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CHAPITRE NEUVIEME

Lft nouvelle Assemblée* — La République proclamée. ~ Violeuces de la Gironde. — De rincompatibilité ministérielle. — Une motion de Bnzot. — Attaque de Kebecqui. — Barbaroux à la rescousse. — Marat et ses accusateurs. — Brissot rayé des Jacobins. — Situation militaire. — Discussion sur la garde de la Convention. — Dumouriez à Paris. — Les patriotes Bertholet et Gonchon. — Fédérés marseillais à la barre. — Intolérance des Girondins. — Préliminaires de combat. — La Robeêpierride de Louvet. — Le ministre Roland et la poste. — Barbaroux et la Commune de Paris. — Accusation de fédéralisme. — Réponse de Robespierre à Louvet. — Triomphe de Robespierre. — Le procès du roi. — Bataille de Jemmapes. — Le roi peut-il être jugé ? — L'armoire de fer. — Renouvellement de la Commune. ~ La loi Valeria. — Étrange motion de Guadet. — La famille rojale an Temple. — Le roi à la barre. — Les conseils de Louis. — Actes divers. — Du bannissement de tous les Bourbon. — Marat et Chabot. — L'appel au peuple. — Exaspération des Girondins. — La lettre à Boze. ^ De la permanence des sections. — Suite du procès de I^ouis. — L'appel nominal. — Condamnation de Louis XVL — Démission de Manuel et de Kersaint. — Assassinat de Lepeletier Saint-Fargeau. — Exécution de Louis XVI.

L'Assemblée qui avait mission de conduire la France à septembre

de nouvelles destinées se composait d'un certain nombre d'anciens Constituants comme Camus, Boissy-d'Anglas, Anthoine, Durand Maillane , Merlin (de Douai), Pétion, Buzot et Robespierre ; d'une foule de députés à l'Assemblée législative, comme Isnard, Brissot, Condorcet, Couthon, Carnot, Merlin (de Thionville) et Vergniaud, et d'une phalange de nouveaux venus dont quelques-uns, in- ' connus hier, allaient rapidement marcher à la célébrité en méritant la reconnaissance ou la malédiction des hommes.

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La nouvelle Voici BiUaud-Varenne,-* l'implacable logicien de la Terreur;

Assemblée. Cambacérès,le futur archi- chancelier de l'Empire; Robespierre jeune, que feront bénir ses missions réparatrices; voici Fouché, dont l'ignoble figure reflétait tous les vices; Tallien, le proconsul sybarite, qui, à la voix d'une sirène, devait si facilement se jeter de la Terreur rouge dans la Terreur blanche; Carrier, le sombre pourvoyeur des noyades de Nantes; voici Danton, dont le visage, gravé au burin de la petite vérole, rappelait le masque léonin de Mirabeau ; voici le doux et sympathique Le Bas, qui mourra martyr volontaire do son amitié pour Robspierre, et Saint- Just, qui devait communiquer aux armées de la République son prodigieux enthousiasme, et qui avait si bien laconscience de sa valeur que, peu de jours avant le lOaoût, ayant à se plaindre des légèretés de Camille, l'immortel railleur, il écrivait à un ami commun : « Arrachez-moi le cœur et mangez4e ; vous deviendrez ce que vous n'êtes point : grands. »

La majorité de l'Assemblée nouvelle se trouva, au début, toute dévouée à la Gironde, car, pour assurer la nomination de leurs candidats, les Girondins au pouvoir avaient abusé de tous les moyens d'influence que donne l'autorité. Si, comme on l'a vu, il leur avait été impossible à Paris de dominer le mouvement électoral,celaleur avait étéassez facile dans les départements , grâce à l'argent de l'État, et nombre de leurs créatures avaient été élues. Ce fut ainsi que, par la seule influence ministérielle, le chantre des amours de Faublas, le facétieux Louvet, fut nommé dans le département du Loiret, où il était à peu près inconnu, où il n'avait aucune espèce de relations, et il s'en félicita avec une ingénuité toute particulière. A peine arrivés, la plupart des nouveaux députés furent entourés, circonvenus, et, comme l'ont avoué quelques-uns d'entre eux, se laissèrent prendre aux fables grossières» aux calomnies incroyables dirigées contre les principaux membres de la

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