‹ Précis de l'histoire universelle ou Tableau historique [microforme]Chapitre 11 sur 38 · IN · texte numérisé non relu

IN

avoient entraîné le peuple dans la révolte contre la ligue, et qui craignoient de trouver en lui un ennemi implacable, convinrent de le faire mourir. L'executeur, par leur ordre, alla porter le poison à Philopémen. Quand'il le vit entrer une coupe à la main ; il se souleva avec peine et demanda d’un air tranquille si les jeunes gens qui avoient combattu avec lui , et auxquels il avoit été. possible de se sauver; avoient gagné un lieu de sûreté. Pas un n’a été tué ni pris; répondit l’exécuteur. «— Je meurs content , dit Philopémen ; il prit la coupe et la vida la joie peinte sut le visage. Sa mort ne tarda pas à être vengée ; les Achéens investirent Messène et demandèrent que les. meurtriers de Philopémen leur fussent livres. Le peuple n'hésita pas. Le principal d'entre eux , mominé Dinocrate, se tua lui-méme. Les autres servirent à la pompe funèbre de ce héros. L’urne qui contenoit sa cendre fut portée en triomphe à Mégalopolis, sa ville natale. Toute l'armée l'escortoit. À la suite marchoient enchaînés les Mefkéniens coupables de sa mort. Ils furent lapides sur son tombear ; et il y eut peu de villes de la Grèce qui n'érigeassent. quelques trophées #n son honneur.

..[ 2836. — 162. | Les Romains enchaïnèrent pour ainsi dire la ligue achéenne par des égards politiques tant qu'ils craignirent qu’elle ne secourût

: Persée, roi de Macédoine, auquel ils faisoient une

guerre à outrance; mais quand ils eurent vaincu ce prince , ils cessèrent leurs complaisances ; ou plutôt ils commencèrent les injustices dont le plan bien

éontre la n ennemi L'execu- Philopémain ; il tranquille ec lui , et avaient é ni priss , dit Phipeinte sur engée ; les lèrent que ent livrés.

entre eUXx ; Les autres os. L'urne riomphe à l'esctortoit.

éniens cou r son 10m- Grèce qui onneur.

chaînèrent des égards ne secourût aisoient üne

t vaincu ce ; OU plutôt plan bien

RE en ni:

ACHÉENNE. 55 combine: les reridit à la fin maîtres de la Grèce. Non-seulement ils exsitèrent les villes les unes con: tre les autres, mais daris le sein même des villes ils entretenoient une division funeste par des émissaires \ Leurs partisans ctoient sûrs d’être soutehus, quelle "4 que fût liniquité de leurs prétentions: Ils soule- M voient les esclaves contre les maîtres , ‘soudoyoient

© d'infâmes délateurs; bientôt ce fut un crime d’avoir 4 manque de dévouement aux intéréts des Romains. IL 1} y eut deslistes de proscription. Ils-envoyèrent des À commissaires chargés de mettre leurs sentences se- M crètes à exécution. Dans une assemblée publiqué ! des A:héens, ils eurent l'impudence dé demander | que ceux qui avoient assisté Persée fussent: préa+ 1 lablement condamnés à mort, et qu'ensuite ils 1:6 ‘4 nommeroients'« Après Ja: een démaétibn!| s'étria 47 » l'assemblée; quelle justicé est ce là ? commens > cez par les nommer, et qu'ils se défendent. S'ils 0} » ne peuvent rien dire pour leur j .ification, nous 0 ». promettons de les condamner, -- Vous le promet.

» tez, répliqua k commissaire; eh bien! tous vos A» capitaines généraux, tôus- ceux qui ont rempli » quelque charge dans votre république sont cou- », pables de ce crime.» Xénon, homme de grand

à credit.et fort respecté dans la ligue, se lève et.dit : Mi « J'ai commandé l'armée, jai eu l'honrieur d'être » chef de: la ligue. Je proteste n'avoir jamais rien fait » contieiles ;intérêts : des Romains ; et si quelqu'un 0 » mattaque, je suis prêt à me sustifiers soit ici devant (» l'assemblée des Achcens ; soit à Rome devant le

