À PARIS, N CHEZ LOUIS TENRÉ, LIBRAIRE
RUE DU PAON-S.-ANDRÉ-DES-ARTS, N° a.
‘4 Nos avons di. as observer qu on . voyoit ?
À | appartenoit faute d'héritier direct. Sa Dh lui
j Agis Il. Eudamidas, Siége, de, Sparte. Cléo-
Lycurgue. Religion. Distribution des terres. Lois domestiques. Mariages. Nourriture. Habits.
Ordonnances générales. Etudes et sciences.
Exercices, monnaie, Justice. Lois militaires. Crypties Guerre, de. Messène. Aristodème.
Éphores. Parthéniens.. Aristomène. Léonidus.
Pausanias., Agis.. Callicratidas. Lysandre. Agésilas. Bataille de Leuctres, Archidamus.
. mène: Nes ls + no 1
Lacedémone , ce qui est. sans exemple dans. une autre nation , deux rois assis sur le même trône et commandant avec une. égale autorité. Sans doute il se trouvoit beaucoup d'autres vices, d’autres inco- | hérences dans l'administration , puisque les habitans à de Sparte demandèrent une constitution à Lycurgüe.
[ 2020. —.978. ]|. Il étoit de naissance royale. D Son frère, un des rois, étant mort , le trône lui
Il. Lu
fit dire qu'elle étoit enceinte ; mais que , s'il vouloit l'épouser , elle détruiroit le fruit qu'elle portoit dans ses entrailles. Lycurgue eut herreur de la propositiün;'cependañt, por ne pas éxposer l'enfant de son frère à la fureur ambitieuse de cette marâtre, il lui dit qu'il-ne vouloit-pas-lui faire haearder à ele-même sa vie par l'effet des remèdes violens ; qu'elle eût à se conserver ; qu'aussitôt qu'elle servit accouchée, il la débarrasseroit de l'enfant et l’epouseroit. Quand elle füt près du’terme,'ilordonna que, si c'étoit une'fille, en l’abandonnât aux fenifmes, sic'étoit un garçon, on le‘lui-apportât. | |
Lyéurgue étbit En 'ce moment à table én grande compagnie. ‘On lüiréfiétun'enfaht ile. Foëilà vôtre roi, téür'dit-il. "On ‘sùt qu'il audit pu- s'assurer le trône ; ice:désititéréssement lui ft infiniment d'honneur ;/Maïs ea bellèsSivar ne Jui pardontia pas ‘una conduite ausai: veruièise. Malgré la: preuve de modération qu'il avoit donnée, elle vint-à ‘bout ‘de persuader qu'il ambitionnoit le pouvair suprême. Elle affectoit‘de”tréibler' pour sôn'fils. Beaucoup de per sonnes'paraissoiént pénser”comite ëlle. Zÿcurgue, fatigué de‘cés soupéons ‘ét des désigrémens qu'ils lui attiroient quélquéfois , après avoir élevé son neveu, le ‘voyant én âge de régner , partit pour voyager. |
bpritpour ‘compagnon de voyage Thalès le poëte, qui lui‘ fit trouver en Égypte la totalité des poëmes d'Homère, dont on n'avoit que des parties. Il pareourût'la Crète, alors fameuse par ses lois; l'Asie,
vouloit it dans roposide son ,il lui ent eût à se ée, il la and elle ine fille, ‘garçon ,
n'érande jila vôtre assurer le it d'hon- ‘pas ‘une e de motide perime. Elle n de per - YCUrgUE »
ens qu'ils ré son neartit pour
ste poëte, es poëmes s. 1 par-
; l'Asie,
où la mollesse des mœurs étoit bien différente de la sévérité des mœurs crétoises ; l'Égypte , stjour des sciences ct de la sagesse. Quelques historiens le font vogager en Espagne, en Afrique et jusqu'aux Indes. On ne peut dire dans quel pays il étoit lorsque les Spartiates lui envoyèrent une députation chargée de l'engager à revenir pour régler leur gouvernement. Sans doute il avoit formé d'avance son système, qui ctoit de tout détruire, de nettoyer pour ainsi dire la place, afin d'élever un édifice uniforme et durable. H se fit rendre, en passant à Delphes, un oracle qui n'étoit ni obscur ni embrouillé comme tous les autres. La prétresse le nommoit ami des dieux. « Ses dois, » ajoutoit-elle, sont parfaitement bonnes, et la ré- » publique dans laquelle elles seront observées de- » viendra la plus fameuse de la terre. » Arrivé à Sparte, il conféra avec ses amis, et convint des mesures à prendre pour aider et faire valoir l'oracle. Au jour marqué pour la promulgation d’un co
à de lois, ils parurent dès le matin dans la place au à nombre de yingt-huit, armés de poignards. Cet ap-
{ pareil effraya le jeune roi Charilaüs , neveu de
Lycurgue. 11 se réfugia dans le temple de Minerve.
