ATHÈNES (PROVINCE
Siége d'Aihènes, Aristion. Prise et pillage de la ville par Sylla.
Le peu de liberté qui etoit resté aux Athéniens après la destruction de la ligue archeenne léur fut envié par Philippe, roi de Macédoine. Ce prince les menaça : ils appelèrent contre lui Æftale; .:0i de Pergame, les Rhodie:s, et surtout les Romains. Ceux= ci commençoient à cultiver les sciences et les arts. Ils se firent honneur d'une »lance avec la ville qui passoit à juste titre pour le centre des cornoissances agréables. Ils envoyèrent du secours ; Pailippe fut battu et oblige de fuir.
[291 2. -— 86.]Ce service important, qui auroit dû
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tiacher invariablement les Athénicns à la républiqr.e, n'empêécha pas le peuple de prendre contre elle le parti de Mithridate, xoi de Pont. Ils + furent excité par un philosophe de la secte d'Épicure, nommé Aristion, qui jouissoit d’un grand crédit dans la ville. Les principäux citoyens n’approuvoient pas cette nouvelle alliance. N'esperant pas les gagner, Aristion resolut de les enchainer en se rendant maître d'Athènes, Il concerta l'exécution de son dessein avec Archélaiïs , général de Mithridate : celui-ci sex: vara &e l'île : Délos et pilla le célèbre temple d' Apollon déhun. € cite Île avoit autrefois appartenu aux Athémiens .‘rehéluiis annonça qu'il feroit porter ce butin à Athènes, comme devant lui appartenir. Les Athéniens, charmés de ce trait de générosité, ne songèrent sculement pas à l’escorte qui accompagnoit le présent : ils laissèrent entrer jusqu’à deux mille hommes; mais ces troupes n'eurent pas été plus tôt reçues qu'A#ristion disposa de tous les emplois , et régna dans Athènes avec une autorité souveraine. Tous ceux qui étoient favorables aux Romains furent ou massacres ou en+ voyés à Mithridate.
La gucrré commença à se faire avéc une cruauté qu'on reprocheroit aux nations les plus barbarcs. Bruttius , général romain , ayant pris une petite île qui avoit donne asile à quelques vaisseaux de Mithridate , fit crucifier les esclaves et cour’; le bras droit à tous les insulaires qui tombèrent : :': ses mains. Ce Bruttius précéda Sylla, nomme * x soutenir la guerre cree Mithridate. Syll: :: 1 devoir ôter la
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ressource le la Grèce à ce prince, et'se proposa de lui enlever Athènes. Cette ville très-forte etoit composée de trois parties : 1°. la citadelle; 2°. Ja basse ville, en deux parties séparces par un gros mur, et entourées chacune d'un bon rempart; 3°. enfin les deux-ports , Munychie et le Pirée, qui n'en faisoient qu’un, joints à la ville par deux murailles très-hautes et très épaisses. Aristion se chargea de la défense de la ville, et Archélais de celle des ports.
Sylla se flatta de prendre le port d'assaut, et fut repoussé. Il se deétermina donc à attaquer Athènes daus les formes. 11 la bloqua pendant l'hiver , et il employa ce temps à faire des préparatifs ; surtout en machines. Des forêts entières furent coupées. Il n’épargna ni les bocages ni les arbres du Lycée , abattit tous les édifices qui pouvoient lui nuiré, ou dont les decombres pouvoient favoriser les approches. Comme le pays , de lui-même assez stérile , avoit en outre été ravagé, des vaisseaux, conduits par vingt mille matelots, étoient journellement occupés à apporter des vivres. . |
Ces. dépenses eurent bientôt épuisé la caisse mi- Liaire. Dans sa détresse, Sylla eut recours aux trésors sacrés. Il écrivit aux amphictyons, alors assembles à Delphes, et les pria de lui envoyer les trésors d'4pollon, s'engageant solennellement à rendre au dieu «il *onoro’* véritablement la valeur de ce qui soit avancé. Un°certain Caphis, watif de Phocie, qu'il envoya présenter sa requête, dit aux pré-
tres qu'il ne s'en étoit:.chargé que malgré lui. I}
ge ATIHÈNES,
pleura devant eux et les supplia de consulter l'oracle. Le dieu ne répondit point, mais le son de sa lyre fut entendu dans le sanctuaire, Quand cette circonstance fut rapportée à Sylla, il dit à Caphis : « Comment », ne.comprend-on pas que la musique ne peut jamais » être qu’une expression de joie ? Partez , rapportez » les trésors , et comptez que vous ferez plaisir au » dieu. » Ce premier pas fait, il n'eut pas plus de scrupule de prendre les richesses d'Esculape dans son temple d'Épidaure. Avec ces secours, Sylla se mit au printemps à serrer la ville de plus près.