» sénat. » Le Romain saisit cette dernière parole et dit : « Puisque Xénon a nommé le sénat , lui et les » autres accusés ne peuvent appeler à un tribunal » plus équitable, » Il nomma ensuite ceux qui étoient accusés, et leur, ordonna de partir pour aller plaider Jeur cause à Rome. Ils étoient plus de mille, tous hommes d'un mérite distingue , et :c'étoit là leur crime. Leur départ fut une plaie bien sensible pour la ligue achéenne. Arrivés va Iialie, on les distribua en différentes villes, où ils restèrent prisonniers comme s'ils avoient déjà eté condamnées. Le conseil d'Achaïe députa à Rome pour demander qu'ils pussent plaider leur cause. Le sénat répondit avec une insigne mauvaisé foi que les bannis avoient été trouvés coupables en Achaïe, et nes'étoient rendus’ à Rome que pour. savoir quel châtiment leur seroit infligé. Les Achéens envoyèrent une ambassade solennelle qui embarrassa le sénat ; mais il répondit qu’il ne lui paroissoit pas qu'il fût de l'intérêt des Acheens que les exilés retournassent dans leur patrie, À une autre ambassade qui s'abaissa. à des supplications le sénat inexorable opposa toujours le méme refus. On ne gagna même à ces instances que de rendre l'esclavage des proscrits plus,dur. Dix-sept ans se passèrent en prières inutiles. Ils étoient reduits*à environ trois cents, lorsque Polybe., qui étoit un de ces infortunés et qui avoit rendu des services: à Paul “Æmile dans l'éducation de ses enfans; obtint par cette pratection que leur aflaire, fût rappelée au sénat, Caton, pat

parole et lui et les - tribunal qui étoient er plaider ille, tous it là leur

e pour la stribua en rs comme 1 d'Achaïe ent plaider igne mau= és cOUpa= Rome que rflige. Les nnelle qui u’il ne lui chéens que

une autre is le senat On ne gal'esclavage assérent en iron trois infortunés Emile dans pratection aton, par

ACHÉENNE. 57 complaisance pour le jeunc Scipion, promit d'appuyer la demande. Quand elle fut présentée, les opinions se partagèrent ; le plus grand nombre cependant toit défavorable. Quand le tour de Caton arrivaÿül prit l'air le plus grave et dit : « A nous » voir disputer avec tant de chaleur pour savoir, si » quelques vieillards de Grèce seront enterrés en » Italie ou daus leur proprè pays, ne croiroit-on pas » que nous p'avons rien à faire? »

Cette plaisanterie rendit le s’nat honteux, et la demande fut accordée. Polybe airoit désiré qu'on prononcât qu'en arrivant ils! scroiént rétablis dans leurs charges et dignités. Avant de présenter sa re quête , il demanda'conseil à Caton, Le sénateux lui répondit en souriant : « Pol;be, vous n'imitez pas la » sagesse d'Ulysse. Vous voulez rentrer dans l’antre » du Cyclope pour quelques m: ‘chantes Diéciles que » vous y avez laissées, »

Deux de ces députés, Critolaüs et Diœus, revenus dans leur patrie Ja vengeance dans le cœur, se proposérent de rendre à la ligue son ancienne autorité ; mais ils ne firent que précipiter sa ruine. Ils n'avoient ni la sagesse d’'Aratus, ni la force de Philopémen ; et ils entreprirent un ouvrage que ces héros auroient eu peine à‘imaginer dans les circonstances actuelles. L'ancien patriotisme étoit détruit chez les grauds. J1 ne subsistoit plüs dans le peuple que comme une effervescence passagère. Avec ces dispositions on ne pouvoit compter sur des efforts grands et durables, qui étoient cependant nécessaires contre la politique et la Ile

puissance des Romains. Les deux Achéens eurent la maladresse d'attaquer les Romains de front. Ils se déclarèrent hautement contre eux , decrièrent leurs in tentions, et firent insulter leurs députés par le peuple. Ne se voyant pas soutenus par les grands, ils Jes maltraitèrent , les dénoncèrent à la populace comme les ennemis de la patrie, et leur attirèrent des persécutions qui les engagèrent à fuir. Les troupes de la république se ressentirent de cette espèce de défection ; elles se trouvèrent composées d’une tourbe sans discipline , . mais pleine d'audace et de présomption.

