LVI. ANTOINE KJTBNIS
Notre chroniqueur Raymond Juyenis » selon sa looable habitude « eommence par nous apprendre quel fot le lieu de naissanee de eet éT^ne et de quelle tige illustre
il était sorti. La ville de Gap le vit naître dans son sein l'on ne saurait dire précisément en quelle année. 11 appartenait à la lumille des Juvenis issue des vicomtes de Marseille, par un GéofProi et un Guillaume appelé Juvmi» parce qu'il était le plus jeune de ses frères, ainsi que notre historien l'avait lu dans un mémoire de Tau 4410 , transcrit en marge d'un registre de la maison consulaire de Gap , et dans le livre du chapitre de cette ville. Le père de ce prélat n'était rien moins que chambellan et capitaine de l'un de nos grands suzerains , Louis 1*''',' roi de Sicile et de Jérusalem. Antoine Juvenis eut en outre un frère aîné nommé Jean qui assista de ses conseils et de son bras la reine Marie et Louis n , son fils » en la guerre qu'ils eurent à soutenir contre le vicomte de Turenne. Notre évéquc lui-même était chancelier de Louis II , et ce n'est qu'en revenant de Pise , où il avait assisté à l'investiture du royaume de Sicile donnée par Alexandre V à ce prince» qu'il prit possession de l'évéché de Gap.^ Le 94 septembre 4440, il jura d'observer les statuts et les privilèges du chapitre. Son arrière-neveu ne nous apprend rien de ce qui advint dans la suite à Antoine Juvenis , ni de quelle manière se termina un différend élevé entre lui et le concurrent que le pape Alexandre lui avait donné , pour avoir suivi le parti de* Pierre de Lune ( Benoit XIII); car, à cette époque le nombre des souverains pontifes s'éleva jusqu'à trois.
Le plus zélé , le plus agissant pour Benoit JUII qui
^ègeait à Avignon , le plus redouté par Grégoire XII qui occupait la Tille éternelle, c'était, d'après Chorier, Antoine Juyenis. Le roi de France Charles VI, 8*étant
déclaré pour le pape de Rome , fit arrêter notre éyéque
ainsi que l'abbé de Saint-Denis, et ils eurent l'un et l'autre le Louvre pour prison : au bout de quelques mois la liberté leur fut rendue*
Antoine Javenis avait paru , en qualité d'ambassadeur du roi de Sicile , aux assemblées du clergé de France tenues à Paris en U07 et 14^08.