‹ Précis de l'histoire de la révolution françaiseChapitre 151 sur 226 · CHAPITRE OMZIÈUB 3tf · texte numérisé non relu

CHAPITRE OMZIÈUB 3tf

dëpartemeHts. Un seul d'entre eux se trouvait déjàezécuté i cette heure. C'était Gorsas. Mis hors la loi par un décret, il avait été arrêté à Paris au commencement du mois, et guillotiné le 7, une fois son identité constatée.

Nous avons dit les fautes et les crimes des Girondins. Leur faute immense, ce fut d*avoir abuse du pouvoir autant et plus qu'aucun gouvernement, et d'avoir jeté dans la Convention, au début même de ses séances, le trouble, les dissensions, l'esprit de haine et de vengeance ; leur crime, d'avoir excité les départements à la révolte et déchaîné sur la République naissante le fléau de la guerre civile. C'était plus qu'il n'en fallait; l'accusation eut le tort d'y ajouter des inventions et des iniquités dont l'histoire a fait justice. Les débats se prolongeaient, au grand mécontentement des enragés. Le 28, Hébert et Chaumette coururent aux Jacobins, et, sur la proposition du premier, il fut arrêté qu'on irait le lendemain sommer la Convention d'enjoindre au tribunal d'avoir à frapper Brissot et ses complices dans les vingt-quatre heures. L'Assemblée, mise en demeure de se prononcer, se contenta de décider qu'à l'avenir, après trois jours de .débats, le président du tribunal pourrait demander aux jurés si leur conscience était assez éclairée, et qu'en cas de réponse négative, l'instruction continuerait indéfiniment.

Les débats duraient depuis cinq jours, quand, le 30 octobre, vers six heures du soir, Ântonelle, au nom du jury, déclara que la conscience des jurés était suffisamment éclairée. Âprè^ trois heures de délibératioîi, le jury rapporta une réponse affirmative sur toutes les questions, et le tribunal prononça contre les accusés la peine de mort. A cet arrêt inattendu, la plupart des condamnés gesticulèrent violemment, en protestant de leur innocence. Quelques-uns eurent l'idée de jeter au peuple des poignées d'assignats en lui criant : A nous, nos amis I Tentative inutile ; le peuple foula aux pieds les assignats aux cris de Vive

la République. Plus résigné , Valazé se frappa d'un stylet au cœur, et expira sur-le-champ. Le lendemain 31 octobre (10 brumaire de Tan II), les Girondins furent conduits à réchafaud dans cinq charrettes. Ils étaient vingt et un, j compris le cadavre de Valazé. Ils moururent tous avec courage, cruellement punis par la Révolution, qu'ils avaient aimée sans doute, mais qu'ils avaient aussi bien gravement compromise. *

Page 1