LXXIV. PIBfiB&-ANNBT DE PÉROUSfi
' A^ramateur d'une vaine gloire , au seigneur temporel d'un esprit processif, nous voyons suceéder un pontife d'une piété solide , se chargeant d'aceomoder les procès
de ses diocésains , et n'en suscitant jamais aucun aux habitants de sa ville épiscopale; « en quoi, dit son pieux « contemporain (M. de Rociias) , il est plus louable et « plus heureux que ses prédécesseurs. » Cet évéque.
ArpBNDUx. 559.
le plas mant qai soit i^onlé sur lis trône épiseopal. de Gap , était le digne neveu du bienheureas Berger de
Malissoles , et, comme lui, il était né à Vienne, Pierre- Annet de Pérouse , conseiller clerc au parlement de Grenoble , fut nommé en 1754 pour remplacer M. de Condorcet. Cependant, il ne prit possession du siège épiscopal qu'en l'année 4756.
Cet évêque ne pouvait voir sans un vif chagrin les habitants de Gap possesseurs de prairies au quartier de Charance et le long du Turelet , se disputer avec acharnement pendant les ardeurs de l'été , Teau qai coule de la montagne dans le grand bassin, et de là se répand sur les prairies* Chaque propriétaire voulait arroser au même moment , et d'autre droit n'était connu que celui de la ruse , de l'adresse ou delà force ; des propos insultants , on en venait aux rixes les plus violentes et plus d'une fois le sang avait coulé. M. de Pérouse mit un terme aux scènes déplorables dont il put être témoin , en obtenant du parlement, le S7 mai 4766, rbomologation d'un règlement par suite duquel deux praym ou distributeurs des eaux furent établis pour l'arrosage des prairies et notamment pour le pré et le jardin de l'évêché , avec défense à tout autre de les dériver.
Pierre-Annet de Pérouse voulut ensuite réformer le
bréviaire du diocèse ; et sans motifs connus , dédaignant la constante tradition , cédant peut-être au rationalisme qui à cette époque avait envahi la société , il ne fît nullement figurer dans celui qu'il rédigea ni Demetrius, le disciple des apôtres , qui annonça la bonne nouvelle à nos ancêtres , ni les martyrs Erédius et Territus. Desdeux saints confesseurs Constantin et Constance il ne fit
qu'on seal et même évéqoe ; ce <iai loi a attiré les reproelles de ses contemporains et même des savants ecclésiastiques de Tépoque actuelle , entre autres de M. l'abbé Aucel , en ce moment directeur de Thospice royal du Mont-Genèvre. Dans one dissertation lumineuse insérée dans l'oomge qn*il a publié en 1858, eet aoleor a lut triompher l'antique tradition et a rétabli sur le siège dont ib avaient été ezpoUés , les. saints fondatenrs de l'église de Gap.
M. de Pérouse mourut dans cette ville le 23 juillet 4762 , âgé d'environ 70 ans, et fut inhumé dans l'église cathédrale à côté de M. de Malissoies , son oncle. 11 avait institoé le chapitre et l'hôpital général de cette ville pour ses héritiers. Le chapitre répudia sa pari dans la succession, de sorte que l'hépital seul la recueillit; mais,, hélas ! comme celle de la plupart des gens de bien , elle était peu considérable !
Voir au surplus le Précis , p. iHO.