CHAPITRE V
De la Franco et de l'Angleterre. — Première période do malilé entre les deux couronnes , 1 100-1270.
5 I. — Depuis l'avènement de Louis VI et de Henri J" jusqu'au divorce de Louis VII et l'avènement des Plantagetiets, 1 100-1 154.
Les deux princes , par qui va commencer la longue lulle des deux nations, montèrent sur le tidne avec des droits bien différons, mais également contestés. Louis VI , dit le Gros, associé à la couronne par son père Philippe I er , en 1099 , trouva une véritable marâtre dans la reine Bertrnde, et des vassaux infidèles dans les seigneurs de l'Ile-de-France et de l'Orléanais , qui , avant comme après la mort de Philippe, arrivée en 1108, ne cessèrent de susciter à son héritier des hostilités d'où il sortit toujours à son avantage. En Angleterre, la couronne de Guillaume le Conquérant, déjà usurpée par Guillaume le Roux, le fut ensuite par Henri I er (1100) au préjudice de Robert , leur frère aîné. Ce duc de Normandie , trouvant au retour de la croisade ses droits encore mécon-
nus , entreprit de les faire valoir ; maïs la bataille de Tinchebrai , en 1108, détruisit toutes ses espérances, et le condamna à finir sa vie en prison. Dès-lors le duché de Normandie fut véritablement réuni au royaume d'Angleterre.
Première guerre entre C Angleterre et la France , 1113-1135. — La possession d'une petite ville allume celte grande querelle qui [levait ébranler la monarchie française el détourner la nation anglaise des voies de prospérité que la nature a ouvertes devant elle. Gisors , objet de contestation entra les deux rois , et mis eu séquestre , est envahi par Henri I". Louis VI réclame et prend les armes. Vainqueur à Néauflc , battu à Dienneville , il signe deux paix de courte durée, et provoque une troisième rupture en donnant des secours au prétendant de Normandie, Guillaume Clilon , iils de Robert. Le roi d'Angleterre met dans ses intérêts son gendre, l'empereur Henri V, qui entre en Champagne avec une nombreuse année. Louis marche à sa rencontre à la tête de ses vassaux et des milices communales, appelées pour la première fois sous l'oriflamme ; la guerre devient ainsi nationale. Les Impériaux se retirent à l'approche des Français , et leur retraite oblige le monarque anglais à demander la paix (1 125).
1127. — Les di'oits de Guillaume Cliton venaient d'être sacrifiés. Mais le comté de Flandre étant devenu vacant par l'extinction de ses anciens comtes, Louis investit de ce fief le préiendaut de Normandie. Thierri d'Alsace réclame , et reste maître du pays après la mort de son compétiteur.
Étienke, roi d'Angleterre , 113H ; Louis YII , roi de France, 1137. — Henri I" étant mort sans enfant mâle , les droits de sa fille Malhilde sont méconnus, et les seigneurs donnent la couronne à Êlieiine de Blois , comte de Boulogne , petit-fils du Conquérant par sa mère. Le nouveau roi trouve un appui dans Louis le Gros, qui accepte son (ils Euslacbe pour gendre, et lui donne l'investiture de la Normandie. Cependant la veuve de l'empereur Henri V, devenue l'épouse du comte d'Anjou, Geoffroy Planlagenet, revendique ses droits à la couronne de son père , et les fait appuyer par son oncle David . roi ri'Éeosse. Les Écossais sont défaits à la bataille de l'Étendard (1138); Élïenue, vaincu à son tour , el fait prisonnier à Lincoln (1141), recouvre bientôt la liberté, et les hostilités recommencent. Elles se terminent en 1153, lorsque Éliennc, après la mort d'Eustacbe , son fils aîné, désigne pour lui succéder Henri Plantage net , fils de Malhilde. Ce jeune comle d'Anjou avait hérité de la Normandie reconquise par sa mère, et il venait d'acquérir la Guienne par son mariage avec Éléonore, que Louis le Jeune avait répudiée au retour.de la Terre-Sain le.