[2857. — 141.1] Telle étoit l'armée que Crito+

laüs et Diœus opposèrent à Memmius , général romain, sous les murs de Corinthe. Une bataille décida du sort dé la république achéenne. Le courage aveugle balança quelque temps la victoire. Mais l'habitude et l'expérience l'emportèrent. Critolaüs fut tué, Diœus s'enfuit à toute brideà Mégalopolis, où étoit sa femme; il la tua , mit le feu à sa maison et s’empoisonna. Il auroit pu se retirer à Corinthe, qui étoit une des plus fortes places de la terre, et ÿ obtenir une capitulation honorable: Les Corinthiens furént tellement étourdis de cette défaite, qu'ils ne songèrent pas seulement à fermer leurs portes. Elles restèrent trois jours ouvertes, et lesremparts sans défenseurs. Memmius n’osoit y entrer, dans la crainte de quelque embuscade; enfin il s'y hasarda, et quand il eut assuré sa possession, il en abandonna le pillage à ses soldats. Les hommes furent passés au fil de l'épée, les femmes et les enfans vendus comme eslaves:

—. nt ide M «ap rem

urent la Ils se déleurs inpeuple.

165 mal- "mme les ecutions publique elles se cipline ,

e Crilo+

icral ro le décida ge aveu- ‘habitude e, Diœus a femme; sonna. Il dés plus itulation étourdis lement à buvertes, 'osoit y e; enfin ession, il hommes es enfans

* ACHÉENNÉ. 59

Les trésors qui s'y trouvèrent surpassent toute imagination. Corinthe l’emportoit sur toutes les villes, tant par la quantité que par la richesse.des meubles , des statues et des tableaux. Plusieurs pièces d’un prix inestimable tombèrent entre les mains des soldats, qui, p’en connoissant pas la beauté, les détruisirent ou les vendirent à vil prix. On cite entre autres un tableau d'Apelle sur lequel les soldats jouèrent aux dés, qu'ils troquèrent pour une table plus commode , ct qu'Attale, voi de Pergame ; acheta une somme qui équivaudroït à plus de cent mille livres de notre monnoie. Le général n'étoit pas plus-connoisseur ni plus habile que les soldats; car ayant fait porter à bord des vaisseaux plusieurs ‘statues et tableaux qu'il vouloit faire servir à son triomphe, il menaça très-sérieusement les maîtres des navires, si quelques-unes de ces pièces venoient à sé gâter ou à se perdre, de les obliger à en fournir d'autres.

Après le pillage, la ville, en exécution des ordres venus de Rome, fut réduite en cendres. L'or, l'argent et l'airain fondus-ensemble dans cet incendie formèrent des ruisseaux d'un métal composé des trois que nous venons de nommer, fort célèbre et fort recherché dans la suite. Les murailles de la ville furent abattues, et on arracha jusqu'aux fondemens. Avec Coxinthe périt Ja ligue achéenne, dont: elle étoit comme la capitale. Les Romains abolirent le gouvernement populaire dans toutes les villes. Elles eurent cependant la permission de.se gouverner par leurs propres lois, sous l'inspection d'un préteur; ainsi la Grèce

bo LIGUE ACHÉENNE.

devint une province papaine, et fut assujettie à ‘un tribut annuel. . 1 Néron rendit à la Grèce ses anèiens. privilèges, et

rejeta sur la Sardaigne le tribut d'Achaïe. espasien la réduisit à son premier état de sujétion. Verva’et Trajan accordèrent à l'Achaïe une ombre de liberte, Constantin fit entrer cette province dans le partage de l'empereur d'Orient. Pendant le règne d'Honorius et d'#rcadius, les Goths ravagèrent ces provinces, sous le roi laric, et changèrent les beaux édifices qui restoient en monceaux de ruines. Dans lé dixième siècle, l'empereur Emmanuel partagea : le Péiopo< nèse en,sept provinces qu'il donna à ses fils. On l'appela La Morée, à cause du-rapport entre la figure de cette province et la feuille d'un mûrier, morus, ou plutôt parce que les qe” midriers apportés de la Sérique furent, sous f'empire de Justinien, trans plantés dans cette presqu'ile, où ils réussirent trèsbien. Dans le treizième siècle, quand lès: princes d'Occident prirent Constantinople, la Moree tomba au pouvoir des Vénitiens ; lésMahometans s'en ren+ direut maîtres. sous. Mahomet IT, la gardèrent jus: qu'en 1639, qu'elle revint aux Vénitiens, Enfin elle retourna en 1715, à l'empire ottoman, qui la possède actuellement et la gouverne par: un sangiac, sous le ven de. Ju Grèce ; trie demeuis ds Modon: , \ eunil sol , n