UE On le ramena par la douceur, et il se joignit à ces 4 réformateurs. La première opération fut d'établir un
MA sénat qui devoit étre médiateur entre les rois et le
4 peuple. Sans doutelles vingt-huit et leurs. principaux 1} amis furent les premiers sénateurs, et la perspective dl de ces places ne servit pas peu à gagner les grands. 4 Quant au peuple, afin qu'il ne se crût pas tout-}-fait
Le
oublié , on lui donna le droit non pas de proposer, ni de délibérer en assemblée, mais seulement d'accepter ou de refuser par la simpie formule de oui ou L de non. Ces préliniuaires établis, vinrent les lois Fr civiles et morales, dont quelques-unes fort bizarres L: firent de Lacédémone une république toute singulière. On les partagea en douze tables.
La religion tenoit le premier rang. Tous les dicux et toutes les déesses seront représentés armés, afin que les Spartiates, qui doivent étre un peuple de soldats, n'aient que des modèles de valeur et de courage. Les sacrifices et les offrandes seront de peu de valeur: par ce moyen rien n'empéchera de rendre aux dieux ce qüi leur est dû. Les prières seront courtes : les dieux savent ce qu'il nous faut. Les sépulcres seront près des temples, afin qu’en les fréquentant, on se familiarise avec l'idée de la mort. Point de sépultures magnifiques, pas même d'inscriptions, excepté pour Jes hommes tués à la guerre et pour les femmes qui se dévouent à la vie religicuse. Point. de gémissemens ni de cris aux funérailles : ils seroient indignes de la grandeur d'âme et de la fermetc des Spartiates.
Toute la Laconie sera divisée en trente mille portions égales, et la ville de Sparte en six mille. On ne ‘pourra jamais morceler ces portions ; il faut qu'elles passent entières entre les mains des héritiers ou des acquéreurs. S'il se trouve par la suite plus de citoyens .que ces portions n'en pourroient nourrir, On,en fera des.colonies.
Quand un garçon naîtra , le père le portera à un
oposer, it d'ac- > oui OU les lois bizarres ngulière.
les dicux és, afin e de solcourage.
e valeur:
Lux dieux tes : les res seront nt, on sc sépultures epté pour bmmes qui missemens gnes de la iates.
mille porlle. On ne aut qu'elles ers ou des le citoyens on en fera
prtera à un
comité d'hommes graves de sa tribu. S'ils le trouvent bien conformé, ils le rendront au père , sinon on le jetera dans une caverne au pied du mont Taygète. Le temps que sjourneront des étrangers à Sparte sera borné, de peur qu’ils ne corrompent les mœurs des citoyens, Celui dont les talens paroîtroient utiles à la république sera adopté citoyen, Cependant il ne pourra jouir des priviléges de Sparte, s il ne se soumet point à la sévérité du régime de la république.
: Le célibat sèra infÂme pour les hommes. Le vicux garcon sera obligé de se promener nu au cœur de l'hiver, dans la place publique, en chantant une chanson saürique contre lui-même. On ne lui rendra aucun honneur dans sa vieillesse. Il y avoit action en justice contre celui qui laissoit passer l'âge fixe pour le mariage, ainsi que contre ceux qui se marioient au-dessus ou au-dessous de leur condition. Ceux qui avoient trois enfans ne payoient qu'une taxe fort modérée. Ceux qui en avoient quatre ne payoient rien du tout. Point de dot pour les filles ; ainsi rien n’empéchera que chacun ne suive son penchant. La fille devoit être à la fleur de l’âge ; l'époux , péndant les premières années du mariage, ne pouvoit s'introduire auprès d'elle que furtivement, comme s'il eût commis un rapt : trop: de facilité auroit pu ralentir les désirs. Il étoit permis de prêter sa femme : les rois seuls ne devoient pas le faire. En genéral les femmes de Sparte nc se piquoient nullement de pudeur.