Le roi de France avait perdu par ce divorce tous les fruits d'un mariage qui devait avancer de plusieurs siècles les progrès de la puissance royale. On peut considérer celte faute comme un des résnllals de celte malheureuse croisade que Louis VII entreprit, en 1147, à l'instigation de saint Bernard , et malgré l'opposition de l'abbé Suger, son ministre. [Voyez cliap. I er .)
5 11. — Depuis l'avènement des Plantagenets jusqu'à la mort de Richard Cœur-de-Lion, 115-4-
Henbi II, en succédant à Etienne , commença la dynastie angevine, qui a donné des rois à l'Angleterre jusqu'en 1485. L'époux d'Éléonore ne tarda pas h se prévaloir des droits de celte princesse; mais, heureusement pour la France , ses prétentions sur le comté de Toulouse n'eurent pas do suite.
Thomas Bec/cet, 1164-1174. — Du parlement tenu à -Clarendon , faisant ri vivre les anciennes coutumes du royaume, établit des statuts qui soumettent les clercs à la justice loyale , Becket , archevêque de Cantorbéry , jure de les observer , et rétracte ensuite son serment. Henri IL saisit son temporel et l'oblige de se réfugier eu Fi ance ; mais les menaces du pape Alexandre III décident le roi à rappeler Le prélat Becket est assassiné à son retour (1170). Henri, accusé de provocation à ce crime, ne peut se. soustraire à l'a na théine et u'ohtieut son absolution qu'après une pénitence publique.
Conquête de C Irlande, 1171. — En vertu d'une bulle déjà ancienne d'Adrien IV, qui avait cru pouvoir donner l'Irlande au roi d'Angleterre , Henri fait une descende dans celte île. Il débarque à Alilfbrd, s'empare d'une partie du pays, et reçoit , quelques années après, l'hommage féodal de Roder ic O'Connor, roi supérieur d'Irlande.
Guerre avec la France , 1173-1177. — Henri
Court-Mantel, à l'instigation de sa mère Éléonore, soulève l'Anjou cl l'Aquitaine contre le roi son père. Les rois de France et d'Écosse embrassent la cause des rebelles. Louis prend Verneuil, qu'il livre aux flammes; niais son armée est battue par Henri IL
Guillaume d'Écosse , vaincu à Alnwieh , tombe ou pouvoir des An y lais (1174) , et ne recouvre la liberté qu'en soumettant sa couronne à la suzeraineté de l'Angleterre.
Les succès d'Henri II amènent la trêve de Mont- Louis, Mais la paix ne fut conclue qu'en 1177, et la guerre recommença après la mort de Louis le Jeune et de Henri Court- Mon tel.
PniLirrE-AuGisTE, roi de France , 1180. — Couronné du vivant de son père comme les premiers Carlovingiens et les premiers Capétiens , Philippe commence un règne glorieux qnï devait affermir sa dvnaslie en agrandissant (oui à la fois le domaine de lu couronne el la prérogative royale.
Guerre avec F Angleterre , 1188-1189.— Le roi de France réclame le Vexin , dot de so sœur Marguérite, morte sans en fans de son mariage avec le prince Henri d'Angleterre. Les hostilités recommencent ; Philippe envahit le Oerri , et protège le comte de Toulouse. 11 voit bientôt se joindre à lui le fils de sou ennemi, Richard, duc de Guieuue. Dès lors Henri II ne peut plus tenir la campagne , et se trouve réduit à accepter le traité de la Colcmbière , dont l'humiliation abrège ses jours.
Richard Coeua-de-Lion , roi a" Angleterre, 1188. — Le règne de ce prince aventureux devait commencer
pnr une croisade. Richard l'entreprit avec Philippe , et ces deux princes , amis au départ , désunis pendant le voyage, ne reparurent dans leurs Elals qu'avec des seniimetis de haine et de vengeance. ( Voj. chap. 1". )
Nouvelle guerre , 1193-1168. — Philippe, n'ayant pu obtenir d'Lléonore la remise de sa sœur Alix délaissée par Richard, attaque la Normandie el échoue devant Rouen, 11 favorise les projets d'usurpation de Jean, frère de Richard. Mais le roi d'Angleterre, sorti de sa prison , ressaisit ses droits et défend ses États. Philippe, battu à F relevai, tour à tour vainqueur et vaincu à Gisors , se réconcilie avec Richard en 1108. Le roi d'Angleterre est tué l'année d'après devant le château de Chalus.
