nœgeli (Zurich, 1810); 2° Leçons sur la musique pour l'instruction des amateurs (1826). « Ce livre, dit M. Félis, est digne de fixer » l'attention, parce qu'il est un des premiers essais d'une théorie complète » de la philosophie du beau musical, d'après les principes de Herder et » de Jacobi. » Nœgeli a fourni beaucoup d'articles à la Gazette musicale de Leipzig, etc. Il fut un des plus actifs propagateurs des associations de musique chorale; ces cercles ont érigé un monument à sa mémoire.
Pestalozzi (Henri), célèbre philanthrope, né à Zurich en 1745. On le cite comme ayant donné l'idée d'un système d'enseignement de la musique applicable aux écoles primaires, et qui fut réalisé par Michel- Traugott Pfeiffer et Nœgeli. Pestalozzi indique quelques vues générales de son système dans son célèbre roman populaire : Léonard et Gertrude, et surtout dans ses Directions adressées aux mères sur la manière d'instruire elles-mêmes leurs enfants.
Rousseau (Jean- Jacques) naquit à Genève en 1712, et alla se fixer à Paris vers 1743. Les ouvrages de cet illustre écrivain qui ont rapport à l'art musical, sont les suivants : 1° Projet concernant de nouveaux signes pour la notation de la musique (1742); 2° Dissertation sur la musique moderne (1743); 3° Lettre sur la musique française (1753); 4° Dictionnaire de musique (1767); 5° Lettre à M. le docteur Burnexj, auteur de l'histoire générale de la musique; 6° Lettre à M. l'abbé Raynal, au sujet d'un nouveau mode de musique, etc.; 7° Essai sur l'origine des langues, où il est parlé de la mélodie et de l'imitation musicale.
Prévost (Pierre), professeur de philosophie et lettres à Genève, naquit dans celle ville en 1751. Parmi ses nombreux écrits on cite un morceau qu'il a fait insérer dans le volume de l'Académie de Berlin pour l'année 1785, sous ce litre : Mémoire sur le principe des beaux arts et des belles lettres, dans lequel on examine les rapports de la poésie et de la musique avec les sens et les facultés intellectuelles.
Schnyder de Wartensée (Xavier), professeur de composition, naquit à Lucerne en 1786. Ses articles insérés dans la Cœcilia et dans la Gazette universelle de musique de Leipzig, l'ont fait avanlageusement connaître comme écrivain musical.
Serre (Jean -Adam), peintre, chimiste et musicien, né à Genève en 1704. On a de cet écrivain les ouvrages suivants dans lesquels il attaque les systèmes d'harmonie imaginés par Rameau et par Tarlini : 1° Réflexions sur la supposition d'un troisième mode en musique (Mercure de France, mois de janvier 1752, p. 160 et suivantes); 2° Essais sur les principes de l'harmonie, où l'on traite de la théorie de l'harmonie en général, des droits respectifs de l'harmonie et de la mélodie, de la basse fondamentale et de l'origine du mode mineur (Paris, 1753).