‹ Précis de l'histoire universelle ou Tableau historique [microforme]Chapitre 2 sur 38 · V7 SET · texte numérisé non relu

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[2508.—490.] Pausanias, vainqueur de Platée, offre dans sa conduite un contraste étrange. Se trouvant après la victoire dans ‘a tente de Mardonius, général perse, il ordonne à ses cuisiniers d'apprêter un repas fourni de toutes les délicatesses asiatiques. En même temps il fait servir unc table à la spartiate, et s'adressant aux Grecs qui l’environnoient : « Ad- » mirez, dit-il, mes amis, la folie de ce roi des » Mèdes qui, pouvant vivre chez lui aussi somptueu- » sement, vient de si loin pour dépouiller les Grecs » qui font si pauvre chère ! » Heureux Pausanias, sil eût persisté dans ses sentimens ! Mais il se laissa gagner par ce même luxe qu'il avoit dédaigné, prit goût aux manières des Perses, et tourna en ridicule les coutumes simples de son pays. Ces habitudes voluptueuses le perdirent, et le menèrent à écouter volontiers les propositions que les Perses lui firent de le rendre souverain de la Grèce.

Pendant qu'il se repaissoit de cette espcrance criminelle, l'inquiétude qui accompagne toujours celui qui médite le mal lui causa un malheur qui empoisonna le reste de sa vie. Une femme très-belle, nommée Cléonice, dont il étoit amoureux, lui avoit promis de venir le trouver la nuit. En approchant elle fit un bruit qui reveilla en sursaut Pausanias. Plein de l'idée qu'on vient le saisir, il se jette sur son cpée, et blesse mortellement sa chère Cléonice. Pour apaiser les mânes de sa maîtresse, il eut recours aux devins , qui évoquèrent son ombre. Le fantôme lui dit : « Quand vous serez à Sparte, vous trouverez Ja

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» fin de vos infortunes. » En effet ses complots y furent découverts : les éphores voulurent l'arrêter, il se sauva dans le temple de Pallas. C'étoit un sanctuaire inviolable. On ne savoit comment l'en tirer. Pendant qu'on délibéroit, sa mère, sa propre mère, prend une grosse pierre, la pose à la porte du temple, et se retire sans proferer une seule parole. Le peuple limite, Pausamias, ainsi enfermé, périt faute d'alimens.

[2331.—667.] 4gis a passé pour un grand politique. C'est lui qui disoit qu'on trompoit les enfans avec des jouets, et les hommes avec des sermens. On raconte des éphores de son temps une action digne de la maxime d’Æ4gis. Les Ilotes se multiplioient quelquefois assez pour donner de l'inquiétude à la république. Dans une de ces circonstances, les éphores firent publier une promesse de liberté à ceux des Ilotes qui voudroient servir comme volontaires dans une expédition qui se préparoit. Il s'en présenta deux mille. Cet empressement servit à faire connoître les plus vaillans. Des deux mille on en fit périr treize cents secrètement ; le reste fut envoyé à la guerre. Agis connoissoit les dangers de la puissance. « Quand on veut gouverner un grand nombre » d'hommes, disoit-il, il.faut en combattre un grand »: nombre. »

Sous son règne parurent deux généraux célèbres, Callicratidas et Lÿsandre. Le premier étoit d'un désintéressement au-dessus de tout éloge. Cyrus le jeune, dont les. Lacédémoniens s'étoient rendus auxi-

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