LXVII. PIERRE MARION
Pierre Marion né à Paris , s'était acquis de la réputation dans les armées du roi avant d'entrer dans le saint ministère ; il devint ensuite abbé de Saint-Paul , et, le 14 décembre 4661 , il reçut son brévet de Louis XIV pour remplacer M. de Lionne. L'année suivante il obtint ses balles du pape Alexandre vn , et fàt sacré à Paris pae
'wniDici^
Hardouin de Perefixe , alors évéque de Rhodez, Jean de Montpeau , évêque de Châlon-sui^aoïi©, H Jacqim Seguier , évèque de Lombes. Cepevdanl « il ne fit son entrée du» Gai»-, que le B septembre .1668.
( et évêque s'occupa de la réédificitîon du i>alaig épiscopal et de la discipline ecclésiastique^ Eh l(S69, fl enjoignit ant ehaâoines et ânz prêtres de son diocèse qui se tron- Talent dans ^ ëas, de quitter leurs longs cheveux , de se ftire tonsurer , et de portèr des habits convenables à l'état ecclésiastique. Il eut ensuite quelques démêlés avec son chapitre relativement aux annates et aux réparations de l'église cathédrale , auxquels mit un terme la sentence arbitrale de d673, portant, entre autres dispositions, que la crosse donnée par Artus de Lionne serait convertie en «ne croix d*arg^t* G'ést la même sans doute qui, dé Éos jours,- figure encore dans les cérémonies religieuses.
L'événement le plus important sorvenn pendant Tépisr çopat' de Pierre Harion fut la fondation d'un séminaiiv dans le diocèse de Gap. La preqûère impuUioyi fut donnée par une noble dame de la ville, damolselle Marguerite Baud , veuve en dernières qoces d'Albert de la Villelte , seigneur de Furmeyer. Par son testament du 1**. juin 167i , après avoir donné mille livres pour enchâsser les reliques de saint Aniouz» elle institua Févéque pour son héritier,le suppliant, après que son héritage aurait été 11liquidé, d'employer le restant en œuvres pies et charitables et particulièrement à l'érection d'un séminaire où seraient instruits les jeunes clercs , les prêtres et les curés , à condition qu'il serait célébré à perpétuité dans l'église dudit séminaire «ne messe basse les jours de lêleellMdima»» ches de chaque année. Le 5 mars 1678 , HarioB • élaUit Ip
séminaire au Heu de Corrié , mandement de la Rochedes- Arnauds , paroisse des Beaux. Il en commit la conduite à son vicaire généra}* au curé de Saini-A^dré , et à SauTaire dément,, prétrea de D. de SaaVetem et promotear. A cea troia ecdégia a gqoee, Téréque aobstitna dana la suite les .pères de la Doetrhie Chrétienne de la province d'Avignon , sans songer que le fameux évêque d'Ypres avait publié depuis long-temps ses quatres propositions , et que les doctrinaires étaient yéliémentement
soupçonnés de ne pas Tooloir les troarer dans le livre de Janseniuf.
Pierre Marion monrat le 911 août 1675, après avoir légué 600 livres au couvent des Capucins , et 200 écus aux Chartreux de Durbon. Le testateur avait désiré que son cœur fut inhumé dans l'église de ce dernier couvent ; mais les pères de Durbon déclarèrent qu'ils ne pouvaient itecevoir le dépôt que Tévéqne avait voulu lenr conter qu'an préalable les SCO éeus ne leur ftusent eomptés ; alors la dame Duché , nièce de M* Marion.» fit placer le cœur du prélat dans la chapelle de N. D* de l'église dés Capucins , à l'endroit où une plaque d'étain fut posée dans le mois de septembre de Tannée même du décès.
Pendant Tépiscopat de Pierre Harion , il n'était bruit dans les vallées des Alpes comme an sommet des monts, que des merveilles que Dieu opérait au Laus par l'intercession de la sainte Vierge ; et ces merveilles se prolongèrent durant la seconde moitié du XVII" siècle , alors que Louis XIV étonnait l'Europe par ses conquêtes. Elles continuèrent à se manifester pendant le siècle du scepticisme; elles se montrent encore de nos jours aux esprits dmples, aux lunes pieuses, et aux cœurs purs qué la foi a'à pas délaissés. A ce sujet, voir la Note Q , page
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LXVIJI. GUILLAUME DE MESCUATIN-LA-FAY^.
Aprèft la mort de Pierre HarioD, le siège resta vacanl pendant deux années. Ce ne fût qa!en 1677 qu'un noble comte de Saint-Xean de Lyon , messire Gnillanme de Meichatin-la-Faye, fut nommé évéqne de Gàp. n fit son entrée dans la ville le 4 décembre , siégea peu de'iemps, et mourut le 20 février 4679. Son érudition, sa rare piété avaient fait concevoir de grandes ' espérances à ses diocésains qui le regrettèrent beaucoup , principalement les Capucins qu'il aimait avec tendresse, et auxquels il avait fait des aumônes considérables.