‹ Précis de l'histoire du Moyen Âge par m. des MichelsChapitre 43 sur 75 · US · texte numérisé non relu

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seigneurs inéconlcns , excités â prendre les armes par le légat Théodoric. Pendant que l'anarchie désole l'Empire, la mort de la grande comtesse Mathilde on vie une nouvelle source de discordes (lUS^Cette prir:cesse avait légué ses domaines nu saint Siège ; mais Henri V les réclame tous sans distinction , les fiefs comme chef de l'empire, les alleux eu qualité de plus proche héritier de la comtesse de Toscane. L'Italie redevient alors le théâtre de la querelle entre les deux puissances. Henri chasse le pape de Rome , met dans ses intérêts les consuls de la ville, et, comme si Pascal II n'avait pas eu pouvoir de le consacrer empereur, il se fait couronner de nouveau par l'antipape Grégoire VIII , sa créature.

Concordat de IV omis , 1138. —Enfin le salut de l'État et le bien de l'Église rapprochent les deux parties, et, dans une diète tenue àWoi'ins, en 1132, les ministres de l'empereur et les envoyés du pape signent un célèbre concordat en vertu duquel Henri V renonce à l'investiture par la crosse et l'anneau, se réservant seulement le privilège de conférer les bénéfices avec le sceptre. Ainsi se termine cette déplorable querelle , qui devait bientôt renaître sous d'autres prétextes et pour d'autres intérêts.

Le concordat de Worms fut le dernier acte important du règne de Henri V, dont la mort, arrivée

qui n'avait cessé de lutter , avec plus de constance que de bonheur, contre deux forces bien formidables, le pouvoir ecclésiastique et la féodalité.

■ La période de la maison de Franconie, dit Pfeffel,

>• est remarquable par les accroissemens extraordin naïres de la puissance des États, et par la décadence » entière de celle des empereurs. »

La dynastie savonne avait cru affaiblir la puissance des grands vassaux en augmentant celle du clergé ; cette politique n'eut d'autre effet que de donner des auxiliaires à l'aristocratie , qui , de son côté , aida les évequesà s'affranchir de la dépendance des empereurs; et lorsque vint à éclater la querelle des investitures , les prélats allemands prirent parti pour le saint Siège , au grand détriment de la cause impériale. Pendant que les papes combattaient les empereurs en Allemagne avec les armes spirituelles du clergé , ils leur opposaient ailleurs Vépé» des chevaliers normands, dont l'imprévoyance des princes franconiens avaient favorisé l'établissement en Italie.

La succession des grands fiefs était devenue absolument héréditaire, au point que les comtes commencèrent, sous Henri V, à prendre le nom de leur seigneurie. L'observation rigoureuse du droit d'aînesse maintenait alors la féodalité dans toute sa force.

C'est en vain que les empereurs saliques essayèrent d'affaiblir les ducs et les comtes eu créant au milieu de leurs domaines un grand nombre de principautés immédiates , et en instituant partout des villes impériales qui ne relevaient que de la couronne. Ces précautions inopportunes n'eurent que des résultats imparfaits ou de peu de durée.

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