Les principaux efforts de ce général se dirigèrent contre le Pirée, qui fut attaqué et défendu avec une égale valeur. Sylla avoit sur Ærchélaüs l'avantage d'être presqu'à chaque heure instruit par des espions renfermés dans la place assiégée de tous les projets du commandant ennemi. Ces avis lui etoient donnés inscrits sur des balles de plomb , qu'on lançoit avec des frondes dans le camp de Sylla ; mais la . valeur d'Archélaüs.rendoit presque toujours la trahison inutile, Surpris, attaqué contre toutes, les règles et contre toute vraisemblance, parce que ses desseins étoient découverts, il n'en repoussoit pas moins les Romains, et il. soutint jysqu'à trois assauts en un jour saus pouvoir être force. (
Pendant ces combats, la famine causoit de nouveaux ravages dans Athènes. Plusieurs citoyens ne vivoient plus;que d'herbes et de racines, qu’ils alloient arracher sur les remparts. Dans cette funeste conjoncture, les sénateurs et les prêtres allèrent se
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ATHÈNES. 1 jotert aux pieds d'#ristion ; le suppliant d'avoir pitié de la ville, et de se rendre à des conditions supportables. Loin de les écouter, il les fit chasser violemment de sa présence. Au milieu de la misère publique, ce tyran et ses complices passoient en vrais épicuriens les-jours et les nuits dans la débauche, et avoient leurs tables couvertes de mets exquis. Cependant, après avoir mangé toûs les animaux, chevaux, chiens, chats, on en vint à cette extrémite, de se nourrir de vieux cuirs bouillis, et même de chair humaine.
- Alors .Æristion feignit d’avoir pitié .du peuple. Il députa à Sylla ;: mais ses envoyés n'étoient que des déclamateurs ‘qui parlèrent de Thésée , des grands hommes. d'Athènes et de lewistanciens exploits contre les Mèdes. Pas une proposition sur les circonstances. « Gardez pour vous, leur dit Sylla, ces fleurs de » rhétorique. La république ne m'a pas envoyé pour » entendre vos antiques prouesses , mais pour punir » votre rébellion. » L’excès de la famine faisoii attendre tranquillement au général romain le-jour où quelque émente dans la ville la iu remettroit entre les mains ; mais un hasard précipita ce moment. H apprit qu'un côté foible de la place étoit peu gardé ; il l’attaqua , fit une brèche et entra avec ses troupes. Les soldats mirent bas les armes, et le peuple demandagrâce, Mais ce peuple insolent et malin s'étoit permis contre Sylla des termes de mépris, des railleres piquantes, des propos insultans, dont de vain-
| queur tira une vengeance exemplaire. Il abandonna … de pillag: à «:s troupes, et fit passer-au fil de l'épée
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jusqu'aux femmes et aux enfans. Le carnage fut horrible. Le soldat, animé du ressentiment de son genéral , punit écalement et ceux qui avoient fait l’affront, et ceux qu»: .voient pas empêché, Sylla accorda la vie aux habitans qui échappèrent à la première fureur. Ce général défendit qu’on fermât jamais la brèche par laquelle il étoit-entré, et ôta aux citoyens le droit d'élire leurs magistrats: :::,4 11 leur rendit bientôt après ce privilège.
Ils embrassèrent dans la suite le parti de Pompée contre César, et soutinrent un siége contre ce dernier , qui pardonna aux vivans , dit-il , en faveur des morts , et prit Athènes sous sa irotection, Après sa mort , ils épousèrentles intéréts de Brutus, ensuite ceux d'Æntoine. : Auguste les punit de s'être déclarés pour les meurtriers de César, leur bienfaiteur. Germanicus leur accorda un licteur , ce qui ctoit une marque de souveraineté. Pespasien réduisit l'Attique en province romaine , disant que les Athéniens ne savoient-pas être libres. Ædrien avoit été archonte d'Athènes , par honneur ou bien autrement; i! s’en souvint étant empereur, rendit à la ville ses privilèges , lui donna une somme d'argent considérable. lui assura une rente en blé, et répara ses ports : bienfaits qui lui méritèrent le titre de secom fondateur. Les dc Æntonin , le pieux et le philosophe , conf: rent ces priviléges ; Sévère en retrancha quelque chose ; Fulérien fut plus faverable, il les rétablit en entier.
