‹ Précis de l'histoire de la ville de Gap, suivi de notes et éclaircissements et de notices biographiques sur les évêques de cette villeChapitre 58 sur 74 · LXVII. ARTOS DE UONNE · texte numérisé non relu

LXVII. ARTOS DE UONNE

Bien que le 43 août un eoadjntenr eàt été donné au dernier éyéqne, que cette nomination eût été confirmée •lo 16 janTîer 4685, et pins récemment «leore par vn acte da mois de mai 4687, le nonrean prélat ne prit possession du siège épiscopal qu'en l'année 1640. C'était le célèbre Artus de Lionne qu'une de ces pertes immenses qui désolent une vie entière, lorsque la religion ne prête pas son secours', avait poussé dans la carrière ecclésiastique» Artus, fils cadet de SéiNistien de Lionne et de Bonne do Portes, apiés avoir terminé ses études d'une manière brillante , fut pourvu d*une diarge au parlement de Grenoble. Bien jeune encore, il épousa dans cette ville Isabelle de Servien , fille du seigneur de Biviers, et sœur d'Abel de Servien , surintendant des finances de France. Cette noble dame, aussi belle que vertueuse, après avoir donné à son époux un rejeton digne de tout point de In maison deLionne » làt enlevée à la tendresse de sa limille lorsque à peine eBe anralt fait quelques pas dans la carrière de la vie. La mort vint la frapper dans la 21* année de son âge. Dès lors toutes les pensées de M. le conseiller de Lionne se tournèrent vers Dieu ; sa dévotion devint exemplaire , et il finit par se lier aux ordres sacrés, ^ommé par le roi à l'évèché de Gap , il eut beaucoup de peine à accepter cette dignité; mais dans la suite il ne voulut jamais abandonner son Eglise, et lorsque en 4648, Louis XIV voulut le transférer sur le siège arcbiépiscopal d'Embrun, il n'obtint qu'un refos de noire évéque^

Institué canoniquement le 41 avril 1639 par le pape UrbaÎD VIU , Artus de Lionne fit son entrée dans Gap le 19 avril de l'année snifante • après avoir jaré à la {lorte Lignole d'observar Itos libertés et les privilèges de la ville, lia été parlé dans le Préds des démàrehes ftf tes parles jésuites d'Embrun dans le but de s'établir à Gap et on a dit comment, selon 1- expression du Livre des Annales des Capucins, ils forent rebrettés par le cbapitre, les moines de tons les oonvents et le conseil de la commdnauté La voie de fait commise par lès calvinistes sur les, frères pàûtentsa été également rapportée dans le texte ; mais

* Le rédacteur du Livre des Annales des Capucins ajoute , p. ISâ , au sujet du refus de recevoir les jésuites : < Lesdils pt>res jésuites nous c ont fait ensuite tout ce qu'ils avoient peu contre nous et faschés en

i toutes les rencontres L'on peut voir les Mémoires que le

< P. Scolastique , gardien , en a escript , qui sont dans les archyves c dudict couvent , pour donner une plaine connaissance de ce qui se r passa pour lors , et de ce qu'il faut faire] en cas que lesdils pére$ c jésuiki «ouJÉiwtil de reehef reprimêre ù de$iHn de éeûalbW c daneGap m fàrmeeê mCiifoii, psàr U» empticher. »

L'espace nous manque pour transcrire la recette du P. Scolastique sur la manière dont les jésuites doivent être rebrellés au cas où ils se présenteraient de nouveau. Supposer;, avec Lafontaine, qu*w^ moine ett lùHiemrt eAotiim» et que les m^feos indiqiiés^téR. P. garte sont des plos lidles.

La délibération du conseil général de la ville de Gap sur le même sujet est du 13 mars 1644. Les consuls en exercice étaient Raymond Jinfenis, avocat et procmeiv da roi âubaiUage ; Laurent deBouiBer, sienr de Sabneet» aonl avocit; etJebin-tDC Ejnnd. Au conseil gênéni anii-jésoite figurent <|Omemlms, pinni lesquels on trouve noble lélian Abouy sieur de R^sfnier ; Antoine Rocbas, procureur; CSaspurd Gombasaive ; Piene Harchon ; Honoié Gautier ; Antoine Vallon et Noë Bomquz;

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je dois ajouter que pendant l'épiscopat d'Artus de Lionne « la Tieilie cathédrale ruinée par les protestants en 4577 fut presque entièrement rétablie sur de nouveaux plans» Bn 464^6, réYéque, le chapitre et la ville donnèrent par adjudication la construction du clocher et la réparation des murs d'enceinte, d'après les dessins du P. Vincent Léotaud , jésuite né dans la Val-Louise. La dépense devait être supportée par le prélat, le chapitre et la commnnauté dans des proportions inégales. Les travaux s'exécutèrent avec lenteur, puisque . par son eodicile du 46 avril 4664, Artus de lionne légua 94,000 livres qu'il reconnaissait devoir depuis le mois de mars 4640. Cette somme devait être employée par moitié à l'église et à la maison épiscopale, et payée par son fils Hugues de Lionne, marquis de Breai, l'un des premiers ministres du conseil d'en haut , à compte de ce qu'il devait à son père sur les revenus de l'abbaye de Solignac en Limousin. Sans-doute que les intentions du testateur furent exactement remplies par le fih très connu d'un st glorievx père. Artus de Lionne fit au surplus des legs à l'église cathédrale et aux églises paroissiales de Lettret, de Chàteauvieux , de Lazer de Rambaud , de La Bâtie-vieille , de La Bâtie-neuve , de Polignii de la Fare , du Glaizil et du Noyer ; ces anciennes seigneuries de l'évéché de Gap, obtinrent chacune 500 livres.— Trois jours après, c'est-à-dire, le 49 avril 4664 , notre prélat âgé de 80 ans environ, quittait presque furtivement sa ville épiscopale , et allait donner sa démission de l'évéché. Retiré à Paris , il y termina sa glorieuse carrière le 21 mai 1663. Le prieur de Charmes vint prononcer à Gap son oraison funèbre , laquelle fut imprimée à Grenoble en 4675.

Cetévéque aussi recommandable par les vertus qu'il

apperdicb;

montra sur le trône épiscopal que par ses hautes connaissances en mathématiques, fut le premier qui tira de l'oubli le nom et la mémoire de ses prédécesseurs an siège de ce diocèse, « pour salisfoire à la sainte intention de nos- < seigneurs du clergé de Flrance et à la prière de MM. de « Sainte-Marthe , » ainsi qu'il le dit lui-même dans le préambule de son recueil auquel il a donné ce titre: HoUc des évesques de Gap , desquels nous avoiis pu avoir quelque mémoire. Afin de débrouiller ce cahos , il fit faire des recherches dans toutes les archives du Gapençais et dans celles de la chambre des comptes d*Aiz. Raymond Jovenis et le P. Pagi lui fournirent aussi quelques documents , ainsi que le premier nons l'apprend dans ses Mémoires. Artus de Lionne est auteur de YJmanior curnlincorum comtemplatio , que le P. Léolaud fit imprimer à Lyon en 4634. Notre prélat considère principalement dans cet ouvrage la lunule d'Hippocrate et celles formées à son imitation par des cercles de rapports différents de celui de deux à un, ainsi que divers espaces circulaires dont il détermine les quadratures absolues. Le premier, il a remarqué la quadrabilité absolue des deux parties de la lunule d'Hippocrate , coupées par une ligne partant du centre du plus grand cercle*

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