Dès le berceau, la nourrice dévoit quelquefois re-
| fuser le sein à l'enfant pour J'accoutumer à la so-
(] LACÉDÉMONYENS.
briete. Un jeune Spartiate étoit formé à rester la nuit sans lumière , à marcher dans f'obscurité et à se mettre au-dessus des foiblesses ordinaires à l'enfance. Riches et pauvres, tous étoient élevés également dans un lieu commun , couchés sur des lits durs, sans autre baim que le lit du fleuve Eurotas, Ils mangeoient en public, Les vieillards se trouvoient à leur table pour les examiner et les instruire. Le mets le plus agréable étoit la sauce noire, mets composé de sel , de vinaigre et de sang. Un Lacédémonien ne s2voit ce que c'étoit de boire par plaisir. L'ivresse étoit regardée comme infàme. On faisoit enivrer des esclaves afin d'inspirer aux jeunes gens de l'horreur pour cette turpitude.
On se vétoit pour se garantir des injures de l'air, et non pour se parer. Les habits, pour Ja façon: et l'étoffe, seront égaux entre les riches et les pauvres : c'est par la vertu qu'on se distingüe, et non par la Veauté des vétemens. Jusqu'à l'âge dé douze ans ils porteront une tunique; Passé cet Âge on y ajoutoit un manteau d’une étofle si mince ; que le vélement lacédémonien | pour dire un vêtement approchant de la lésine, étoit passé en proverbe. Ils ne portoient point de souliers ni de cheveux dans l'enfance. En grandissant ils laissoient croître leur chevelure dans toute sa longueur.et ne la coupoient plus ensuite.Un Eacédémonien ne connoissoit ni les essences ni les parfums : à la guerre ils portoient des habits de pourpre et se couronnoient de fleurs avant de charger Fennemi. Les robes des filles ne descendoient qu'aux
Ja nuît et à se nfance.
nt dans s, sans |s manit à leur mets le pose de n ne 52sse étoit ss csclaur pour
de l'air, façon et auvres !:
n par la c ans ils ajoutoit étement prochant bortoient ance. En ure dans suite. Un s ni les de pourcharger t qu'aux
LACÉDÉMONIENS. 7 U genoux; kes seules femmes d'une vertu équivoque 4] pouvoient porter de l'or, de l'argent, des pierreries
et d'autres ornemeus précieux. Les filles paroissoient en public sns voile, et les femmes wilées; les pre- 1 mières avoient besoin d'étue regardées, et non les autres. Dane les gymnases, filles «4 garçons. combattoient nus, En Ôtant ausexe la pudeur, Lycurgue eut 1 dessin dele rendre moins dangereux, et de prévenir par l'égalité de la naissance et des richesses les motifs de jalousie qui ont coutume de causer des troubles dans Les républiques.
Le grand devoir imposé «ux Lacélémoniens (toit l'obéissance aux lois, obéissance qui ne permettoit même pas de recherchier le motif du commandement. Tous les enfans appartenvient à l'état; chaque citoyeht avoit drait sur eux. Si wasicillard ae reprenait pas. ua enfant bar (listraction qu par complaisance , il devoit subir la méme peinc qu'on auçoit imposée au coupable. Parmi les enfans mêmes, il y avoit un chef qui devait réprimander et punir , et qui le faisoit quelquefois très-rigoureusement, Un jeune Spartiate étoitréservé, silencieux , ne regardoit que devant lui 14 où à teyre, et ne sc présentait que dans l'attitude la plus modeste. | |
Les Lacédémoniens étudioient peu, eultivaient peg l'écriture, et ne se piquoient pas de parler cotrecte- 4 ment; d'où étoit venu le proverbe : 1! parle assez à hien pour ur, Lacédémonien. Cependant on estimoit | leur brièveté » qu on appelcit laconisme. Ha donné à 4 plusieurs de leurs phrases un air sentençieux , qui les
à: fait ‘conserver. Ils s'enorgucillissoient’ de leur ruz desse: même et de‘leur ‘attachement äux/aximes de leurs ancêtres. Un Spariate n’etoit que sôldat: Les professions de nécéssité étoient exercées par les Ilotes, qui n’étoient pas absolument esclaves mis qui for-
moieht uné espèce de bourgebisie inférieare, Acteurs,
diseurs de bonté aventure, orateurs et autres charlatans ; n'étoient pas soufférts dans la ville. Ils s'exercoiént à des’ questions utiles : « En quoi consiste le » mérite de telle abtion ? La réputation detel heros » est-elle bien fondée? » La raillerie, pourvu qu'elle fût délicate et point chôquante, étoit récommandee comine une leçon dont‘on pouvoit ‘profiter. Hs ail moient la musique, si on peut appeler ainsi des chan sons anciennes, dont ‘ils étoient si jaloux, qu'ils ne permettoient pas à leurs esclaves d’eñ'äpprendrefl'air, ou‘du moins de les chanter-pübliqüémicnt. Quand:on s'attachoit à unc fille, il n'ÿ avoit point deijalausie entre les rivaux; mais au contrairé une liaison plus intime entre eux, et plus x émülation pour plaire à la personne aimée. $