§111. — Conquêtes de Philippe- Auguste ; guerre civile en Angleterre et enFrance, 1199-1220.
Jean-saks-teiiiie, roi d'Angleterre , 1199. — Le droit de représentation , sui\i dans les Etals féodaux , donnait la couronne à Arthur de Bretagne, fils de Geoffroy d'Angleterre. Ce jeune prince la redemande, et Philippe-Auguste se déclare en sa faveur.
Conquêtes de Philippe- Auguste, 1204.— La guerre avec les Anglais ne prend un caractère décisif qu'après le meurtre d'Arthur, commis par Jean-sans- Terre en 1203. Le coupable en sa qualité de vassal de la couronne de France , est cité à la cour des pairs
et condamné par défaut. En vertu de l'arrêt qui confisquait ses fiefs , Philippe-Auguste s'en empare , et le domaine royal , déjà agrandi par ce prince de l'Artois et du Verinandois , se trouve alors doublé par la réunion de la Normandie, de l'Anjou, du Maine et du Poitou. Il ne reste aux Anglais que la Guienne. La Bretagne est assignée a une sœur d'Arthur, qui épouse, en 1212 , Pierre de Dreux, arrière- petit-fils de Louis le Gros, etcltef de la branche royale des ducs de Brelagne.
Guerre civile en Angleterre, 1207-1217. — D'autrès malheurs, aussi Lien mérités, affligèrent ie roi Jean dans ses propres Ëlats. Des différends s'élant élevés entre ce prince et Innocent III au sujet de la nomination au siège de Cunlorbéry , le pontife offre la couronne à Philippe-Auguste qui la refuse, tout en favorisant la révolte des Anglais contre leur oppresseur. Jean , menacé par le roi de France et par ses propres sujets , fait hommage de sa couronne au pape (,1213). Les barons indignés prennent les armes; mais Celte fuis le monarque anglais triomphe des rebelles , et sa flotte bal celle de Philippe. 11 se ligue ensuite avec Olbon IV, empereur détrôné, et Fernand , comte de Flandre , dans le dessein de démembrer la France. La brillante victoire de Bouvines sauve le trdne et la monarchie (1214.
Charte anglaise , 1215. — Une révolte presque générale ayant éclaté de nouveau en Angleterre, Jean, est chassé de sa capitale, et obligé de souscrire la grande charte , cette base inébranlable des libertés anglaises. Cependant l'oubli de ses sermens donne
lieu à «ne troisième insurrection , et les barons poussés à bout demandent pour roi le fils de Philippe , qui va prendre possession de lu couronne. .Unis la mort de Jean, en 1216, rallie les vœux de la nation au sang de ses rois, el Henri III est proclamé. Louis, battu a Lincoln, quille l'Angleterre en 1217 , et vient s'engager en France daus une autre guerre à la fois civile el religieuse.
Guerre des dtbigeois , 1207-1220. — Le douzième siècle avait vu naître eu France deux sectes souvent confondues . mais bien distinctes: les Vaudou, originaires de Lyon , elles hérétiques d'Albi, Ces derniers , accusés du manichéisme , s'étaient multipliés dans le Languedoc, lorsque le légat d'Innocent III, Pierre de Caslelnau , forma , en 1207 , une ligue de seigneurs pour les ex terminer. Le comte de Toulouse, Raymond VI , ayant refusé de s'uriner contre ses sujets, lui frappe d'excommunication.
1208-1224. — Le légal est assassiné , el ou accuse Raymond de ce crime. Une croisade est pièchée contre lui , et le pape en donne le commandement k Simon de Mootibrt , qui défait les Albigeois ù la bataille de Muret , où péril Pèdrc II d'Aragon , allie du comte de Toulouse (1213). Raymond VI es! tout à la fois trahi , excommunié et dépouillé de ses Étals, que le pape transfère à Mon fort ( 12 15) ; mais ce vainqueur sanguinaire est iué trois ans après au siège de Toulouse. Son fils Amanri continue faiblement la guerre contre Raymond VI et Raymond VII , et cède ensuite ses prétentions sur le comté de Languedoc au roi de France Louis VIII.
