AVANT- PROPOS
Dans les différentes occasions où l'on s'est occupé de l'agrandissement si désirable de la ville de Lannoy au moyen de l'annexion du territoire de Lys, on a émis, sur les liens qui unissaient autrefois ces deux localités, les opinions les plus diverses soutenues par les assertions historiques les inoins justifiées. On a entouré le berceau de Lannoy, si facile pourtant à découvrir, de nuages et d'obscurités qu'il est temps de dissiper. Cette considération m'a entraîné à joindre l'histoire civile à l'étude des institutions religieuses qui m'avait été spécialement proposée comme une dette de reconnaissance envers le vénéré , Doyen de Lannoy. J'entreprends cette tâche complémentaire à laide de documents colligés chemin faisant, mais puisés aux sources authentiques ou soumis à une critique sévère.
Les archives de Lannoy ne sont pas riches ; déjà en partie détruites ou dispersées au milieu des guerres dont la Flandre a été si fréquemment le théâtre , elles ont encore subi d'irréparables pertes pendant la tourmente révolutionnaire. Ce qui reste , objet de soins parfaits , a été mis à ma disposition avec la plus gracieuse et la plus entière obligeance, par l'Administration municipale , à qui je me plais à offrir ici , en la personne de
M. Deffrennes-Dclcourt , maire , et de M. Henri De Cottignies , adjoint, un témoignage public de reconnaissance.
La mise en œuvre des rares matériaux échappés aux désastres eut donc laissé mon travail fort incomplet , si je n'avais fructueusement frappé à toutes les portes , cherché et trouvé des renseignements précieux , sinon abondants, aux archives générales du Nord , dans les manuscrits , dans nos grandes collections de diplômes , de chroniques et de mémoires, et dans beaucoup d'écrits sur le pays.
Je n'oserais pour cela me flatter d'avoir fait une œuvre définitive et même satisfaisante. En l'intitulant: Précisée l'Histoire de Lannoy, j'indique assez qu'il y manque ce qu'un enfant de cette cité eut pu mieux y apporter, des détails sur la vie intime, les mœurs et les usages des habitants ; genre de détails souvent intéressants et sans lesquels on ne peint qu'imparfaitement la physionomie des temps passés. Ce que je me hasarde d'offrir au public est simplement le fruit de nombreuses et longues investigations, et n'a sans doute d'autre mérite que de reproduire avec une rigoureuse fidélité des faits patiemment recueillis.