La chasse étoit un amusement de la jeunesse , prescrite pouf donner au corps de la souplesse et de l’agilite. La danse, les exercices violens et guérriers éioient communs aux deux sexes, quis’ \ livroient ensemble. Ainsi les femmes, dévenues aussi fortés'que les homiies , ne mettoient au monde que des enfans sains et vigoureux, mais elles perdoient cette. tendresse, peut-être le plus grand charme de la'maternite. On en a vu regarder d'un œil sec leurs-enfans
leur ru=
imes de
lat: Les
s Ilotes,
qui for-
Acteurs, es charls s'exermsiste le tel heros ru qu'elle nmandee r. Hs ai les chanqu'ils ne dre{l'air, Juand-on jalousie ison plus laire à la
se , 'preset de l’aguerriers livroient ortés'que es enfans ette. tena materrs.enfans
Es: :
De
D hr
*ACÉDÉMONIENS. 9
déchirés de verg: : âévant les autels, et s'applaudir de la fermeté qu'elles leur avoient inspirée ; lorsque ces malheureux souffroient ce tourment sans verser une larme., ni pousser un soupir. Le vol entroit dans les exercices. Il étoit permis, pourvu qu'il fût fait adroi-| tement; mais le voleur qui se laissoit surprendre etoit sévèrement puni; non pour avoir manque à l'honneur, mais uniquement pour avoir manqué d'adresses Presque tous les marchés se faisoient par échange. Cependant, comme il falloit un monnoie, pour égaliser ies ventes ct les achats, Lycurgue én lit faire.üne; mais. de fer et si pesante, qu'il. falloit deux chevaux pour traîner une assez petite somme, Ainsi les Lacédémoniens, ayant tous la méne quantité de terres, et ne pouvant amasser de:numnéraire, restoient, nécessairement égaux, d'autant plus: que les monnoies des ‘ autres pays n'avoient point cours chez eux, qu'iln'é: toit pas permis de prêter à sente ; ni de recevoir des présens.des étrangers. Ainsi point de moyens de s'enrichir les uns plus que les autres. ri On ne pourra, avoit statué Lyeurgue smile des triburiaux qu'à trente ans, même pour entendre plaider , de peur qu'on ne prenne le goût des procès: On ne recherchera pas la raison de telle ou: de:telle loi : obéir, voilà la loi suprême. Les libertins'ou les prodigues ne seront jamais juges ni magistrats dans la république, Comment pourroient-ils prononcer sur les
* intéréts des autres, eux qui n'ont pas pu gérer leurs
propres affaires ? !
Que la première et principale loi militaire soit l’o- II, I .
béissance. La vaillance ne se preserit pas : elle étoit comme innée chez les Lacédémoniens , sucée avec le lait, augmentée par les exemples, confirmée par les louanges prodiguées aux héros, et par le mépris dont les lâches étoient accablés. « Reviens avce ton bou- “yielier ou sur ton bouclier, disoit une. mère ‘spar- »tiate à son fils partant pour: l'armée. » Cela veut dire, sois vainqueur ow meurs; parce qu'on rapportoit les morts sur leurs boucliers. On ne fera: pas la guerre long-temps contre le méme en nemi, de:peur de laguerrir: Hs n'aimoicat ni la mer , parce que le éommeree des matelots et des: étuis corromptiles mœurs ; ni les sièges, parce qu'ils n'estimoient pas la gloire ide forcer et de vaincre en quelque sorte des murailles. Lacédémone elle-néme n’avoit point de remparts; le courage de ses habitans en tenoit lieu. Pendant la guerre ,'ils se relächoient un peu de l'austérité de leur vie ; afin: de faire désirer la profession militaire. En campagne ils dormoient tout armés. Privés de cette defense , ils étoient avertis: de.ne point s’abandonner au sommeil. : Dans: toutes: les expéditions ils avoient grand soin de pratiquer Leurs rites religieux. Le soir , après le repas, les soldats chantoient ensemble des hymnes: à la louange des dieux. Quand ils étoient :près: de charger l'ennemi, le roi * #ffroit dés sacrifices aux Muses , afin qu'elles les a1dassent à faire des actions dignes d'être transmises à Ja postérité. Les soldats se couronnoiïent de fleurs , ct l'armée avancoit au son des flûtes qui jouoient hymne de Castor. Ils ne poursuivoient l'ennemi
le étoit avec le par les ris dont mn: boue «sparela veut on Fapera: pas:
de:peur e que le omptiles lent pas orte des point de oit lieu.
