LXXV. FRANÇOIS DE NARBONNE-LARA
Cet évéque, de la lunille des vicomtes de Narbonne , naquit dans le diocèse de Gondom , et fut le successeur de M. de Pérouse dont il publia le bréviaire. On a dit et
imprimé que M. de Narbonne se trouvait au nombre des quatre prélats de cour qui refusèrent de parler de confession à Louis XV mourant. L'auteur pseudonyme des Mémoires de Lowê X^III* a tracé- de noire prélat le portrait peu flatté que je transcris Ici :
^nantie monde littéraire oo aUribue ces Mémoires à M. LamoUeiangoD.
« L'évèqao de Gap , M. de Narbonne , annidnier de « mes deux antres tantes (Mesdames Victoire et Sopliie), • était pins grand seigneur qn'Iinmble prélat. C'était un « bel bomme fort en odenr de sainteté auprès de nos
« vieilles douairières , et qui était plus occupé de son « avancement temporel que du salut de son âme. »
L'auteur de la cbarte ne s'est pas montré fort charitable s'il a réellement tenu le propos qu'on lui attribue dans les Mémoires publiés sous son nom. Quoi qu*il en soit , il est certain que M. de Narbonne songeait à son avancement, et qu'en l'année 4775, il fut transféré au siège d'Evreux.
Pour les autres actes de son épiscopat , nous renvoyons au Précis, p. 134.
LXXVl. FRANÇOIS-GASPARD DE JOUFFROY- GONSANS. (1774-1777).
Le successeur de M, de Narbonne prit possession de l'éyèché de Gap le 25 octobre 477». R était cbanoine de Saint-Claude au moment où il fut élevé à Tépiscopat. La douceur de son caractère, la pureté de ses mœurs,
le zèle qu'il montra pour la religion , ont été remarqués par ses contemporains , car ces vertus devenaient alors assez rares, même en province. Sur le siège du Mans , où il fut transféré en 1778, M. de Joufiroy s'occupa d'abord de rétablir l'ordre et la paix dans son diocèse ; mais il ne put y parvenir qu'en unissant k la patience une grande fermeté. Député aux Etats généraux en 4789, il protesta contre les décrets de l'assemblée constituante , et se retira, vers la fin de 1792 , à Paderbon en Westphalie. Les chanoines de cette ville Taccueillirent avec les égards dus à son rang et à sa position , et lui assignèrent un revenu de 4,S00 florins. Gomme il était
362 APPEROICB*
natarellemeat écoDomei tt se trouva astex riche avec ce faible revenu pour venir an secours de ses compatriotes plus malheureux , sous le rapport de la fortune , qu'il ne Pétait lui-même. M. de Jouffroy , né au château de Gonsans près de Besançon en 47i3y mourut dans rezUà l'Age de 74 ans. (i797).
Nous renvoyons encore an Précis historique page 451 , pour compléter sa notice.
LXXVll. JEAN-BAPTISTE-MÂRIE DE HAILLÉ DE LA TOUR-LANDRY. (1778-1784).
Voici venir le prélat le plus gai, le plus jovial, le plus spirituel de France , le représentant le plus fidèle du siècle évaporé qui usurpa le titre de philosophique. Voici venir ftL de Maillé que Ton nous donne pour succéder au pontife un peu morose qui s'en allait vers le Mans. Il va effikcer dans tons les esprits les traces de l'orage épouvantable qui avait précédé son entrée dans la ville de Gap , laquelle entrée eut lieu sans foçon le 26 juillet 1778 , et sans que le nouveau prélat se fut fait annoncer. M. de Maillé fit bientôt de Charance son séjour ordinaire. Sa table était toujours ouverte à la bonne compagnie de la ville et de la banlieue. Là se montrait en première ligne M. le vi-baiUiPiiiiibert, bien que chaquejour il eût à supporter les sarcasmes de M. FaUié de- Lavilletfe, grand vicaire du diocèse et abbé de Glausonne,. et les railleries fort piquantes de Bf • le chanoine Flour de Saint-Genis. On y voyait encore figurer avec avantage M. Vallon , président de l'élection , et surtout le R. P. Vincent, le plus aimable des capucins de la ville.
APPBRDlGtf.
