‹ Précis de l'histoire de la révolution françaiseChapitre 28 sur 226 · CHAPITRE TR0I81ÈMB · texte numérisé non relu

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descendaitce envers rAssemblée. Ces murmures de tendresse populaire, les derniers qui retentirent un peu vivement aux oreilles de Marie-Antoinette, furent impuis- • sant^ à rallier à la cause de la Révolution raltière fille de Marie-Thérèse. Désormais elle n'entendra plus guère que des malédictions.

Cependant des bruits alarmants circulaient. On annonçait que les Parisiens allaient venir, en armes, inviter le roi à se rendre dans sa capitale. L'Assemblée, ayant eu vent de ces rumeurs, se hâta d'envoyer à Paris une centaine de ses membres pour calmer les habitants, en leur donnant Tassurance que les troupes seraient très-prochainement éloignées de Paris et de Versailles, et que l'établissement de la milice bourgeoise serait confirmé. Ce fUt en présence de cette députation que le soir, à l'hôtel de ville, les électeurs appelèrent Lafayette au commandement de la garde nationale, nom dont on baptisa la milice parisienne, et choisirent Bailly pour maire de Paris. Le vieux titre de prévôt des marchands était supprimé, et celi^devait être.

Les députés, en traversant la ville, avaient été accueillis par de formidables acclamations. La vue de la foule innombrable répandue dans les rues; de ces cent mille hommes armés de sabres, de fusils et de piques, spectacle étrange et nouveau, put leur donner une idée de la force irrésistible dont la Révolution s'était accrue depuis la veille. Les cris de : a A bas les ministres ! vive Necker ! nous voulons voir le roi! » avaient fréquemment retenti sur leur passage; ils ne manquèrent pas d'en rendre compte à leur retour. Louis XVI, pour complaire au vœu populaire, renvoya ses ministres, rappela Necker et se décida à aller le suriendemain même rendre visite aux Pa- Visite risiens. L'Assemblée, en apprenant cette résolution, dési gna cent de ses membres pour l'accompagner, afin qu'il se Parisiens montrât escorté des représentants de la nation.

de l^uis XVI aux

C'était le 17 juillet. Au moment où Louis XVI se dispo* sait a partir pour contracter une sorte d'alliance avec la Révolution, le comte d'Artois son frère, les princes de Condé et de Conti, la famille de Polignac, le maréchal de Broglie, le prince de Lambesc et quelques autres, déser* taient la cour et passaient à l'étranger, songeant déjà, sans aucun doute, à susciter à la France nouvelle d'implacables ennemis. Ce fut là le premier convoi de 1 émigration.

C'était chose rare, depuis Louis XIV, de voir un roi de France à Paris. Aussi il y avait dans les rues une affluence énorme. Bailly, en sa qualité de maire, vint recevoir le monarque à la porte de la Conférence, et il lui offrit les clefs de la ville, les mêmes qui avaient été présentées à Henri IV par le prévôt des marchands L'huillier. Arrivé à l'hôtel de ville, où l'un des électeurs, Moreau de Saint-Méry, le complimenta de ne devoir désormais qu'à ses vertus la couronne qu'il tenait de sa naissance, il reçut des mains du maire la cocarde révolutionnaire, dont il sempressa dorner son chapeau, aux applaudissements des assistants. II put à peine articuler quelques paroles, tant il était ému. Après avoir entendu un discours de Lally-Tolendal, qui s'attacha à faire remonter à lui toutrhonneur des conquêtes libérales, il se retira, toujours escorté des députés de la nation. Le signe tricolore qu'il portait lui servit de talisman, et, en traversant la multitude agglomérée sur la place de Grève et sur les quais, il put entendre les cris de vive le ;*oi mêlés à ceux de vive la nation. Il était neuf heures du soir quand il rentra dans son château de Versailles. La reine le serra convulsivement dans ses bras. Elle avait craint de ne pas le revoir, tant elle se méfiait des sentiments de la population parisienne. Ce fut, hélas! cette méfiance qui la fit courir à sa perte.

Agitation La fermentation de la capitale ne pouvait manquer de les provincos. se propager dans les provinces. Il y eut des mouvements

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