de l’ausofession t armés.
ne point ex pédiurs rites ts chanes dieux.
i, le roi es: les aismises à fleurs , jouoient l'ennemi
qu'autant qu'il falloi pour assurer la victoÿ# qui la remportoit par stratagème offroit fig Mars , et le vainqueur à force ouverte cog: La ruse.qui épargnoit les hommes È titaée que la valeur qui les prodigue. . 1
On ne sait si Lycurgue est l'auteur Kune caution politique bien cruelle, employée p: Nes cédémoniens pour diminuer le nombre de leurs esclaves, lorsqu'ils paroissoient trop multipliés; elle se nommoit Cryptie, c'est-à-dire embuscade, Elle consistait à armer de poignards les plus hardis des jeunes gens; on leur donnoit l'ordre d'exterminer jusqu'à un certain nombre de ces malheureux esclaves, ce.qu'ils faissient, soit en les massacrant de puit, soit.en les surprenant,de jour occupés à Jeurs ouvrages , cela de sang-froid, sans avoir contre eux le moindre sujet de plainte , uniquement pour mettre le æeste hors d'état de rien entreprendre.
‘(Quelques précautions que Lycurgue eût prises, ses lois ne passèrent pas.sans contradiction. Il y eut une éypeute dans laquelle il fut blessé par un jeune hommg:pomme Alcandre, qui lui creva un «il.
Lycurgue eut'la magnanimité de pardonner à cct ennemi. Cette violençe donna lieu d'ajouter cette loi, Que personne ne viendroit armé dans les assemblées du peuple.ou des magistrats. S'il restoit encore quel-
ques difficultés, elles fureñt suspendues par l'espérance
‘de l'opposition que le législateur eut l'adresse de laisser aux malvcillans. Il convoqua une assemblée gcmérale. « 11 me reste , leur dit-il , un objet important,
2 à Sam
» et peut-êtré le plus important à vous communi- » quer; mais je ne le puis qu'après avoir consulté l'o- » racle d'Apollon à Delphes. Je pars pour m'y ren- » dre. Promettez-moi de maintenir jusqu'à mon retbur » les lois qui viennent étre établies. » Les deux r6is} le sénat ; le peuple ; tous en firent le ‘serment! Arrivé à Delphes; Lycurgue envoya à Lacédémoné cetteré: ponse : « Les lois données à Sparte sont excellentes » tant qu'ellé les observera , elle sera la ville la plus » glorieuse du monde.'» En récevant l'oracle, les Lacédémoniens apprirent que leur législateur après avoir offert un sacrifice solennel'à Apollon, avoit pris
congé de ses amis et de son fils, et s'étoit laissé mourit
de faim. Alors, après un dévouement ads héroïque ; ils se crurent obligés d'être pour toujours fidèles aux ‘lois qu’ils avoient juré de garder: jasqu’à son retour. En effet il n’y a point de peuple qui ait jamais été plus fidèle observateur de ses lois. Sans doute ‘ellés cofvenoienñt au caractère de la nation , puisqu'élles l'ont rendue et maintenue si long-temps flérissarite. Elles ont éprouvé peu de changemens. L'kfétoire de | Sparte ne présehte presque pas de ces $ecoMs&é interieures qui font l’intérét de celle d'Athènes." Outre les expéditions militaires, dont nous abrégerons les récits, parce que, trop détaillés, ils deviendroïiént fastidieux,
la vie des rois de Lacédémioné offre des traits heroïques de patriotisme, des réflexions sentencicusés
‘des mots d’une fierté sublime, et uné ce’ maguanimité “quelquefois féroce. DOTE TT
[2095.—903.] Charilaüs, neveu de Lyeurgue,
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renretüur rés, Arrivé te rés ntes À à plus >, les ‘après | it pris 1 dourit ique ; és aux etour. 4% d is ète 4 > és 4 w'élles 1 Sarité, 4 iré de S'interè les ects, ieUx, D.
