PRÉFACE
Sept années consacrées en grande partie à renseignement de l'Histoire des Doctrines économiques dans les FacLillés de Droit des Universités de Lille et de Poitiers nous ont profondément convaincu de l'utilité et de l'intérêt (|ue cette discipline présente pour le professeur et pour les étudiants.
C'est à ces derniers que le présent livre est destiné. C'est dire qu'il ne prétend pas être un livre d'érudition. Dans la brousse de la littérature économique nous avons tenté de découvrir les sources d'où jaillirent les grands courants d'opinion ; dans la bibliothèque dont il nous a fallu dresser l'inventaire nous avons essayé de trouver les auteurs qui imprimèrent aux idées une direction nouvelle ; ce sont ceuxlà seulement que nous avons retenus pour l'analyse ; nous avons simplement mentionné les autres en les rattachant aux précédents et en négligeant presque toujours les nuances qui les séparent de ces chefs d'école.
Un livre de vulgarisation n'a cependant pas le droit d'être dépourvu d'esprit scientifique. Il doit être suffisamment précis pour ne pas laisser place aux idées vagues qui sont le plus souvent des idées fausses ; il doit être un exemple (le rigoureuse méthode ; il doit être également un instrument de travail pour ceux, et surtout pour les étudiants, qui veulent entreprendre des recherches sur un point particulier. Enfin, il ne faut pas oublier que le luxe de l'érudition est essentiellement, comme toute espèce de luxe, chose
relative et variable. 11 nous souvient d'avoir été interrogé
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naguère, à un cxaincu de Doctorat, sur le mariage dans le droit burgonde et sur les théories politiques de Saint Thomas ; Ton saurait certainement mauvais gré à l'étudiant en sciences juridiques qui ignorerait les noms de Beaumanoir, de Loysel ou de Guy Coquillq.; le temps vient — s'il n'est déjà venu — oiî il ne sera plus permis à l'étudiant en sciences économiques d'ignorer Mun, Cantillon ou Melon.
L'Histoire des Doctrines économiques se fera. Que ce soit en France ou à l'étranger, dans les Universités françaises ou en dehors d'elles, dans les Facultés de Droit ou dans les Facultés des Lettres, ce qui s'est produit pour l'histoire littéraire, pour l'histoire de la philosophie, pour rii'isloire du droit, etc., se reproduira, sous l'impulsion des mêmes besoins, pour l'Histoire des Doctrines économiques. Les Facultés de Droit françaises sont appelées à prendre une part active à ce mouvement scientifique ; notre seule ambition est de frayer la route à ceux de leurs étudiants qu'attirent ces études. Ce travail nous a été une trop douce consolation aux heures d'inquiétude et de deuil pour que nous l'abandonnions jamais : quoi que l'avenir nous réserve, ici ou là, nous le continuerons.
A. Dubois.
OBJET. M1-:ïII0UE. — INTERET. UTILITE DE L HISTOIRE