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posterite.
Éphèse a été long-temps la principale ville d'Ionie, gouvernée par des rois dont les descendans, quand elle fut devenue: république , conservèrent le privilège de porter le manteau d'écarlate , le sceptre ét la couronne. Un tyran, nommé Pythagore, remplit la ville de sang et ne respecta pas l'asile du temple. Ses successeurs furent plus où moins bons ou méchans. Ils se soutenoient par le moyen des Perses. Alexandre chassa le dernier, et donna en revenu au temple ce que la ville payoit aux Persans. Dans la guerre äe Mithridate , les Éphésiens se dc clarèrent contre les Romains et massacrérent tous ceux qui se trouvèrent dans leur ville. Le sanguiaire Sylla ne punit ce crime que par une amende. Ils étoient fort adonnés à la magie. Possesseurs d'un temple fameux, ils avoient ce que gardent de la superstition ceux qui ont intérét de l’inspirer à d'autres. La grande Éphèse est réduite à quelques cabanes habitées par trente ou quarante familles grecques. Son port, première source de ses richesses, est comblé ; le temple , qui les augmentoit , est détruit.
Si l’on en croit quelques auteurs, les Milésiens ont fonde , les uns disent quatre-vingts, d'autres trois cents colonies. Leur ville avoit un temple d’Apollon et un oracle. Près de Milet étoit le mont Lathmus, où la lune rendoit des visites secrètes à Endymion. Thalès , un des sept sages , y est né. Elle fut agitce par des troubles domestiques. Les habitans, ne pouvant les terminer, prièrent les Pariens de rétablir ia
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concorde entre eux. En traversant les campagnes qui entouroient Milet , les députés pariens remarquèrent qu’elles étoient presq"”- toutes mal cultivées. Ils demandèrent à les consid: rer de plus près. Après l'examen, les arbitres dirent : « Remettez l'autorité sou- » veraine à ceux dont les terres sont en meilleur » état : ce sont ceux qui gouvernent bien leurs » affaires qu'on doit choisir pour ; uverner celles » du public. »
Milet a soutenu avec succè et avec ses seules forces :: guerre contre quatre rois de Lydie, successivement. Les Perses, après avoir été amis de Milet, la détruisirent, et transportèrent ailleurs les habitans de cette ville. Les malheurs de ces infortunés parurent à Phrynique, poëte dramatique d'Athènes , un sujet propre à la tragédie. Les Atheniens avoient cté touchés jusqu'aux larmes des malheurs des Milésiens. Le souvenir que le poëte en renouvela fit éclater les spectateurs én sanglots. Les Ath°niens n'aimoient pas à étre attristés ;. ils condamnèrat l'auteur à une amende pour avoir rappelé leur douleur, et ils défendirent de jouer désormais la pièce.
Les Müésiens revinrent de leur captivité et rebàtirent leur ville ; mais ils ne purent jamais lui rendre la splendeur et les richesses qui la faisoient regarder comme une des premières de l'Ionie. Ils eurent le malheur de se voir souvent assujettis par des tyrans domestiques. On remarque entre autres Thrasybule, qui entretenoit une grande paix et une grande union dans la ville. Eelui-de Corinthe lui env ova demander
quel étoit son secret pour être si tranquille. Thrasybule mena le messager dans un champ de blé et.se xt à abattre, comme par amusemcul, avec son sabre, les plus hauts épis. Le Corinthien entendit la leçon et en profita.
Alexandre xendit. aux Milésiens Jour liber te, quoiqu'ils ne se fussent soumis à lui qu'à la ue extrémité. Ils jouirent de grands privilèges sous la république romaine, et de plus grands encor: sous les empereurs.
Toutes ces villes composoient, ce : qu' on a, :applé la ligue ionique, dont on ne connoît pas les lois : s'il y en a eu, elles n'ont jamais été beaucoup en vigueur. Il paroît que presque. toutes ces villes subsistoient dans l'indépendance et se gouvernoient par leurs propres magistrats. Quelque danger commun de la part des puissances: étrangères les réunissoit; et le peril ciant puis, l'amour de l'indépendance les isoloit.
Onze villes composoient. l'Éolide, où se trouvoit la Troade, le champ où a été Troie, plus, fameuse que ces onze villes ensemble. On propose aux artistes de chercher comment les habitans de Pitane .faisoient des briques qui nageoient sur l'eau comme du bois.
Halicarnasse étoit la capitale de la oué, célèbre par le monument qu'AÆrtémise fit élever à.son mari Mausole. 11 étoit si admirable, qu'en le regardoit comme une des merveilles du. monde. Du nom de çe prince, les monumens funébres ont, été appels wausolces. Il ne reste plus de traces de cet ouviage de l'art,
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et nous jouissons de ceux de l'esprit dans les livres d'Hérodote et de Denys d'Halicarnasse. Héraclite et Callimaque, deux poëtes fameux , ÿ sont aussi nés, Gnide , autre ville célèbre | conservoit la Venus de Praxitèle.
La religion de l'Ionie étoit la même que celle de la Grèce. Les loniens, qui avoie fort vaillans, devinrent voluptueux, effémin litieux. On leur attribue l'invention des pa * couronnes de fleurs dans les festins, et l'art di e les fruits, qui étoient excellens en fonie, un des pays les plus délicieux de la terre, où tout abondoit, productions indigènes et étrangères, et d'où l'on transportoit hbrement les marchandises par des flottes nombreuses. Les loniens trouvent leur place dans le tableau de ces peuples qu'on a peints par leurs goûts. Les Crotouiates, disoit-on, aiment les jeux olympiques, les Spartiates de belles armes, les Cretois la chasse, les Sybarites les habits magnifiques, les Ioniens les danses lascives.
[2441:—557.] Outre les secousses particulières aux villes d'Ionie dont nous avons parlé, ilyena eu de communes au corps de la nation. Ou comme sujets ou comme alliés, les loniens se louoient du gouvernement de Crésus. ils prièrent son vainqueur Cyrus de les traiter aussi favorablement, mais ils ne faisoient cette prière qu'à regret et comme contraints. Il leur répondit par cet apologue : « Un » Joueur de flûte ayant apercu Gans la mer beaucoup » de poissons, s'imagina qu'il pouvoit par ses sons
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» en attirer un grand nombre sur le rivage, et se » mit à jouer. Mais ne reussissant pas, il jeta le filet » et en amena une grande quantité. Quand il les vit » sautiller sur terre, il leur dit : Puisque vous n'avez » pas jugé à propos de danser quand je vous y in- » vitois par musique, il est inutile que vous dansiez » maintenant. » Cela veut dire apparemment : Vous ne m'avez pas écouté quand je vous invitois avec douceur; maintenant que je vous tiens par force, je ne vous sais aucun gré de votre soumission.
Les Ioniens furant réduits par les Perses, se relcvèrent, devinrent alliés de leurs vainqueurs, les aidèrent contre la Grèce, et au moment d'une action décisive abandonnèrent les Perses, et se joignirent aux Grecs. Ils participèrent à la liberté que la ligue achéenne et l’étolienne propagèrent dans leur voisinage. Les Romains les flattèrent, et ensuite les assujettirent comme les autres Grecs. Cnmme les autres peuples aussi, ils détestèrent les Romains et les massacrèrent. Sylla tua les hommes, emporta l'argent, et l'Ionie épuisée jouit en vain de quelque convalescence sous les empereurs; elle n'eut jamais que la santé d'un corps mutile.
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