ÉPIROTES
au profit du fisc cent cinquante mille hommes comme esclaves. Les principaux du pays furent transférés à Rome ct condamnts à une prison perpétuelle, et il y eut soixante-dix villes démantelées.
L'Épire.ne s’est jamais relevée de cette terrible exécution. Elle devint sous les Romains partie de la province de Macédoine, tomba après Constantin en partage à l'empire d'Orient, se conserva à des princes grecs après la prise de Constantinople par les Latins, reout par les victoires de Scanderberg un éclat passager, et enfin aujourd'hui est possédce par les empereurs ottomans, sous le nom d'Æibanie, d'où ils tirent leurs plus braves soldats.
.éntre l’Étolie, la mer Egée, la Carie et la Lydie, Phocée. Smyrne. Clazomène. Erythrée. Éphèse.
Milet. L'Éolide, entre l'Ionie et la Propontide. La Doride, promontoire de la Carie. Religion des Toniens. Cominerce. Hisloire.
L'Ionie renferme plusieurs villes célèbres, encore moins par la beauté de leurs édifices que par les.événemens dont elles ont été le théâtre. Les vicissitudes de chacune de ces villes feront l’histoire de ce pays.
Entre les principales on distingue Phacée, qui n'est à présent qu'un petit village nomme Foggia,
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IONIE. | 79 sur le bord de la mer, à peu de distance de Smyrne. Les loniens et les Athéniens se disputoient l'honneur de l'avoir fondée. Ses habitans étoient regardées comme les premiers Grecs qui eussent entrepris des voyages de long cours. Ils voguèrent jusqu'en Espagene, et trouvèrent dans la baie de Cadix un roi qui les recut très-favorablement. Ils lui firent le récit des craintes qu'ils avoient d'être inquiètes par Cyrus. Le roi leur offrit généreusement un asile; et, sur leur refus, il leur donna une grosse somme pour fortifier leur ville.
- Les Phucéens furent en effet attaqués par Hurpagus, général de Cyrus. Près d'être forcés, ils demandèrent une trève de trois jours. Quoique ZZarpagus se doutât bien de l'usage qu'ils vouloient en faire, il l'accorda. Les Phocéens embarquèrent leurs femmes, leurs enfans et toutes leurs richesses, et cinglérent vers l'île de Chio. Ils se pioposoient d'acheter de ces insulaires de petites îles qui leur appartenoient ; mais ceux de Chio ne voulurent pas du voisinage de gens si habiles. Ils revinrent donc sur Phocée, surprirent les Perses qui s'y ctoient établis, et les passèrent au fil de l'épée; mais, dans la crainte de ne pouvoir se soutenir, ils n y restèrent pas, et s enragèrent par un serment solennel à n'y jamais revenir qu'une masse de fer rouxie au feu, qu'ils jetèrent dans la mer, ne reparût ardente sur l'eau. Cependant, après l'assuranch d'une amnislie que les Perses leur promirent, plus de la moitié de la flotte revint à Phocée.
Le reste se mit à exercer la piraterie sur les côtes
des Gaules, d'Italie et de Carthage. Ils firent d’4{léria: en Corse Fasile de leurs brigandages. Chassés par une ligue que les peuples tourmentés formèrent contre eux , ils mirent leurs femmes et leurs enfans à Rhége, les transportèrent ensuite à Pouzac, petite ville sur la mer de Toscane, où on les perd tous de vue. Ceux de Fhocee, tantôt sous L domination des Perses, tantôt sous celle de leurs propres tyrans, exercèrent la piraterie sur les côtes de Phenicie, mirent leurs prises à l'abri dans les ports de la Sicile, d'où ils firent des courses contre les Carthaginois et les Toscans, sans jamais inquiéter les Grecs. Phocée se declara pour Æntiochus-le-Grand contre les Romains, qui. prirent la ville et lui firent grâce. Elle récidiva en faveur d'Attale, roi de Pergame. Sa perte étoit prononcée à Rome; mais les Massiliens, colonie des Phocéens, arrétèrent l'exécution de la sentence. Pompée lui accorda de grands privilèges, qui la rendirent, sous les premiers empereurs, une des plus florissantes villes de l’Asie mineure. | On croit que Smyrne fut bâtie par les Éoliens. Les habitans de Colophon, ville d'Ionie, chasses de leurs foyers, on ne sait par quel peuple, furent reçus trèsaffectueusement par les Smyrnéens. Un jour, étant sortis pour un sacrifice, ils trouvèrent leurs portes fermées par les Colophoniens. Tout ce qu'ils purent obtenir, fut qu'on leur rendît leurs meubles. Pour eux, ils se répandirent dans'les villes d’Asie, qui les adoptèrent.
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