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LACÉDÉMONMIENS. 13
conserva toujours beaucoup de respect pour son tuteur. Il ft observer ses lois. Quelqu'un se plaignoit de ce qu'il n'en avoit pas fait davantage. « Il n'en » faut pas beaucoup, dit-il, à céux qui ne-parlent » guère. ».La première guerre remarquable qu'eurent les Lacédémoniens fut contre les Messéniens ; elle fut aussi cruelle qu’injuste. Ceux-ci offrirent:en vain dé s'en rapporter à l'arbitrage des amphictyons , ou de l'aréopage d'Athènes. Les: Spartiates gardèrent pendant trois ans leur ressentiment pour unefoible injure, et fondirent à Fimproviste sur la ville frontière. des Messeniéns , dont'ils tuèrent tous les habitans sans distinction d'Agetni de sexe. Ïis-étoient alors:gouvernés par le:roù Nicandre ;; qui. commanda ou souffrit cette barbarie ,-mais qui. se faisoit scrupule:de recevoir des présens. « Si j'enlacceptois , disoit-il, les lois » et moi ne pourrions étre d'accord ensemble. ».
[2226,+— 792.1 Cette guerre se continua aveg acharnement. Les Messéniens , toujours waltraites, consultèrent l'oracle, qui répondit qu'il falloit sacrifier aux dieux une-vierge du. sang royal. On veulut prendre Ja: fille-du roi; il s'enfuit avec elle. 4ristodème ;; parent du roï,.offrit la sienne. Un jeune homme à qui elle étoit promise en, mariage..8"écria qu'il l'avoit consomméet qu'elle étoitenceinte.. Aristodème, xegardant comme une honte pour sa maison l'imputation faite à sa fille, la tua de sa propre main, lui ouvrit le ventre et fit voir au peuple qu'à tort elle avoit été taxée de cette foiblesse. À ce prix, Aristodème acquit la courdnne. I1 la mérita ensuite
sé LACÉDÉMONIENS.
par sa conduite sage ct prudente, et gägnä ses com: pétiteurs au trône en leur donnant les premières plæces et en leur marquant la :plas grande confiance. L'impetuosité des Lacédemoniens les rendoit re doutables en pleine campagne. .#ristodème les attitoit dans les défilés, lés harcelait , les fatiguoit. Ils feignirent de condamner:à mort , pour erime de trahison,. une centaine d'hommes qui s'enfuirent à Hthome, ville des Messeniens, dont ils devoient ou-+ vrir les portes quandils y seroient reçus. 4risfodème
découvre leur dessein : aussi genéreux que brave, il
tenvoie Les prétenduscruninels sans les maltraiter et écrit ces mots aux Spartiates : Pofre ruse est usées Les cflorts d’Aristodème n'empéchèvent pas que les Messéniens ne fussent souvent battus. Le ‘deécouragement s'empara d'eux. Desespéré. de, ne, pouvoir relever-leur courage, il se-laissa dominer par la mclancolie qui le conduisit sur le tombeau de sa malheureuse fille, où il se tua. Ses sujets furent condamnés par les’ Lacédémoniens à leur :donner la moitie du produit de leurs:terres, dont les propriétaires devinrent ainsi feyniiers, à assister aux convois. des rois de Sparte et à! en porter: le deuil : : conditions onéreuses et humiliantes.
Vers ce temps furent établis les éphores. On ne sait à quelle occasion. Ces magistrats étoient au nom+ bre de cinq, choisis parmi le peuple, par le peuple, et quelquefois de la lie du peuple; car:tout.citoÿen hardi, factieux , et qui savoit parler, pouvoit: aspi-+ rer à cette charge. :Ils étoient charges de tenir en
ef Om. Em em M Em ee ee C0 bem bn © est
es COM res plæance.
doit re les attiioit. Ils de trauirent à ient ou-
stodème
rave, il
traiter et st usee ‘ y que les décourapouvoir ar la MC-
sa malcondamla moitie aires de vois: des
pditions
+ On see
au nom e peuple, tcitoyen pit’ .aspi+ tenii en
bride les rois et le sénat. Pour décider une affaire quelconque, l'unanimité entre eux étoit nécessaire. Ils acquirent successivement une autorité illimitce. Ils présidoient aux assemblées générales, d‘elaroient la guerre, faisoient la paix, déterminoient le nombrè des troupes à lever, régloiens les impôts, distribuoient au nom de l’état des peines et des récompenses. On: ne voit point après cela ee qui restoit à faire au scnat et aux rois, sinon à ces derniers de eommander les armées. Les éphores avoient le privilège de ne point se lever en présenee du roi , de faire intituler l'année de leur nom, comme faisoient les archentes d’Athènes, et enfin, le plus important, de eensurer la conduite des rois ct de prononcer des peines contre eux.