La famille tonte puissante de M. de Maillé eroyani
qu'un évêché plus riche que l évcchc de Gap lui permettrait de payer les dettes qu'il avait contractées dans cette ville , lui fit obtenir le siège de Saint-Papoul en Languedoc , où notre prélat se rendit en 1784. Il ne quitta sa nouToUe résidence qu'après la promulgation de la constitution civile du clergé ; etjquoi qu'en ait dit le journal janséniste de l'abbé Grégoire , ( Anmdes de lo Religion y tom. XI), M. de Maillé n'abjura jamais sa religion. Pendant la révolution , il demeura presque toujours à Paris : il y rendit beaucoup de services jusqu'au moment où il fut déporté à Tile de Rhé avec plusieurs autres ecclésiastiques qui , comme lui , furent rassasiés de souffrances et d'amertumes. A l'époque du concordat M« de Maillé fut nommé évéque de Rennes ; mais dans ce nouveau poste , il ne vécut pas toujours dans une harmonie parfaite avec le fameux Mounier, préfet à la même époque du département d'Ille et Vilaine. J'ai déjà annoncé dans le Précis , p. 133 , que M. de Maillé était mort à Paris en iWt au moment du sacre de Napoléon.
Bien avant cette époque il avait apporté de la réforme dans ses mœurs, et en était venu aux pratiques les plus strictes de la dévotion ; il avait eu même assez d'ascendant sur ses associés aux fêtes équivoques du château de Charance , pour les ramener à une conduite très régulière. Notre siècle est trop décent pour que je l'expose à rougir des contes graveleux , des couplets satiriques que les contemporains de M. de Maillé nous ont transmis» Le pocme de La Landoride ou La Landryade * , qui n'est pas venu jusqu'à nous et que l'on attribua à M. l'abbé
' AUusioB au Dom de Landry^ l'un de ceux de noire évèqne.
364 APPENDICB*
Rolluid, depuis député à rassemblée constituanle, fit, dit-on , les déliées des eonnaissears gapençaîs. Je préfère terminer celte Notice par un éloge parti du couvent des capucins de notre ville. « M. de Maillé avait pour nous
• une bonté singulière. Le P. Vincent résidait avec lui « à Charance. £n son absence un antre rellgieaxlui « donnait la messe, n nons témoignait la plus tendre « amitié quand nous le. visitions; il nous a donné pour
• acbeyer l'aqueduc de la fontaine, en trois temps diffé- « rents, livres. Fipat ad longos annos, »
La conduite tenue par notre évêque pendant et après la révolution a effacé bien des fautes; et je m'associe de bon cœur au Fwat du rédacteur des Annales des Capucins*
UXVDL FR AMÇOIS-HENRI DE LA BROUE DE VARfiILLES.
On a déjà pu remarquer dans la succession de nos évéques les contrastes les plus frappants. A Sagittaire on a TU succéder saint Arey ; à Ripert le simoniaque , le glorieux saint Arnoux ; à l'irascible Othon II , le doux
et pacifique Raymond de Mévouillon ; à Gaucher de Forcalquier si violent et si cruel, le bon Gabriel de Sclafanatis ; à Clennont Tapostat , Paparin de Ghaumont qui Tcrsa son sang pour le triomphe de TËgUse ; à l'amateur d'une vaine gloire , au prélat à l'esprit processif, à Garitat de Condorcet en un mol, Pierre-Annet de Pérouse qui terminait les procès et n'en intentait jamais à personne. Après M. de Maillé , le ciel nous devait donc un prélat de mœurs austères , d'une piété non équivoque , d'une gravité imposante , devant lequel vinssent s'émousser les traits malins lancés par les gapençais contre Tépiscopat,
APPENDICE. 5fô
à roccaftion de la légèreté et de la eendaHe imprudente
de leur dernier pasteur. Le roi et le souverain pontife furent les instruments du Très-Haut lorsqu'ils nous envoyèrent pour succéder à M. de Maillé, François-Henri de La Broue de Vareilles , abbé commendataire de l'abbaye royale de la Grâce-Dieu , et vicaire général du diocèse de Metz.
Né le 2 septembre 173^ au château de Sommières en Poitou , M. de Vareilles fit ses études à Paris au séminaire de Saint-Sulpice. Elevé au sacerdoce, il fut nommé chanoine de Meaux en 1760 , grand vicaire de Metz en 1763 , et évéque de Gap en 478ft. Au mois d'avril de Vannée suivante , il termina un différend qui s'était élevé entre le Chapitre et MM. Bontoux et Escallier , curés de la paroisse Saint-Arooux.'. Les bonnes œuvres, les soins charitables du nonvean prélat continuèrent jusqu'aa mois de juillet 1791 , époque où il se vit contraint de sortir delà ville pendant la nuit et sous des habits empruntés , après avoir essuyé un assaut au palais épiscopal, lequel eut pour résultat beaucoup de vitres cassées*.