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ATHÈNE: "3 niens, honora leur premier magistrat du titre de grand-duc. La générosité de Constance alla jusqu'à les mettre en possession de plusieurs îles de l'Archi-
pel. Les Goths les maltraitèrent cruellement sous
Arcadius et Honorius , et ruinèrent presque tout ce qui restoit de leurs bâtimens magnifiques. Dans le treizième siècle, Athènes appartint successivement à
des seigneurs latins , à l'empire grec, aux Aragonais,
qui furent dépossédés par un Florentin nommé Raïnier Acciaioli. laissa Athènes aux Vénitiens , et la Boctie à son fils naturel, nommé Æntoine. Celui-ci reprit l’Attique aux Vénitiens , et voulut défendre ses etats contre les Turcs , qui les lui enlevèrent avec la vie. En 1987, Athènes retomba entre les mains des Vénitiens , et fut reprise quelques années après par les Turcs, qui l'ont gardce jusqu’à présent. Les petits états circonvoisins d'Athènes, et dont nous avons déjà parle, ont subi les mêmes changemens qu'elle.
BÉOTIENS, situés entre l’Attique, la Phocide et Corinths.
Arrës l'expulsion des rois, les Béotiens se formèrent en république. Elle étoit présidée par un preteur, qui encouroit peine de mort quand il ne résignoit pas sa charge au bout de l'année révolue. Un conscil de sept, neuf ou onze persorincs nommées
Il, | 4
béotarques, moderait l'autorité du préteur. Ils possédoient les premières places dans l'armée ; et des magistrats nommes polémarques vendoient la justice. Il y avoit quatre conseils , vraisemblablement com- | posés chacun des députés de leur canton, qui,.étant 4 rcunis, décidoient des affaires générales. On remarque 4
comme une singularité qu'à Thèbes, capitale de la (4
Béotie , les marchands et les artisans étoient admis * au nombre des citoyens ; mais ils étoient exclus des A emplois publics. Une loi, qui fait honneur à leur humaunité défendoit d'exposer ses enfans, Ceux qui se trouvoient hors d'état de les nourrir devoient recourir au magistrat, lequel cherchoit quelqu'un de bonne volonté, et l'enfant devenoit esclave de celui qui l'avoit nourri.
Les Béotiens, entourés de républiques plus puissantes, se laissoient aller au mouvement qu'elles leur imprimoient. Leurs plaines servirent souvent de champ de bataille à leurs ennemis et à leurs alliés.
Quelquefois aussi ils figuroient dans les combats ; et #4
leurs soldats , plus fermes qu'impétueux , étoient fort
. LA d ’ Q ‘à estimés. On leur a reproche , lorsque la république 4
tiroit à sa fin, d'avoir éte traîtres et assassins ; mais & un peuple ne devient pas méchant tout à coup et ! sans cause. Îls étoient tourmentés par les Romains, tyrans de tous les peuples qui ne courboient pas servilement la tête sous leur empire. Les, Béotiens, n'étant pas en état de leur résister en. corps de nation, s'en défaisoient par parties. Tout Romain qui passoit par leur pays pour affaire ou pour cause de com-
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merce étoit tué et jeté dans le lac. On fut long-temps sans deviner la cause de l'absence de ceux qui disparoissoient. On la découvrit enfin. Le proconsul romain chargé de les châtier imposa d'abord une forte amende à toute la nation ; ensuite , mélant la douceur à la sévérité, ilen retrancha la plus forte partie, et exigea seulement qu'on lui livrât les meurtriers les plus coupables. Ils furent punis de mort, et la Bcotie devint province romaine.
ACARNANIENS, situés entre l’Étolie et l'Épire.
La position des Acarnaniens les attachoit,beaucoup plus que les autres Grecs aux rois de Macédoine. Cependant le consul Flaminius entreprit de leur faire épouser les interêts de Rome contre Philippe, et d'ôter par là à ce prince ses plus fidèles alliés. Il les assembla à Corcyre , où se fit un projet de traité dont la'ratification fut renvoyée à une seconde entrevue, qui eut lieu à Leucade, capitale de l'Acarnanie. Il s'y trouva, contre l'attente du négoliateur ro-
| pe main, des hommes fermes qui declainèrent hautement 4 contre l'espèce d'infamie qu'on vouloit faire commettre à la nation en violant la foi des traites. Le
peuple, très-prévenu contre les’ Romains, déclara quil ne se soumettroit jamais à cette impérieuse ré