tie à ‘un

leges, et espasier Verva et "liberte, partage

[onorius ovinces } édifices dixième Peiopo< fils, On la figure morus,

jortes de , trans ont trèsprinces

e tomba 'en ren+ ent jus nfin elle la pos-

sangiac , meure à

Étolie, ou petite Grèce, entre la Locride et l' Acarnanie, l'Épire et la baie de Corinthe. Alliance avec Rome, Antiochus. Flaminius: Siége d aid bracie.

On nous-peint les Étoliens comme un peuple in= quict, turbulent, rarement en paix entre eux, toujours en guerre ayec.lçurs voisins. On ajoute qu’inaccessibles à. l'honneur, ils furent toujours prêts à trahir leurs meilleurs amis pour le moindre gain ; en un mot, leurs voisins les regardoient comme des brigands. C: caractère, tracé par Polybe, Achéen, par conséquert ennemi naturel des Étoliens, paroït outré.en ce qu il a de plus déshonorant. Les Étoliens n'ont pas été plus brigands, : plus avides de butin, plus incommo+ des à leurs voisins que les autres peuples de ces contrees: :Passionnés, pour la liberté, ils s'agitèrent dans leurs liens pour Jes rompre. Atlaqués, ilsattiquoient; c'etoit une réaction continuelle; et, on ne voit pas qu'ils aient cte plus inquiets, plus turbu: jus que les Achéens..

Il, seroit difficile, de. décister. entre ces dans peuples quels.étoient les agresseurs, lequel a le premier éta= bli la confédération qui à réuni sous les mémes lois des villes voisines, et en aïfait un corps, fedcratif. Les conditions de la ligue ctolienne sont les mêmes que celles de la ligue achcenne, excepté uu'ils né

€a ÉTOLIENS.

s'engagcoient pas à forcer par les armes ceux d’entre eux qui ne concouroient pas à une guerre résolue par le plus grand nombre : modération qui fait honneur à leur justice, si elle n'en fait ge à leur politique, :

Ils furent les premiers des Grecs qui se laissèrent tromper par les insinuations perfides des Romains. Ils firent alliance avec eux pour repousser Philippe, roi de Macédoine, qui menacoit leur liberté. Lorsqu'ils esperoient que les Romains les aideroient à terminer cette guerre de maniere à n'avoir plus rien À craindre des Macédoniens, ils se virent trompés par ces alliés infidèles, qui, ayant intérêt de faire la paix, la conclurent sans beaucoup s'inquiéter du danger auquel ils exposoient les Étoliens. Alors ceuxci acceptèrent le secours d’Æntiochus, roi de Syrie.

[2812.—186.] Ce prince étoitengagé par 4nnibal , auquel il avoit accordé un asile dan: sa cour, à faire !a guerre aux Romains. Il falloit décider s ÿ Ja porteroit en Italie ou s’il la feroit dans la Grèce. #Annibal, toujours persuadé que les Romains'ne pouvoient être vaincus que chez eux, insistoit pour le premier parti; mais Æntiochus crut qu'il lai suffiroit, contre l'ambition de ces républicains, de se faire un rempart de la Grèce, surtout ayant pour lui les Étoliens, qui soutiendroient les premiers efforts, Antiochus travailla à les gagner; il envoya des ambassadeurs à une assemblée générale où devoit être discuté le parti à prendre entre un roi et une république. Fiaminius, genéral romain, s'y rendit.

eux d’enre résolue

qui fait vas à leur

laissèrent mains. Ils Philippe , rté. Lorseroient à plus rien t trompés de faire là puiéter du lors ceux- | de Syrie.