' Voici le nom des dianoines tels qu'on les trouTe dans les délibérations qui précédèrent la sentence arbitrale rendue par M. de Vareilles le 24 avril 1 785 : Jean Busco , doyen ; Jean-François-Arnoux BIanc« archidiacre ; Ignace Céas , prévôt ; Joseph de Labastie ; Jacques-Marie Flour de Saint-Genis ; Pomponne Gautier; Félix-ÉUenne Bonnard; Joseph Bnilinel ; Ignace de Cazeneuve ; Augustin-Pierre-Joseph Dupuy, et François Marcbon. La révolution les trouva presque tous dans les stales de l'église cathédrale.
' Quelques jeunes patriotes avaient porié une cocarde nationale à l'évêché, et invité M. de Vareilles à s'en décorer. On prétendit quelques jours après que J'évèque STaii iiadt i»lacer oeue cocarde sur la queue de
M. de Vareilles se caeba pendant qoelqae temps à Grenoble et dans les enTÎrons de Lyon ; ensuite il passa en Savoie et fixa sa résidence à Ghambéry. Mais forcé bientôt
de quitter cette ville qui allait être occupée par Tarmée Française , il se retira à Fribourg où les évêques émigrés avaient établi une table commune pour cent vingt prêtres indigents , expatriés comme eux. « M. de Vareil- « les devint le trésorier de la caisse de seconrs; il « inventait chaque jour de nouveanz moyens pour se « procurer des -aumônes ; il allait souvent servir ces « prêtres qui pleuraient d'attendrissement à la vue d'une c charité si touchante. » M. Beaupoil de Saint-Âulaire , évêque de Poitiers , mourut à Fribourg dans les bras de notre prélat qu'il avait nommé son exécuteur testamentaire. En 1796 , M. de Vareilles se retira à Munich , et ne rentra en France qu'an mois d'août I8i4 : il était alors ftgé de 80 ans. H habita la ville de Poitiers où il dirigea l'association des jeunes personnes dont le but était de faire élever de pauvres orphelins. Chaque année on donnait, et on donne encore dans celte ville, une retraite à quatre-vingts femmes pauvres* M. de Vareilles assistait aux exercices et servait ces pauvres femmes le jour de la communion générale ; il fut nommé chanoine de Saint-Denis en 1838 , et il mourut à Poitiers qu'il n'avait pas quitté , le 23 novembre 4831 , à l'ège de quatre-vingt-dix-huit ans. Par décision royale du 50 du même mois | il fut inhumé dans la cathédrale de cette ville.
1*1» de ses elievaux, et qnll avait, M, la cocarde notre des aristomies , non à son cbapetu^ mais dans le coor, Ain de meltie im terme à ces dameiRS, M. de Vaieilies se vit obligé de paroovrir la ville avec la cocarde Irioolare àson diapeaa* ( Sonvmin tfW cimUmpormfn.)
AmNDlGS.
« Tous les jours de la vie de noire pieux pontife furent « des jours pleins , selon la belle expression des livres * sacrés. Méditer les vérités du salut , assister au sacri- •« fice de nos autels , lire des livres édifiants , entendre « la parole aaiiite, tels forent les devoirs qu'il remplit
» avec fidélité jusqu'au tombeau Au bruit de la
« mort du pontife , toute la cité est plongée dans la dou- € leur; il fout défendre sa dépouille mortelle des empres- « sements de la vénération publique; les magistrats les «( guerriers , tout un peuple suit son cercueil dans un « recueillement profond »
Après cet éloge , extrait de l'oraison funèbre de notre ancien évèqué , prononcée le décembre 1851 par M. l'abbé Lambert , vicaire général de Poitiers , il né
nous reste qu'à renvoyer le lecteur à la page 136 du Précis et surtout à la note R , page 260. 11 y trouvera le complément de ce que nous avons pu dire de M. de Vareilles , de ce doyen des évéques de France , qui dans l'âge mûr vit éclater la première révolution , et vécut assez long temps pour être témoin de la dernière.
IGNACE DË GAZËNEliVË , chanoine de Gap , N GARNIER, curé d'Avançon ,
Élus SQCces&ivemeol évêques conslituliûQnels des Haates-Âipes.
J'ai pensé qu'il ne serait pas superflu de présenter ici la ville et le diocèse de Gap sous le rapport des croyances religieuses vers la fin du xvm* siècle et poidant la révolution.