Cette ‘eensure auroit ete inutile à des rois qui au+ roient pensé comme Théopompe, celui même qui institua eelte magistrature populaire. Il disoit que, pour avoir à craindre le: moins possible « il faut » qu’un-monarque permette à ses. amis de Jui dire »'Jibrement leur avis, et qu'il soit lui-même prêt à » puñir sévèrement les méehans. » Ce prince, sage dans sa conduite, savoit en même temps apprécier les hommes. « Le ‘temps, disoit-il, augmente les » médiocres et emporte ceux qui sont trop grands. »
[ 2309. —-689. } La guerre de Messène occa- $iona à Sparte un mouvement qui pensa Jui être funeste. Les hommes s’étoient engagés par sérment à ne point revenir dans la ville qu'ils n'eussent subjugué les Messéniens. L'expédition dura dix ans. Pendant ce temps les femmes et les filles s’ennuyè-
rent. Les. femmes écrivirent à leurs maris que, pendant qu'ils délivroient la patrie de ses ennemis, ils négligeoient, d'autres intéréts qui ne devoient pas être moins chers. Les guerriers comprirent le sens de la plainte.et y pourvurent en partie. Ils choisirent ceux de leurs jeunes gens qui, arrivés à l'armée depuis le commencement de l'expedition, n'etoient pas..lies par le serment, et les renvoyèrent à la ville, De ces unions illegitimes vinrent les Parthéniens ( enfans de vierges ).. Comme apparemment les liaisons n’avoient pas été fort régulières, ces enfans, en grandissant, se trouvèrent sans poHToir de réclamer ni pères ni biens.
Cet abandon piqua us amour-propre, Ils joignirent leur dépit à la haine des Ilotes, qui éloient toujours prêts à se soulever contre leurs. tyrans, et resor lurent de demander à main armée, dans une assemblée du peuple, des biens et, un rang. Le signal devoit être un bonnet jeté en l'air. Presqu'au moment de l'exécution, les éphores défendirent de jeter un bonnet en l'air dans l'assemblée du peuple. Cette prohibition fit connoître que le complot étoit découvert. On en vint à des arrangemens. Les jeunes gens, sous le chef. qu'ils s'étoient choisi, furent pourvus de tout ce qui étoit nécessaire pour établir une colonie, et en partant ils délivrèrent Lacédémone, de ses inquictudes.
[2314.—684. JEllen ne tarda pas à enavoir de trop bien fondées de la part d'Arisiomène, nouveau chef des Messéniens. Les conditions. qui leur avoient été
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Joigniat tou t ré50r emblée devoit ent de n bonle pro- Ju vert.
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Le trop u chef nt été
imposées étoient si dures, qu'il n'eut pas de peine à soulever le peuple. 11 leur trouva des alliés et, re commença une guerre que sa valeur et ses autres talens rendirent très-opiniâtre, et très- dangereuse pour les Spartiates. Après quelques premiers avantages , et s'étre fait craindre par les armes , iil'les attaqua par la superstition. À la faveur d'un déguisement, il entra la nuit dans Lacédemone, et cut la hardiesse d'aller attacher à la porte du‘temple de Minerve.un bouclier avec cette inscription : #ristomène consacre à la déesse cette partie des dépouilles des Lacédémonièns. La ville fut troublée. On: consutta l’ovacle; il répondit : « Que les Spartiates fas- » sent venirun chef d'Athènes.» Les Athéniens, jaloux desEacédémoniens , et peu curieux de:contribuer aux’succès detels rivaux , leur envoyèrent pour général” ün certain: Tyrtée, maître d'école, poëte. boiteux , et qui avoit la réputation d’être un peu fou. Ils le réçurent ; et; rassurés par leur soumission à l'oracle, ils allèrent:au combat comme à la victoire, mais ils furent battus.
Consternés de cette défaite, ils songeoient à demander la paix, lorsque T'yrtée releva leur courage par des chants guerriers, les dirigea par ses conseils, recruta leur armée de quelques hommes choisis entre les Ilotes , et leur fit continuer la guerre. Aristomène eut de :nouveaux succès et fut blesse. Il battit les Spartiates et fut battu par leurs femmes, mit leur territoire en feu et vit ravager le sien. Blessé deux fois, il fut pris la seconde et menc à Lacédémone.
r8 TACÉDÉMONIENS.
