‹ Précis de l'histoire de la révolution françaiseChapitre 27 sur 226 · CHAPITRE TROISIEME · texte numérisé non relu

CHAPITRE TROISIEME

Effet produit par la prise de la Bastille. — Le roi à rAsscmbléo. — Sa visite AUX Parisiens. -» Premier convoi de rémigration. — Agitation dans les ' provincea. — Lally-Tolendal et Robespierre. — Mort de Foullon et de Bertier. — Les châteaux pillés. — Le comité des recherches. — Ketour de Necker.— La Commune de Paris. — La Déclaration des droits. — Nuit du 4 août. — Résistances du roi. — Dîmes ecclésiastiques. — Discussion sar la Déclaration.— Le principe monarchique mis en question. — Débats sur la constitution. — Le veto. — Débats sur la régence. — La question des vivres.— Détresse financière. — Conspiration de palais.— Les journées d'octobre. — Le chntoan envahi. — Départ pour Paris.

Pendant que Paris enlevait à la monarchie ce prestige juillet 1789. de terreur dont Tenveloppait la Bastille, TAssemblée nationale délibérait sous Timpression des plus vives inquiétudes. On prêtait en eflfet à la cour le dessein de dissoudre les états par la violence, d'arrêter les députés récalcitrants, et la vue des régiments étrangers qui bivaquaient dans les dépendances du château et tout autour de Versailles, n'était pas faite pour rassurer les esprits.

La nouvelle des événements fut apportée à l'Assemblée Effet par un de ses membres, le vicomte de Noailles, lequel dé- <ie la prise peignit sous les couleurs les plus sombres la situation de ® * ** ^• la capitale. Aussi la grande majorité des Représentants apprit-elle avec plus de tristesse que d'enthousiasme la chute de la vieille forteresse du despotisme, comme si déjà elle eût eu peur d'avoir le peuple pour collaborateur dans l'œuvre de la Révolution. Une première députation dépêchée au roi n'en reçut qu'une réponse vague et sèche. A sou retour elle trouva deux envoyés de .l'hôtel de ville.

Ganilh et Bancal des Issarts, qui, au nom des électeurs parisiens, venaient supplier l'Assemblée de prendre des mesures d'urgence afin de prévenir l'explosion de la guerre civile. A l'instant une nouvelle députation fut chargée d'aller insister auprès du roi pour le retrait immédiat des troupes; mais elle ne put obtenir d'autre réponse que quelques paroles banales. Louis X\T ne paraissait nullement se rendre compte de la gravité des choses. Il dormit tranquillement, et parut fort étonné quand son grandmaître de la garde-robe, le duc de La Rochefoucauld- Liancourt, tout ému, le tira de son sommeil pour lui raconter en détail les scènes dont Paris avait été le théâtre. « C'est donc une émeute? s'écria le roi.— Non, sire, reprit tristement le duc, c'est une révolution. » Celui-là du moins commençait à comprendre la situation?

Dès le lendemain matin l'Assemblée rentrait en séance. On décida qu'une troisième députation irait essayer de désabuser Louis XVI et de le prémunir contre les perfides conseils de son entourage. Elle allait partir, vivement invitée par Mirabeau à avertir le monarque que les satellites étrangers, chargés de garder sa couronne, prédisaient, dans des chants impies, l'asservissement de la France, quand on annonça l'arrivée du roi. Le roi II parut, accompagné de ses frères, au moment où un

membre du clergé, l'évèque de Senez, proposait de l'accueillir par un silence glacial. Debout et découvert au milieu de la salle, Louis XVI prononça quelques paroles rassurantes. 11 déclara qu'il ne faisait qu'un avec le pays, qu'il se fiait entièrement à l'Assemblée, et il la pria de l'aider à sauver l'État. De chaleureuses marques d'assentiment et de sympathie accueillirent sa déclaration. Il partit un peu consolé, et retourna à pied au château, suivi d'une foule enthousiaste. Puis il se montra au balcon avec sa temme et son fils, et mille cris d'amour et de bénédictions montèrent vers lui, comme pour le remercier de son acte de con-

àrÂssembi«c.

Page 1