‹ Précis de l'histoire de la révolution françaiseChapitre 25 sur 226 · CHAPITRE DKUXlAMË · texte numérisé non relu

CHAPITRE DKUXlAMË

toute entreprise contraire aux droits dû peuple et d^ malheurs qui poonraient suivre; (jBe ia4ette publique était mise souâ la sauvegarde de Thonneui français ; enfin qu'«tt^ persistait dans ses précédents arrêtés, notamment ceux^es 17, 20 et 23 juin, dates impérissables dans nos souvenirs.

Retournons à Paris, où de son côté le gouvernement impiiDvisé de Thôtel de ville décrétait les plus vigoureuses masures. La garde nationale était créée, etla cocarde verte de la veille, couleur de la livrée du comte d'Artois, remplacée par la cocarde rouge et Meue, couleur du chaperon révolutionnaire d'Etienne Marcel, à laquelle on ajouta bientôt la couleur blanche en signe d'alliance avec aroyauté. Les faubourgs réclamaient à grands cris des armes ; on'ftibrîqtia instantanément des milliers de piques ; nais le peuple voulait «, des fusils, de la poudre et des balles. Le prévôt des marchands, Flesselles, en se jouant de lui, et en le leurrant de fausses promesses, assuma sur sa tête une responsabilité terrible.

Le lendemain, 14 juillet, dès la pointe du jour, Paris p^^^^ présentait l'aspect formidable d'un vaste camp retranché, de la Bastille. Les boutiques étaient fermées, le toscin sonnait. Une foule "immense, partie de la place de Grève, se .rua sur l'hôtel des Invalides pour y chercher des armes. Au milieu d'elle on voyait, à la tête de ses paroissiens et revêtu de ses habits sacerdotaux, le curé de Saint-Étienne du Mont,' comme en signe d'alliance du bas clergé ^ec le peuple, auquel se joignirent également un grand nombre de soldats échappés de leurs régiments. Les gardes françaises 9e firent surtout remarquer par leur ardeur à appuyer l'insurrection.

De tous les points de la viUe les masses se dirigeaiwt vers la Bastille, comme si l'on s'était donné Iq mot. C'est que la vieille forteresse de Charles V avait, aux yeux -de la population parisienne, une signification sinistre. C'était

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l'image même de la tyrannie sous son aspect le plus lugubre'; elle détruite, il semblait que la lib^rtéétait assurée à jamais.

Bien que pourvue d'une garnison peu. nombreuse» la Bastille n'en était pas moins formidable et raenaçaaite par ses remparts et ses canons. Le comité de Thôtel de ville essaya vainement de prévenir une collision entre ses défenseurs et le peuple. Pendant qu*un député de distnct, Thuriot de la Rosière, destiné à trahir plus tard la Révolution, parlementait a^Bc le gouverneur, M. de Launey, la foule fit irruption dans la première cour, et l'attaque commença. Après une fusillade de quelques heures, la Bastille capitula et ouvrit ses. portes. Cette victoire coûta cher au peuple. Cent quatre-vingts des siens, tant tués que blessés, étaient tombés dans la lutte, tandis que la perte des assiégés avait été à peu près insignifiante. Aussi son exaspé" ration fut-elle grande. De Launey et son major de Losme, que quelques géiléréux citoyens entreprirent vainement de sauver, payèrent de leur vie l'opiniâtre résistance de la place. Deux invalides et deux officiers, les lieutenants de Person et de Miray, furent également sacrifiés après coup. Le prévôt des marchands, Flesselles, succomba aussi pendant qu'on couronnait à l'hôtel de ville un des vainqueurs de la Bastille, le citoyen Élie. Du reste, sa mort fut un accident particulier. On l'accusait de trahison, de manœuvres infâmes. Comme on le menait au Palais- Royal pour ^u'il eût à s y justifier, il fut renversé d'un coup de pistolet par une main inconnue, au coin du quai Pelletier. Il faut plaindre assurément ces victimes des vengeances populaires ; mais il faut honorer surtout ceux qui ont péri pour une noble idée et qui ont arrosé de leur sang le berceau de la liberté.

Le peuple se montra d'ailleurs généreux dans sa victoire. Les Suisses qui l'avaient décimé furent sauvés par lui. Le triomphe devrait toujours rendre clément. La prise de la

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