868 APPfiNDlCB.
Le souvenir des excès commis dans cette contrée par les religionnaires, transmis de génération en génération, sans tenir compte des violences exercées contre eux pendant le règne de Louis XIV , subsistait encore avec beaucoup de force dans la ville de Gap avant la révolution. On voyait alors de bonnes et vieilles damés , sur qui le philosophisme avait glissé sans produire la moindre altération dans rancienne croyance , ne parler des bugnenots qu'avec une espèce d'horreur. Mais si les vénérables matrones de 4789 croyaient toujours fermement au dogme catholique et pratiquaient religieusement les devoirs qui en découlent , la foi de leurs époux et de leurs fils était déjà fortement ébranlée à cette époque. Aux querelles de la réforme avaient succédé les discussions non sanglantes du jansénisme ; et sur les ruines de celles-ci s'était élevé le pbilosopbisme qui tècbait de liire table rase en balayant devant lui toute croyance religieuse. Vers les deux tiers du siècle des lumières, M. le procureur fiscal de la ville de Gap était abonné au Mercure de France , rédigé alors par les déistes Laharpe et Marmontel , bien différent de ce Mercure qui, au commencement du XIX* , changea de nature et de couleur sous la plume des Fontane , des Chateaubriand et de ce mémcLabarpe devenu chrétien. M. le procureur fiscal s'empressait de communiquer son Mercure à M. le premier consul, devenu plus tard M. le maire , qui , en échange lui glissait sous le manteau le Zadigetle Candide du sieur Arouet de Voltidre « ou le Discours du citoyen de Genève sur l'inégalité des conditions , voire le Système de la Nature attribué alors à ce pauvre Mirabaud , secrétaire de l'académie française , devenu après sa mort le bouc émissaire de la secte Holbacbique. Oo vit même circuler dans Gap
A^PBNDICB-.
ce fameux livre de TEsprit qui divinisait la Matière , dans lequel Helvétius , plus conséquent que ses co-religionnaires,- jetait lea fondements. de la morale de l'individDa-, lisme. Lea gentlishommea dea environa recevaient dana, lenra ebftleanx lea limiaona inombrablea du grand-œovre encyclopédique ; de sorte que l'on commençait à préconiser dans tout le diocèse la sublime Philosophie , et à prêcher la Tolérance , ou pour mieux dire , rindifférence universelle » lorsque éclata la révolution.
Nos pères n'eurent garde de repousser la Constitution civile du clergé. L'évéque conatitutionnel des Hautes- Alpes fut élu au milieu des acclamations , et M» de Yareillea, abandonné alora par la plus grande partie de aon clergé, ne quitta le diocèse qu'après avoir lancé Texeommunication contre l'évéque intrus. Cette arme autrefois si terrible et aujourd'hui si impuissante , n'excita que le dédain et la pitié. M. Ignace de Cazeneuve alla se placer à Embrun sur le trône du fier M* de Leyssin qui l'avait également excommunié, et trouva, plua qu'il n'en voulait, dea granda-vicairea et dea chanoinea pour occuper lea atallea de la aupeii>e métropole dea Alpea-Maritimea , deacendue au rang d'église catbédrale du département des Hautes- Alpes.
Cependant le clergé assermenté fut ramené preaque en maaae à la aaine doctrine par la bulle du pape, contre la Gonatitation dvile. Le P. Rossignol de Val-Louise , le
dernier des jésuites (anciens), en publia une version française qui suscita une espèce d'insurrection à Embrun. Des pierres furent lancées contre le traducteur par le peuple conatitutionnel, et des chansons grivoises improvisées par lea patriotes goguenards de la vieille cité. Puis, toul
370 AMtRDlCl.
culte chrétien fat abandonné à Embnm comme à Gap pour Idre place aux eéréiiioiiiet d'une reli^on nonviÂle donlle cnlte était resté inconnu jusqu'à nos jonn : c'était celui de l'athéisme.
(1793-1794). On promenait dans les rues de la ville de Gap chaque jour de décadi , quatre ou cinq déesses de la Raison , intronisées dans de Tieox âiuteniis sortis dn d-devant évéché. Elles étaient portées lour-à-tonr parde braves et robustes sans-culottes du quartier de la Drôme ci- devant Saint- Arey , ou de la rue Peyrolîère devenue rue des Piques , lesquels dénonçaient régulièrement au comité de surveillance et à la société populaire réunie dans cette chapelle des pénitents profanée en 1650 par les derniers des Calvinistes » quelques vieux prêtres célébrant encore le dhnanche, et par surcroît les bonnes TieiUes femmes qui^luyant le prêtre assermenté) assistaient en cachette à la messe catholique dans une chambre obscure de quelque maison écartée des rues du Fraïsse ou du Moyer , lesquelles n'avaient pas changé de nom , attendu qu'elles figuraient parmi les saints du calendrier du citoyen Komme.