par Annisa cour, à ider s'il la la Grèce.

ns'ne poujit pour le | Jui sufñde se faire - pour -lui ers efforts, ya des amdevoit être une répuendit,

Les ambassadeurs du monarque syrien firent une longue énumération des nations que leur maître amèneroit au secours de la Grèce, en désignant ces peuples chacun par Jeur nom. F/aminius à son tour prit la parole et dit : « On veut vous épou- » vanter par le dénombrement de tous les peuples » qui vont inonder la Grèce comme un torrent. Ceci » me rappelle un repas que me donna à Chalcis » un ami d’une humeur gaie, et qui reçoit parfaite- » ment bien son monde. Il m’invita à un festin dans » un temps où le gibier étoit fort rare; cependant sa » table en étoit couverte. Surpris de cette abon- » dance, je lui demandai où il avoit pu trouver tant » de gibier. Ce n'est, me répondit mon ani, que-du » cochon assaisonné diversement et mis à différentes » sauces. Î!l en est de même des troupes du roi, » dont on vient de faire une si pompeuse énuméra- » tion : Daces, Mèdes, Cadusiens, Elyméens, noms » inconnus en Grèce jusqu'à ce jour, ne sont qu'un » peuple, et encore un peuple d'esclaves. Quelque » déguisement qu'on emploie, ils ne forment tous » qu'une même action : que la sauce soit ce qu'on » voudra, c'est le même mets. » Flaminius entra ensuite dans des raisonnemens politiques qui firent impression sur les Acheens, chez lesquels l'assemblée se tenoit. Ils se joignirent aux Romains, et les Étoliens à Antiochus.

Ce prince ne répondit pas aux espérances de ses alliés. Dans un âge plus que mr, il épousa une trèsjeune femme , auprès de laquelle il oublia pendant

tt go nn Re eme. 2 metre vréte tes ù dre PP

2 0 PE PS TM TT ART TEE tte TR nb am RS MD À

agree cupe

plusieurs mois très-précieux Rome, la Grèce et la Syrie. IL eut d'autant plus grand tort de s’amollir dans ce repos, qu'il auroit dà profiter de la première ardeur des Étoliens, peuple redoutable dans le commencement d'une entreprise, et dont J'impétnosité étoit terrible. Ils avoient déployé ce caractère dans une guerre contre Lacedémone, qui ne put leur résister. Æntiochus fut tiré de sa léthargie par les succès des Romains; mais poussé de poste en poste, après un échec considérable, il fut-obligé de s’embarqu r honteusement. Les Étoliens abandonnés se rcfugicrent dans leurs villes, qu'ils défendirent avec vigueur. Naupacte, une de leurs principales villes, vit échouer devant ses murs la valeur des légions. Les Étoliens profitèrent de la lueur d'espérance que leur donnoit Ja levée du siège pour tenter à Rome un accommodement. Ils firent leur proposition d'un ton soumis. Le sénat les reçut d'un air altier. Hi agit comme il avoit coutume lorsqu'il vouloit retenir ce qui ne lui appartenoit pas, en se conservant l'honneur d’uné apparence de justice. Ce fut d'imposer une alternative inacceptable; savoir : de payer une somme énorme, ou de se soumettte à tout ce que les Romains voudroient ordonner. |

La somme etoit infiniment au-dessus des moyens des Étoliens. Ils demandèrent quelles seroient les bornes de cette volonté qu’on leur proposoit pour loi irrefragable. On ne leur donna à cet ‘égard que des réponses très-yagues, qui leur firent voir que le veritable dessein des Romains etoit de les avoir à dis-

dd ss te = © me ,, © 6

èce et la

s'amollir

première s le comnpétnosité tère dans eur résisles succès te, après mbarqu »

e rcfugiè= c vigueur.

it échouer s Étoliens r donnoit commoden soumis.