Loois Vin , 1223-1226. — Philippe-Auguste avait refusé de prendre pnrt a la guerre des Albigeois; mais son (ils mal avisé alla combattre les hérétiques avant detre roi , et rechercha , après son avènement, l'occasion de les combattre encore. Au lieu de poursuivre ses succès contre les Anglais , et d'achever la conquête de la Guïeune, il aima mieux dissiper sa glaire dans une guerre injuste et désastreuse.
1226. — Louis VIII mai clie contre les Albigeois à la tête de deux cent mille hommes. Il se rend maître d'Avignon , défendu par ses consuls , et de plusieurs villes du Languedoc ; mais une contagion ravage son armée , et lui. môme , atleint de ce fléau , va mourir à Mont pet isier en Auvergne.
Traité de Meaux , 1229. — La guerre de religion continue pendant la minorité de Louis IX , et se termine enfin par le traité de Meaux, qui transporte plusieurs seigneuries à la couronne , et stipule le mariage de Jeanne, héritière de Toulouse, avec Alphonse de Poitiers, frère du roi de France. Le comtat Venaissîn est cédé au Pape , qui le restitue , et l'Inquisition est établie,
J IV. — Règnes de saint Louis et d'Henri III, 1228-1272.
Ces deux princes montèrent sur le trône en bas flge, l'un en 1218 , et l'autre en 1236. La miuorjté d'Henri NI finissait lorsque Louis IX commença la
sienne. Celle du roi d'Angleterre fut tranquille sous l'administration vigoureuse, en même temps qu'oppressive , de Hubert du Bourg ; mais la guerre civile devait troubler la vieillesse de ce prince. Le contraire arriva en France.
Guerre de ta régence en France . 1226-1234. — La reine Blanche , veute de Louis V 1 1 ï , s 'étant emparée de la régence contre lys coutumes de l'Etat , les princes et les barons fiançais prennent les armes pour enlever le jeune roi a sa mère et mettre le comte de Boulogne , son oncle , à la léte des affaires. Mais Blanclie, secondée par Matthieu de Montniorenci , détache de la ligue Thibaut de Champagne et les plus puissnui feudataires, pendant qu'elle fait signer OU comte de Toulouse le traité de Meaux (1228). Ln fureur des rebelles tombe alors sur Thibaut , qui avait outragé le duc du Bretagne, Pierre Mnuclerc. Us lui opposent les prétentions d'Alix de Chypre sur k Champagne; mais le jeune roi protège ce comté, et marche contre le Breton qui venait de reconnaître la suzeraineté du roi d'Angleterre, Mnuclerc est ramené à l'obéissance par le traité de Coinpiègne , et Thibaut, qui venait d'hériter de la couronne de Navarre , vend au roi le comté de Blois , pour indemniser sa cousine Alix (1234).
1235. — Louis IX épouse Marguerite, fille de BérengerlV, comte de Provence. Béntrix , sœur de Marguerite, devait bientôt apporter ce comté en dot à Charles d'Anjou, frère du roi de France.
Guerre avec l' Angleterre , 1241-1243. — Louis se met en devoir de châtier Hugues de Lusignan , comte
delà Marche, qui avait refusé l'hommage au comte de Poitiers , son suzerain. Le vassal félon , menacé de perdre son fief, est siîconru par Henri IIÏ. Les Anglais sont battus à Taillehourg et à Saintes , et Louis consent à l;i trêve de Bordeaux , qui laisse la Gm'eone au roi d'Angleterre, sons Ih condition de l'hommagelige, Celle trêve fui convertie en paix définitive par le traité de 1259.
Croisades , 1248 et 1270. — Dans l'intervalle des deux traités , le roi de France entreprend sa première croisade, qui devait être suivie d'une autre également stérile et plus déplorable encore. {Voyez chap. II.)