Cependant lorsque l'incorruptible Maumilien eut luit décréter TEtre-Supréme et l'immortalité de Tàme, on commença peu à peu à délaisser les déesses de la Raison , et à faire du déisme tant bien que mal dans les grandes cérémonies du pré delà foire. Ensuite, vint la théophilantropie du Directoire qui ne jetta parmi nous aucunes racines Tivaces, bien que nos administrateurs départementaux et * communaux fissent célébrer de temps à autre la féte du r&tean et de la charrue, et celles du printemps et des vendanges. En ce temps-là, l'on établit des écoles centrales où, selon le précepte d'Emile, il fut défendu
APPE?iDICE.
de parler relIgiOB attx étudiante , saaf à leur easeigkier le Sabéisme dé l^opuis, citoyen français, qui Tint inspecter notre écolé supérieure au moment de son apogée, ^est-
à-dire , au moment où elle était parvenue avec effort à réunir dix élèves.
(jiW) An mois de juin 1799 , tout ce déisme , tout cet athéisme théorique et pratique s'évanouirent devant le sentiment véritablement religieux qui se manifesta avec
un éclat inattendu le jour de la fête de saint Pierre. Dès Faurore la ville de Gap était debout pour se porter à la rencontre d'un vieillard nommé Jean-Ange Braschi , traîné depuis plus d'un an de ville en ville, de station en station par ordre du gouvernement français. Mais ce vieillard était le successeur du prince des apétres , el ce vieUlard était tombé du Vatican dans l'hépital de Briançon! Il venait d'en être tiré pour être transféré à Valence. C'est au milieu du respect et de la vénération des habitants , dont la foule s'était grossie de la foule des populations environnantes , que le souverain pontife Pie VI fit son entrée dans la ville de Gap le 29 juin 4799. Llliustre captif, plus qu'octogénaire, était placé dans une méchante voiture escortée de quelques gendarmes: un moment arrêté sur la place Saint- Etienne, il put, en ce jour solennel, bénir la Fille et le Monde^l
* Le Directoire exécutif avait ordonné le 22 prairial an VII , la trans-^ lation du pape de Briançon à Valence. Un des articles de son arrêté et la lettre du ministre de l'intérieur François (de Neufcbâteau) au commissaire da Aredoire dans oe dé|«itement, recommandaient d'avoir pour ce lîelUaid les figurés dus à son âge, en empèctat néaumeÊn tooCe coramimicttim ifeelui qui ne Miait pis néenuliei "A^OTiimf
iPPBNDICB.
La révolution du 18 brumaire nous ramena au céré^ moniet de la religion catholique. Chacun redevint ostensl^ blement bon chrétien , et de nos jours si «pielques retardataires osent soutenir que Vétoile de Voltaire brillera
toujours du plus grand éclat, ou leur répond avec vérité qu'elle a fini par devenir nébuleuse. On peut dire avec cet honnête et excentrique boulanger de Mimes:
Chaque Jour enlluile et dévore un i^stae ; Linpiélé 4MwniiWMiflft à se dfae anrtMmw :
La fol d\m Miofile Smpor a saavé son flambeau. Brisant son froot d'alMn contre nos caUiédnleB> L'antecbrist Arooet est à ses derniers rlles.
(JeanHsMim,).
Le concordat de 4804 ne fit qu'un seul diocèse des deux départements des Hautes et des Basses-Alpes. Le siège en fut placé à Digne*
YHEMÉE-YVËS DESSOLLES. (4804-1805).
M. Desselles fut le premier évéque de ce diocèse. Il passa au siège de Ghambéry en 4805.
ame ki penomui itupeelei. M. Bonloiu , alors eommissaire da IHreoloiie, se reudit h Briançon , montra pour le voyageur psraljftiqiie plus que les égards officiels qui lui étaient ooramandés , et ne trouvant dans Gap aucun stupect , permit à tous ceux qui en montrèrent le désir de visiter le Saint-Père dans la maison de M. Latnstie, où il était descendu et où il passa la nuit.
Ce même jour, 29 juin, que firent nos administrateurs théophilantfopes? Ils statuèrent sur le sort de quelques prêtres prévenus d'émigration. Ainsi, ils arrêtèrent que le nom d'Augustin Allard , ci-devant curé de Breziers, originaire de Valserres, serait rayé provisoirement de la liste des émigrés ot rangé dans la classe des déportés.
APraNDICB.
GUARLES-FAANÇOlS-BIfiLCHIOft-BlËNVËNl] MlOLLiS,
(IBOO-4898).
M. MioUis , successeur de M. DessoUes, administra le département des Hautes- Alpes , jusqu'à l'anDée 1833 pendant laquelle le aiàge de fiap fat rétabli.