comme :1l qui ne lui eur d'uné e alterna- 1e somme ; Romains

:s moyens roient les it pour loi d que des que le ve- Oir à dis

erétion; Transportés de rage , les Étoliens , au retour de leurs envoyés, tombèrent en furieux-sur les alliés de la république, parcoururent en désesperés la Macédoine, que les Romains protégeoient, y mirent tout à feu et à sang. Pendant ce temps, les Romains avançoient insensiblement, faisoient une guerre sage et mesuréé, et toujours accompagnée de succès. Ils prirent Lamia, capitale d'Étolie, et enfin se trouvérent devant Ambracie, la dernière ressource de la république étolienne. | Si les Romains employèrent contre cette ville tous les moyens en ruses et en machines qu'avoit fait imaginer l'art des sièges, les Étoliens ne négligèrent aucun des moyens de’rendre cette attaque inutile. On remaraue entre autres une machine ingénieusé que les assiégés inveritèrent ‘pour ‘ralentir les progrès des mines. Elles se faisoient alors en crensant sous le mur, que l’on soutenoit avec. des étais de bois. On ÿ mettoit le feu : la muraille tomboit et ouvroit une brèche plus ou moins large, par laquelle entroient les assaïllans, qui se ienoient tout prêts. Les assiégés s'assurèrent par les coups de pioches qu'ils entendoient que la mine avançoit. Ils creusèrent de leur côté, rencontrèrent les mineurs opposés, se battirent, maisles assiégeans n'abandonnoient pas la mine, Les Ambraciens, pour les y forcer, apportèrent de leur côté une machine ainsi construite : c'étoit un vaisseau creux avec un fond dé fer, percé de plusieurs trous et garni d'un grand nombre de pointes, afin d'empêcher les Ro+ grains d'en approcher, Ce vaisseau étoit rempli de

plumes zuxquelle® ils mettoient le feu ; ensuite avee.

des soufflets ils chassoient la fumée du côté des assié geans , les obligeoïent de sortir de la mine pour n'être pas safféqués, et par conséquent d'interrompre leur travail, ce qui donnoit le temps aux Étoliens de réparer les fondemens de leurs murailles.

:Ambracie capitula à des conditions dures , qui annonçoient, celles que toute la nation, divisée pax les intrigues des Romains, ,5e laissa imposer. Elles prescrivoient une vénération profonde pour la ma jesté du penple romain, la remise des prisonniers et déserteurs, une grosse amende, dont une partie payable comptant et l'autre:en plusieurs termes, quarante otages au, choix du vainqueur ; enfin cette capitulation renfermoit toutes les obligations qui pouvoient enchaîner un péuple subjugué ét conquis.

Après ces conditions dures et ‘vexatoires, les Ro+ mains trouvèrent mauvais, non pas que plusieurs Étoliens dans la guerre de Persée prissent parli, mais, qu'ils inclinassent ‘simplement pour ce prince: Tous ceux qui se trouvèrent soupçonnés de tes senti-mens furent contraints d'aller se justifier à Rome , où on les-retint prisonniers, et d'où ils ne revinrent ja mais, On conipta.cinq.cerit cinquante des principaux de la nation assassinés sans autre crime que celui

’ête suspects, et les commissaires envoyés par le sépat déclarèrent que justement ils avoient été tués , puisqu'ils s’étoient. attiré ce malheur en favorisant le parti macédonien, : :

- Les Étoliens restèrent dans: un n'état de servituda

A D RS DR Lee

D Out eh ee 0

suite äveé .

des assies ine pour interromaux Étoailles.

es, qui ivisée pay er. Elles r la ra < Onniers et ie payable quarante capitulaouvoient

; les Ro plusieurs nt parti, ù prince, ces senti.

ome , où nrent jas incipaux que celui és par le té tucs , risant le

servitude

stricte jusqu’à la destruction de la ligie archéenne: Alors ils garticipèrent à l'espèce de liberté qui fut läissée à Ja Grèce, L'Étolie tantôt resta attachée à l'empire d'Orient, tantôt passa entre les mains de princes particuliers. En 1532, Æmurat II en réunit toutes les parties sous sa domination. Le fameux Georges Castriot; appelé Scanderberg, la défendit long-temps comme son patrimoine contre toutes les forces de l'empire Ottoman, et en laissa une partie aux Venitiens. Ils la perdirent sous Mahomet II, dont les successeurs l'ont gardée jusqu'à ee jour.

Page 1