On eut grand soin de le faire guérir pour en tirer une vengeance qui déshonore les Spartiates. Ils le condemnèrent au supplice qu'on infligeoit aux criminels de la lie du peuple, à étre précipité avec ses compagnons d'esclavage dans une profonde caverne. F'infortuné demanda pour grâce de conserver ses armes. On les lui accorda. Il resta trois jours dans cet antre affreux, marchant sur les morts, écrase par lea mourans. Près d'expiver de faim et d'infection, il entend un petit bruit auprès de lui. C'etoit um renard qui ropgeoit un corps mort. Arisfoméène le saisit par la patte de derrière; l'animal veut fuir, Æristomènie se prête à ses mouvemens ot se laisse conduire jusqu'à un trou où l'animal passe sa tête. Le prisonnier, apercevant une lueur, eonçoit quelque esperance. Avec ses ongles et ses avmes, malgré san extrême foi: blesse, il s'ouvre un passage etgagne ra, forteresse des Messéniens.
On apprit à Sparte son aventure par sea: ivoire: Peu s'en fallut qu'il n'en portât lui-méme la nouvelle; et il l’auroit fait, s'il n'avoit pas été trahi par un de ceux qui devoient le seconder dans le projet forme d'aller surprendre Lacédemone pendant que l'armée spartiate étoit devant fre. Ce malheur ne découragea pas Æristomène ; il eut même !: :>"diesse de s'exposer à la cruauté des Spartiai :. :! it: pris, et il échappa par la compassion d'une fille qui J'arma d’un poignard , avec lequel il se débarrassa de sept . wames qui le gardoient. \
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LACÉDÉMONTENS. 19
mène étoit retenu au lit par une blessure, les Lacédémoniens surprirent les portes, les Messeniens se retranchèrent dans la ville; on combattit trois jours ct. deux nuits; les femmes montroient autant de courage que les hommes. Après ce terme, toute espérance de conserver la ville étant perdue, #ristomène rassemble’ ses malheureux compatriotes , place les fermes et les enfans au centre, forme l'avant-garde et l'arrière-garde de la jeunesse messénienne, qu’il fait commander par Gorgus, son fils, et par Théoclès, brave Messenien. Lui-méme se met à la tête, fait ouvrir la barrière, et, brandissant sa lance, marche droit à l'ennemi. Le general lacédémonien, soit prudence, soit compassion, respecte ces malheureux réduits au désespoir, fait retirer ses troupes, et 4ristomène gagne l’Arcadie plus triomphant que ses vainqueurs. Le roi qui termina la guerre des Mess niens se nommoit Æurycrate. On lui demandoit pourquoi les Spartiates ne conservoient point d'argent dans le trésor. Il répondit : « C'est afin que les » gardiens ne soient pas tentés d'en devenir les vo- » leurs. »
Les faits militaires, se ressemblant presque tous, meritent peu d'exercer la plume de l'historien. Il y en a cependant qui par leur singularite excitent l’admiration. Telle est l'action du roi Léonidas, partant avec trois cents hommes pour s'opposer à l'armce iomense de Xerxès. « Je pars, dit-il, pour fermer » le pas des Thermopyles, mais mon vrai dessein est » d'aller mourir pour ma patrie. » Lorsqu'il prit
conge de sa femme, elle [ui demanda s’il n’avoit xien de particulier à lui dire. « Rien, répondit-il, sinon » que. vous épousiez un vaillant homme, ct que » vous lui donniez de vaillans enfans. « Elle se nommoit (Gorgo, fille du roi Cléomène. Dès l'enfance, elle donna une preuve bien frappante de son attachement à sa patrie. Aristagore de Milet vouloit engager Cléomène,, son père, à déterminer les Lacédémonicns à poîter la guerre en Asie. Gorgo, âgée de huit ans, étoit présente à leur conférence, A4ristagore le pria de faire sortir sa fille, afin de pouvoir parler plus librement : « Vous le pouvez, reprit » Cléomène, ce n'est qu’un enfant, » Æristagore commença par offrir au roi de Sparte une somme considérable, s'il vouloit engager ses sujets à secon= der les effuits des Toniens. Il doubla, il tripla cette somme : « Fuyez, mon père, s'écria la petite fille, » fuyez; cet étranger-vous corrompra. »
Arrivé aux Thermopyles, Léonidas, jetant les yeux sur les trois cents soldats qui l'accompagnoient, remarqua que beaucoup d'entre eux avoient à peine atteint l'âge viril. C'est ce moment qu’il faut saisir pour exciter l'enthousiasme. Il en fit partir quelquesuns, sous prétexte de les charger de messages pour les éphores. Un de ceux auxquels il s’adressa, pénétrant son dessein, lui dit : « Seigneur, je suis venu » pour servir comme soldat, et non comme courrier. » Un autre répondit : « Combattons premièrement, » après cela je porterai la nouvelle de la bataille. » On a vu qu'ils furent tous tucs.
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