Guerre civile en Angleterre, 1258-1865.— Henri III avait mécontenté toutes les classes de la nation par l'abolition de la grande charte , e! par ses actes de tyrannie. Les barons, soulevés par Simon de Mon fort , comte Le Leicesfer, le forcent de jurer les statuts d'Oxfonl. La violation de ce serment excite un soulèvement dans te royaume. Louis IX, choisi pour arbitre e utre le roi d'Angleterre et ses barons, prononce un jugement équitable qui ne satisfait aucune des parties. La bataille de Lcwes livre à Leicesler la personne de Henri III et toute l'autorité publique (1264). Ce chef de parti établit dans chaque comté un conservateur des privilèges de la nation, et fait admettre pour la première fois au parlement les députés des communes. En 1265 , le prince Étlouard , fils de Henri III, relève l'étendard royal et réduit les rebelles par la victoire d'Evesliam.
Croisade de 1270. — Edouard prend la croix en
même temps que Louis IX, et va combattre seul les Infidèles en Palestine. Le roi de France venait de mourir «levant Tunis , victime d'une croisade qui fut la dernière. {Voyez le cfanp. II.) Il suffit de dire , a la louange de ce prince , qu'il fut doué de toutes les vertus qui font les grands rois , les héros et les saints.
Gouvernement de saint Louis. — Ce prince réunit à la couronne , ou fît entier dans sa maison des provinces qui ne coulèrent pas une goutte de sang à la nation. Les alliances de ses frères Alphonse et Charles préparèrent la réunion du Languedoc et de la Provence. Blois et Chartres furent acquis du comte de Champagne moyennant une somme d'argent ; Nîmes en Carcassonne, par la renonciation à la suzeraineté de Barcelone (1268). Le traité d'Abbe ville, en 1269 , consolida la possession des conquêtes de Philippe-Auguste. Le désintéressement qui en dicta les conditions avait déjà éclaté par le refus «Je la couronne impériale que le Pape offrait à Robert de France (1239]. Médiateur incorruptible, saint Louis fut pris pour juge de toutes les grandes querelles de son temps, et s'efforça de réconcilier le duc de Bretagne avec le roi de Navarre, Henri III avec ses barons , Grégoire IX avec Frédéric II. Dans ses relations avec la cour de Home, il défendit avec une fermeté respectueuse les privilèges de sa couronne , et sa Pragmatique -Sanction fonda les libertés gallicanes en 1369.
Comme législateur , ce prince appellera ailleurs notre .attention. Indiquons seulement ce qu'il fit pour le bien de l'État. Il poursuivit l'ouvrage de Philippe-
Auguste, et s'appliqua à fortifier l'autorité royale, et à restreindre celle des vassaux , tout en respectant des droits usurpés parla violence, mais consacrés par le temps. Pour la première fois, des députés de la bourgeoisie furent admis dans quelques assemblées publiques. La jus lice fut réformée par de sages ordonnances et par l'influence des Étabtisscmens ; la limite des deux juridictions bien déterminée ; l'Université punie ou encouragée selon ses écarts ou ses services ; les communautés de métiers disciplinées par d'utiles règlemens. Enfin , c'est à saint Louis que sont appliquées ces paroles d'un grand historien, étranger et protestant : - Ce fuient les armes qui fondèrent l'empire des Francs , ce fut la vertu qui affermît la royauté en France. ■> (Millier.)
Ajoutons à cet hommage bien mérité te poitrail qu'a tracé de Louis IX un grand écrivain qui s'attacha trop souvent à rabaisser la gloire des princes relilieux, i Louis IX paraissait un prince destiné a ré forn mer l'Europe , si elle avait pu l'être : à rendre la » France triomphante et policée , et a être en tout
■ le modèle des hommes. Sa piété , qui était celle d'un
• anachorète, ne lui uta aucune vertu de roi. Une h sa<;e économie ne déroba rien à sa libéralité. Il sut n accorder une politique profonde avec une justice » exacte ; et peut-être est il le seul souverain qui » mérite celle louange: prudent et ferme dans le » conseil, intrépide dans les combats sans êlreem-
■ porté, compatissant comme s'il n'ai ait jamais été n que malheureux; il n'est pas donné à l'homme do
• porter plus loin la vertu. • (Voltaire .
Dl^itizod b-